2001 L’ODYSSéE DE L’ESPACE
2001: A Space Odyssey - Etats-Unis - 1968
Image plateforme « Blu-Ray »Image plateforme « Bluray 4K »
Image de « 2001 L’Odyssée de l’espace »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Stanley Kubrick
Musique : Divers
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, Dolby Digital 5.1 français, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, allemand, espagnol…
Durée : 148 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 7 novembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « 2001 L’Odyssée de l’espace »
portoflio
LE PITCH
En 2001, un vaisseau spatial évolue en orbite lunaire. A son bord, le Dr. Heywood Floyd enquête secrètement sur la découverte d'un monolithe noir qui émet d'étranges signaux vers Jupiter. Dix-huit mois plus tard, les astronautes David Bowman et Frank Poole font route vers Jupiter à bord du Discovery. Les deux hommes vaquent sereinement à leurs tâches quotidiennes sous le contrôle de HAL 9000, un ordinateur exceptionnel doué d'intelligence et de parole. Cependant, HAL, sans doute plus ...
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L'âge de raison

50 ans et pas une seule ride. Présenté en séance spéciale par Christopher Nolan au Festival de Cannes au mois de mai dernier, le monument de Stanley Kubrick a d'ailleurs été restauré pour l'occasion. Une copie pour l'éternité qui trouve logiquement sa place parmi les rééditions en Ultra HD 4K qui se sont multipliées ces derniers mois. L'occasion de réévaluer un classique sur lequel tout a été dit. A moins que ...

Posons d'emblée le problème en ces termes : et si le plus grand mystère de 2001, L'Odyssée de l'espace ne serait pas en réalité son ... absence de mystères ? Au fil des ans, les analyses, les thèses et les critiques se sont pour l'essentiel focalisées sur le dernier acte du film et sa fameuse porte des étoiles, ultime voyage de l'astronaute Bowman aux confins de l'univers et du temps. Un climax visuellement hors-normes (et profondément expérimental quant à son utilisation des techniques de l'image) mais un peu trop vite décrit comme « symbolique » et « ouvert à l'interprétation ». Un véritable fourre-tout pour les admirateurs de Stanley Kubrick qui y ont projeté tous leurs fantasmes mais qui ont, semble-t-il, fait l'impasse sur la personnalité du cinéaste. Kubrick n'aimait rien moins que l'ironie. A chaque film, il s'amusait de la perception du spectateur, maquillant l'évidence de son propos avec juste ce qu'il faut de bizarrerie et de sérieux papal pour révéler les contradictions de son auditoire. Nous citerons, à titre d'exemple, l'intrigue d'Eyes Wide Shut, succession à peine croyable de péripéties nées d'un malentendu entre un homme trop sûr de lui et son épouse poussée à la franchise après un petit joint post-coïtal. Là où le docteur Harford (qu'interprète Tom Cruise) ne voit que complots, sociétés secrètes, disparitions inquiétantes et infidélités, il ne fallait voir que du sexe et rien d'autre. Sa femme résume ainsi le problème en un seul mot, en un seul verbe : « fuck » (baiser). Près de trois heures de métrage pour en arriver là ! Juste avant de nous quitter, Kubrick nous a bien eus. Encore une fois.
Examinons les faits un instant. A la fin de 2001, L'Odyssée de l'espace, Bowman rentre en contact avec le monolithe. L'objet, incontestablement extra-terrestre, se transforme en passage. Bowman est projeté à travers la galaxie et finit enfermé dans une prison dorée (exactement comme le Billy Pilgrim d'Abattoir 5) où il se voit vieillir puis mourir pour enfin renaître sous une nouvelle forme, un fœtus de lumière flottant dans l'espace. Faut-il seulement y voir autre chose ? Non. La forme a beau mettre les neurones du spectateur en ébullition, c'est un leurre. Kubrick vous a bien eus. Encore une fois.

 

en direct de jupiter


Bon. Le malentendu est dissipé. 2001, L'Odyssée de l'espace n'est pas un monolithe ésotérique réservé aux spectateurs en mal de trips psychédéliques ou aux universitaires pressés de briller en société en alignant des mots compliqués. Bien au contraire. Stanley Kubrick possédait un intellect redoutable mais il ne prenait pas son public de haut pour autant, chacun de ses films pouvant s'apprécier au premier degré. Avec sa structure limpide et rectiligne, 2001, L'Odyssée de l'espace est un film de science-fiction tout ce qu'il y a de plus simple à aborder. Le passé, le futur, un voyage vers Jupiter, une intelligence artificielle meurtrière, une rencontre du troisième type. Ni plus, ni moins. Toute l'énergie de Kubrick n'est dirigée que vers le réalisme absolu de son histoire. Il réduit les personnages a de simples fonctions (en témoigne une direction d'acteurs presque aussi monocorde que le phrasé de ce bon vieux Hal 9000) et dégraisse l'intrigue du superflu. Si le cinéaste opte pour un rythme lent et des plans qui peuvent de temps à autre sembler interminables, c'est à la fois pour vendre l'authenticité de ses images inédites et pour rendre palpable le rythme d'une vie en apesanteur.

A vrai dire, ici, l'histoire est presque secondaire. Venu du journalisme et de la photographie, Stanley Kubrick a toujours accordé un soin maniaque à l'équilibre entre sophistication formelle et authenticité immédiate. Par l'image, mettre en scène la réalité et la rendre plus « réelle » encore. Une réalité « améliorée », en quelque sorte. A coups de millions de dollars et d'effets visuels révolutionnaires, le cinéaste assure au spectateur une expérience unique et immersive. Une Expérience, avec un E majuscule. Pas une histoire émouvante ou une somme de réflexions philosophiques (quoique l'on ne puisse que s'amuser de constater que la première invention de nos ancêtres, signe de leur intelligence naissante, sert en priorité à défoncer le crâne de son prochain) mais un témoignage scientifiquement crédible d'un avenir possible. Loin, très loin de la science-fiction à papa et de sa fantaisie désuète mais attachante.

Forcément, puisqu'il a changé les règles du jeu, 2001, L'Odyssée de l'espace a fait naître des vocations et demeure une source d'inspiration quasiment inépuisable. Une œuvre immense, oui. Pourtant, et si vous permettez à l'auteur de ces lignes une telle « hérésie », il n'est pas interdit de lui préférer sa suite tardive, le 2010 de Peter Hyams, un film plus humble mais à la personnalité autrement plus attachante. Il fallait que ce soit dit.

Alan Wilson












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Image :
Pour les cinquante ans du film la Warner a vu les choses en grand... en très grand. En l'occurrence un retour aux sources avec un abandon définitif de la précédente copie HD tout à fait correct, au profit d'une toute nouvelle restauration effectuée à partir de la copie 65mm originale. Une copie invisible depuis la première exploitation de 2001 et qui retrouve ainsi son format initial 2.20 (et non 2.35) faisant disparaitre les légères distorsions qui se faisaient de plus en plus visibles sur certains plans. Bien entendu l'ensemble a été restauré chimiquement avec un respect évident des teintes, des contrastes et surtout du grain, extrêmement présent mais brillamment géré que ce soit sur le Bluray ou l'UHD. Une prouesse qui risque de mettre les larmes aux yeux de certains cinéphiles, éberlués devant des couleurs peut-être un peu moins puissantes que dans nos souvenirs, mais tellement plus subtiles, fines et naturelles. La profondeur de champs est absolument vertigineuse, les effets spéciaux intégrés avec une facilité déconcertantes, et plus que jamais 2001 à tous les outils en mains pour exploser la rétine du spectateur. Et pour ceux qui doutaient encore de la pertinence du format Bluray 4K, il devrait trouver ici une démonstration de force, de précision et de subtilité avec une restitution des détails, des variations de la palette colorimétrique et des implacables ténèbres de l'espace. Le plus impressionnant disque UHD existant à l'heure actuelle.

 


Son :
Le film profite aussi d'un nouveau mixage DTS HD Master Audio 5.1, qui ne bousculera cependant pas trop ceux qui havaient déjà visionné le bluray précédent. Certaines oreilles plus fine décèleront sans doute une étendue plus généreuse de l'amplitude et quelques détails sonores mieux placés, mais la piste est surtout d'une belle efficacité dans son habilité à appuyer le travail d'origine sans le dénaturer. Les nombreux effets de spatialisation semblent toujours évidents, respectent consciencieusement les silences et décoiffent violement lors de l'ultime voyage.

 


Interactivité :
Un film comme 2001 se doit d'être accompagné d'une pléthore de suppléments... Ce qui est toujours un exercice un peu hasardeux tant Stanley Kubrick se montrait relativement secrets pendant ses tournages et assez peu loquace en dehors de quelques rares interviews. Du coup la Warner invite des cinéastes incontournables (Lucas, Spielberg, Friedkin...), des collaborateurs mémorables (Douglas Trumbull à qui on doit les effets spéciaux révolutionnaires), des historiens du cinéma et des scientifiques, tentant finalement d'approcher à la fois la révolution cinématographique que l'opus représente et les nombreuses questions que soulèvent pour certains l'ambitieux spectacle de Science-fiction. Entre les documentaires plus ou moins datés, un commentaire audio non sous-titré et une petite galerie des photos de Kubrick pour Life (superbes mais un peu hors propos), malgré les efforts il semble toujours manquer quelque chose. On pensait alors atteindre le Graal avec une interview audio inédite du metteur en scène par Jeremy Bernstein enregistrée au début de la production... Malheureusement le son est assez mauvais et l'éditeur n'a pas jugé bon d'y apposer des sous-titres français.

Liste des bonus : Un livret de photos du film (20 pages), 4 photos du film au format 16,8 x 13,1 cm , Commentaire audio de Keir Dullea et Gary Lockwood (VO sans ST), « Dans les coulisses d'un mythe » (2001 - Channel Four - 43'), « Sur les épaules de Kubrick : le leg de 2001 » (21'), « Vision d'un passé futur : la prophétie de 2001 » (21'31" - VOST), « 2001, l'Odyssée de l'espace - Un aperçu dans les coulisses de l'avenir » (1960 - 23'), « Qu'y a-t-il au-delà ? » (21'), « 2001 : effets spéciaux et conception graphique » (9'), « Regardez : Stanley Kubrick ! » (3'), Interview de Stanley Kubrick par Jeremy Bernstein en 1966 (76' - VO sans ST), Bande-annonce originale (2')

 
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