LES CONTES AUX LIMITES DE LA FOLIE
Tales That Witness Madness - Royaume-Uni - 1973
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Genre : Horreur
Réalisateur : Freddie Francis
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Français & Anglais DTS HD Master Audio 2.0 Mono
Sous-titre : Français
Durée : 90 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 20 novembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Le docteur Tremayne, psychiatre et scientifique reconnu, vient d’opérer une découverte majeure. Tout en restant mystérieux quant à la nature de ses conclusions, il invite un collègue, le docteur Nicholas, à passer en revue quatre cas de folie aiguë…
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copie (presque) parfaite

A priori, il est très facile de confondre ces Contes aux limites de la folie avec une production Amicus lambda. En l'intégrant au sein de la collection « British Terrors », ESC entretient d'ailleurs la confusion avec malice. Pourtant, cette anthologie mise en boîte par Freddie Francis est le fait d'un producteur un peu à part, Norman Priggen, collaborateur de longue date du réalisateur Joseph Losey.

Alors même que les films d'horreurs à sketches attirent de moins en moins de spectateurs dans les salles de cinéma, Priggen, sans doute par caprice, se met en tête de concurrencer les studios Amicus, de plus en plus moribonds. Le scénario, solide à défaut d'être original, est l'œuvre d'une femme, Jennifer Jayne, actrice peu connue et qui se cache ici derrière le pseudo de Jay Fairbank. Le film est tourné dans les studios Shepperton avec un budget très réduit et rassemble autour de Donald Pleasance (alors essentiellement connu pour être le Blofeld d'On ne vit que deux fois) quelques stars en perte de vitesse dont Joan Collins et Kim Novak, cette dernière mettant ainsi fin à une pause de quatre ans. On ne pourra pas non plus s'empêcher de signaler la présence au générique de Jack Hawkins, la star de l'excellent The Cruel Sea (un film de guerre de 1953 signé Charles Frend et produit par... Norman Priggen), véritable gueule de cinéma et spécialiste des figures d'autorité. Ironie du sort, le comédien, dont on venait de retirer le larynx, sera doublé pour ses dialogues par Charles Gray, un autre Blofeld (dans Les Diamants sont éternels).
En froid avec les pontes de la Amicus, Freddie Francis accepte pour on ne sait quelle raison de tenir les rênes des Contes aux limites de la folie et illustre sans génie (et sans une once de motivation ?) des histoires tournant autour du thème de la folie, écho opportuniste du mémorable Asylum de Roy Ward Baker, une autre anthologie sortie l'année précédente.

 

délit de routine


Plutôt bien vue, l'intrigue qui sert de fil rouge ne se limite pas à faire le lien entre chacune des courtes histoires mais propose une réflexion pleine d'ironie sur la folie et son impact sur la réalité. Elle finit même par s'imposer si on la compare à quatre récits qui s'enchaînent dans une indifférence polie, la faute à une facture très télévisuelle, à deux ou trois déviances près. Deux ratages et deux réussites mineures.
On commence avec les mauvais élèves et ça tombe bien puisqu'ils se suivent. Ainsi, on ne sait pas trop où Penny Farthing veut en venir, entre un vélo qui permet de remonter le temps et un portrait maudit qui pratique la télékinésie (!) si ce n'est que Peter McEnery pédale comme un dératé pour nous inciter à y croire. Malheureusement, c'est peine perdue. Mel flirte pour sa part avec la série Z et orchestre un crêpage de chignons anthologique entre Joan Collins et un arbuste. Oui, oui, un bout de bois ! Ce qui nous vaut un grand moment d'érotisme bis où Joan Collins (ou plutôt sa doublure) se fait fouetter les seins par une branche en plastique, une scène qui aura sûrement marqué les rêves d'ado de Robert Tapert, coupable selon Sam Raimi d'avoir écrit et imposé le viol par une forêt possédée de la pauvre Ellen Sandweiss dans Evil Dead premier du nom. Ce n'est qu'une supposition mais quand on s'ennuie, l'esprit vagabonde.
Placé en ouverture, Mr Tiger est plus satisfaisant. Le dénouement de cette histoire où des parents indignes et égoïstes sont confrontés à l'ami imaginaire de leur progéniture souffre sans doute de ses inserts maladroits et fauchés mais le mélange entre gore méchant et innocence pervertie fonctionne. On monte encore d'un cran avec le dernier sketch, Luau, où Kim Novak semble ne pas comprendre que ses hôtes doivent apaiser une malédiction ancestrale en sacrifiant sa virginale jeune fille. Et comme si le meurtre ne suffisait pas, on en rajoute dans l'horreur avec une belle dose de cannibalisme et le découpage vomitif (et pourtant hors champ !) du cadavre de la donzelle. Nul doute qu'Hitchcock aurait apprécié.

Avec un cinéaste inventif et motivé derrière la caméra et des moyens plus conséquents, l'ensemble avait peut-être le potentiel de rivaliser avec les classiques du genre. Las, un sentiment de déjà-vu domine et Freddie Francis sombre dans la routine par dépit.

Alan Wilson








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Image :
Un master inégal mais globalement très propre qui permet d'apprécier les épaisses gerbes de sang des scènes horrifiques et un ensemble coloré de tenues 70's (mention spéciale à la nuisette de Joan Collins) dans un confort de visionnage optimal.

 


Son :
Jamais sorti en salle dans l'Hexagone, Les Contes aux limites de la folie est pourtant proposé avec une version française que l'on sent d'époque et de très bonne qualité. Elle fait même jeu égal avec la version originale, préférable pour les cinéphiles, mais pas forcément plus claire ou plus dynamique.

 


Interactivité :
Outre le traditionnel livret de Marc Toullec, on a doit à la traditionnelle présentation de Laurent Aknin qui insiste sur la saveur toute particulière de ce film à sketches « pirate », fausse production Amicus mais véritable témoin d'un cinéma fantastique british en fin de vie.

Liste des bonus : Livret de Marc Toullec, Entretien avec Laurent Aknin

 
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