TOXIC AVENGER : TéTRALOGIE
The Toxic Avenger / The Toxic Avenger Part II / The Toxic Avenger Part III : The Last Temptation of Toxie / Citizen Toxie : The Toxic Avenger IV - Etats-Unis - 1984/2000
Image plateforme « Blu-Ray »
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Réalisateur : Michael Herz, Lloyd Kaufman
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 2.0, et Français (uniquement sur The Toxic Avenger)
Sous-titre : Français
Durée : 401 minutes
Distributeur : Bach Films
Date de sortie : 20 novembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Tromaville, New Jersey, 1984. Melvin Junko est concierge dans un club de gym. Ce maigre, petit, faible gringalet, tombe dans un tonneau de déchets chimiques toxiques. Melvin est soudainement transformé en une créature hideuse, avec une taille et une force surhumaines. Il est devenu le Toxic Avenger, le premier super héros du New Jersey !
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Plus efficace que Mr Propre

Il n'y a pas que Marvel et DC dans la vie ! Il y a aussi Troma qui en 1984 lança sur grand écran, cinq ans avant un certain Batman, un super-héros unique et inédit : le Toxic Avenger, mutant radioactif ex-agent d'entretien en tutu rose là où d'autres sont ex-fan des sixties. Le défenseur de Tromaville, et un peu du monde moderne, dont les aventures féériques et colorées connaitront trois suites tout en retenue. Complètement cul-cul-culte.

Le premier épisode des aventures de Toxie est d'ailleurs l'acte fondateur de la firme Troma tel qu'on la connait depuis quelques décennies maintenant. Petite société de production et de distribution imaginée par Lloyd Kaufman et Michael Herz, cette dernière se fait tout d'abord un nom comme un fournisseur productif de comédie teen et sexy typiques des 70's / 80's avec quelques petits succès connus sous les titres Squeez Play, Stuck On You ou The First Turn-On !! où surnage déjà un mélange probant d'amateurisme, de bonnes volontés et surtout d'excès (ici plus particulièrement du coté des fesses) par rapport à la concurrence mainstream. Mais la mise e boite d'un certain Mother's Day, film d'horreur bien pervers signé par le frangin Charles Kaufman, fait apparaitre de nouveaux horizons à cette petit boite familiale qui va s'y engouffrer avec The Toxic Avenger.

Un film de super-héros longtemps avant l'heure, mais qui n'a rien à voir avec ce looser de Superman, puisqu'il ne se borne pas à mettre la délinquance locale en prison mais, armé de sa chère serpillère, préfère l'énucléation, la décapitation, les bras arrachés et autres sévices définitifs. Avec sa tronche de rescapé d'un épisode de Ken Le Survivant et un cerveau de moule en pleine marée noire, Toxie tente de nettoyer la ville de ces plus vils représentants : policiers et politiques corrompus, loubards travelos et dealer, lycéen écrasant les gosses en comptant les points... Constamment bancale, entre une réalisation très aléatoire, une interprétation généralement catastrophique et un scénario qui fuit, The Toxic Avenger est pourtant un objet absolument fascinant par sa faculter à exploiter à l'écran tous les déchets du cinéma de genre propre sur lui : du sexe totalement gratuit, du gore orgasmique irréel et surtout une identité bête et méchante que n'aurait pas renier les belles heures de la revue Hara-kiri. Gamins, animaux de compagnies, handicapés physiques et mentaux, identités hors-normes, tous les intouchables du cinéma américain en prennent pour leur grade avec une liberté désarmante, un bon goût annihilé, mais où Kaufman et sa petite bande n'en oublient pas pour autant de réaffirmer leur utopie libertaire, anti-facho et désespérément écolo.

 

tchernobyl-man from new jersey


Un mélange détonnant qui va rapidement connaitre de fidèles adeptes, en particulier grâce au marché florissant de la vidéo, et permettre la mise en chantier cinq ans plus tard de deux suites un peu curieuses. Des sequelles dotées d'un budget un peu plus confortable, réuni grace au soutient du distributeur vidéo mais aussi de financiers japonais (il ont toujours eu beaucoup de goût les japonais), qui semblent presque dépasser leur créateur. Se perdant dans un scénario bêtement alambiqué, il construit ces Part II & III comme une succession de gags hommages à Tex Avery, Mel Brooks ou les Marx Brothers, mais qui a parfois tendance à tirer en longueur. En particulier lors dans voyage au Japon dans Toxic Avenger Part II dont le spectateur n'a sans doute pas encore tout à fait appréhendé toute la pertinence, en dehors de quelques images joliment touristiques, quelques créatures locales dénudées, un cameo de Go Nagai et un vilain sumo découpé en rondelles. Tourné bout à bout, voir quasiment en simultané puisque Mister Kaufman s'emballa tellement dans sa quête artistique qu'il réalisa en cours de route qu'il avait d'ors et déjà assez de matière pour monter deux films distincts, Part II et Part III nommé prétentieusement The Last Temptation of Toxie, délivrent bien entendu leurs lots de séquences outrageusement hilarantes, bêtement violentes et totalement Z. Ils n'arrivent cependant jamais à retrouver le rythme efficace du premier malgré l'installation d'un ennemi d'envergure : Apocalypse Inc., un conglomérat d'entreprise spécialisés dans la pollution du monde, constitué autant d'hommes en costards que de travelos ninjas, de bimbos bodybuildées et d'esclaves SM... le tout dirigé par Satan en personne. Difficile de résister aux vilaines moqueries sur les aveugles, à glousser lors d'une partie de jambes en l'air niaise et crado à la fois, mais le dyptique est clairement moins convaincant.

 

atomic holocaust


Devenu le logo de Troma, héros d'une série animée tout public, The Toxic Crusader, et un guest récurrent dans de nombreuses productions undergrounds, Toxie devra attendre dix ans avant de revenir sur le devant la scène avec un Citizen Toxie : The Toxic Avenger IV homérique. Tournée dans l'élan d'un précédent Terror Firmer absolument dantesque et autoréférentiel, ce quatrième opus est certainement le mieux troussé de la saga et l'un des sommets de la filmographie de la maison Troma. Effaçant ouvertement les chapitres 2 et 3 par un "Sorry about that » en introduction, le métrage s'enflamme dès l'ouverture par une attaque d'une classe de mongolien par terroristes en couches culottes... et ce n'est que le début ! Mamie pulvérisée par une bagnole, déjections diarrhétiques avec bruitage de circonstance, éjaculation géante sur une foule ébahie, cannibales qui fabriquent de la saucisse avec des restes de chirurgie plastique ratée, avortement qui s'achève par une ablation de l'anus et des viscères, scientifique devenu un spécialiste de la pipe à deux dollars, éventrations, émasculations... The Toxic Avenger IV tente tout et tout passe comme une serpillière dans le fondement, puisqu'à la manière des Nuls, les pires gags scato pipi-caca-prout préservent systématiquement un coté enfantin. Du gros Z qui tache, mais de sales gosses mal élevés qui embarque par une frénésie infatigable le spectateur, victime totalement consentante, dans une rencontre interdimentionelle entre Toxic et son double maléfique Noxie, avec la participation de dieu en personne (un nain libidineux, mais hé pourquoi pas) et un défilé de guest maisons (l'extraordinairement pathétique SGT Kabukiman NYPD) et de potes venus faire du cameo ou les guignols le temps d'une scène : la pin-up Debbie Rochon, l'ex-star du porno Ron Jemery en maire bigot, le héros des Goonies et Stand By Me Corey Feldman en gynéco, le réal Eli Roth et le Lemy de Motörhead en simples badauds, sans oublier bien entendu un narrateur historique, alias Stan Lee, the man himself.

Un bordel absolu qui ne manque pas d'ambition donc, fustige violement au passage les si belles valeurs américaines comme lorsque notre super-héros dégueu préféré écrase la tête de sa victime entre les volumes de la Bible et du Civil Act. A un tel niveau d'anarchie cinématographique, on s'approche du génie.

Nathanaël Bouton-Drouard














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Image :
Commandité il y a quatre ans par Troma, les copies restaurées qui viennent s'étaler sans vergognes sur nos blurays français n'ont pas forcément les mêmes ambitions qu'un classique immuable du cinéma américain choyés par l'une des majors. Cela reste pourtant d'une qualité des plus surprenantes puisque ces masters sont clairement de nouveaux scans proches du 2K ré-étalonné. Le rendu est systématiquement plus net que jamais (c'est même assez perturbant) avec des colorimétries maitrisées et tranchées, des noirs profonds et un niveau de piqué admirable. Il n'y a pas contre pas eu de restauration complètes des copies et ces dernières préservent leurs explosions de grain lors des différents fondus et autres superpositions de frame, leurs taches diverses, leurs griffures... Comme pour rappeler de l'identité du cinéma Troma. Tout à fait logiquement les quatre films montrent une amélioration progressive de la propreté d'ensemble (Citizen Toxie est tout frais tout beau), mais systématiquement avec une profondeur et un piqué réjouissants.

 


Son :
Un peu moins impressionnants, les DTS HD Master Audio 2.0 oscillent entre le correct avec quelques effets de craquements et autres sonoritées étouffées dans le premier film et une netteté frontale et bourrine dans le dernier. Quelques retouches ont été effectuées pour rendre l'ensemble plus confortable qu'autrefois, mais il ne faut pas s'attendre au dernier Avengers. A noter que seul le premier film connu une distribution en salle en France et profite donc d'une version doublée.

 


Interactivité :

Pas sûr vraiment que ce beau diable de Lloyd Kaufman ait un jour imaginé que sa saga favorite connaitrait un tel traitement et à l'étranger qui plus est. En effet si un équivalent de ce coffret existe aux USA, il ne s'agit qu'un simple boitier amaray à quatre volets. Nous, grâce aux efforts de Bach Films et une campagne participative réussie, on peut profiter d'un superbe coffret cartonné (en dur, ça change d'autres éditeurs), sobre et élégant (hein ? ) contenant un mediabook solide  contenant les quatre DVD, les quatre Bluray et un livret d'une vingtaine de pages tous pleins de petits textes de présentations et d'images lyriques.
C'est beau, c'est fort, et d'autant plus sexy que chaque disque est accompagné d'un déluge de suppléments à l'intérêt aussi divers que variés. Ces derniers compilent d'ailleurs plusieurs provenances. Soit les daté, mais déjà très généreux, DVDs avec de belles poignées de commentaires audio (non traduits), d'interviews (vrais ou fausses) et de sketches débiles en SD, de nouvelles présentations signées Kaufman enregistré pour le Bluray US ainsi que des reportages inédits (interviews de 2014, Conte de noël revisité par un vieux cons....) et enfin des ajouts non négligeable made in France.
A commencer par les présentations improbable de Mr Lemaire qui s'amuse comme un petit fou et part un peu dans tous les sens, suivi de près par le court métrage scato / gore / hommage au slasher Massacre au débouche chiotte 2 qui pourrait effectivement facilement devenir un long chez Troma. Dans ce large panel d'items à grappiller avec parcimonie (attention à l'indigestion de cris hystériques et de caméra à la masse) on regrettera certainement que le superbe, mas bordélique, making of épique de Citizen Toxie de plus de deux heures n'ait pas été sous-titré en français, ou que Bach Films n'ait pas produit un documentaire plus large sur la maison Troma question de présenter ce petit monde au néophytes. Par contre, on ne remerciera jamais assez notre éditeur pour avoir récupéré l'épisode spécial Troma de L'œil du cyclone, institution punk de Canal + (à l'époque où la chaine était vivante) qui fut pour beaucoup la première confrontation à ce cinéma unique et délicat.

Liste des bonus The Toxic Avenger : Commentaire audio des réalisateurs, commentaire audio des acteurs, Introduction de Christophe Lemaire, Introduction de Lloyd Kaufman, Behind the scene (diaporama), Interviews de Mark Torgi, Jennifer Babtist, Dan Snow, Michael Herz, Mitch Cohen et Robert Prichard, Bandes annonces.
Liste des bonus The Toxic Avenger part II : Commentaire audio des réalisateurs, Introduction de Christophe Lemaire, Introduction de Lloyd Kaufman, Interview de Lisa Gay, At Home With Toxie, Radiation March, Toxie on Japanese TV, Bandes annonces.
Liste des bonus The Toxic Avenger part III : Commentaire audio des réalisateurs, commentaire audio de Joe Flieshaker, Introduction de Christophe Lemaire, Introduction de Lloyd Kaufman, A Halloween Carol, Make Your Own Damn Horror Film, Rabid Grannies The Informercial, TroMoMa, Bandes annonces.
Liste des bonus The Toxic Avenger IV : Commentaire audio des réalisateurs, commentaire audio des acteurs, Commentaire audio des monteurs, Massacre au débouche chiotte 2 d'Alexandre Jousse, Introduction de Christophe Lemaire, Introduction de Lloyd Kaufman, Toma's Tribute to Lemmy, 40 Years of Troma, From Festival to Fascism - Troma at Cannes 2017, Apocalypse Soon : The Making of Citizen Toxie, Bandes annonces.

 
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