L’îLE SANGLANTE
The Island - Etats-Unis - 1980
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « L’île sanglante »
Genre : Aventure, Horreur
Réalisateur : Michael Ritchie
Musique : Ennio Morricone
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 114 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 21 novembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L’île sanglante »
portoflio
LE PITCH
Le journaliste Blair Maynard enquête sur les mystérieuses disparitions de bateaux dans le célèbre triangle des Bermudes. Assurant le garde de son fils lors d’un week-end, il se rend à bord d’un vieux coucou sur l’île de Navidad, lieu proche des derniers signes de vie des navires disparus. Ils font la connaissance du docteur Windsor qui leur offre l’hospitalité. Ils sont rapidement attaqués par des pirates et emmenés sur leur île, où la population, coupée du monde, vit encore ...
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au sabordage !

Espéré comme un nouveau succès estival à la hauteur des Dents de la mer, L'île sanglante inspirée d'un livre du même Peter Benchley fut pourtant l'un des plus jolis fours de 1980. Totalement conspué depuis par sa tête d'affiche Michael Caine et boudé par le studio qui le laissa tomber dans l'oubli, cette aventure de piraterie contemporaine mérite-t-elle vraiment tant de haine ?

Comme de nombreux blockbusters s'échouant sur le mur brute du box office, la création du sobrement intitulé The Island est jalonnée d'incompréhensions et de choix curieux. Voulant bêtement renouer avec la gloire du précédent Jaws de Steven Spielberg et du légèrement plus modeste The Deep (alias Les Grands Fonds chez nous), le studio Universal paya une fortune l'autre bouquin maritime de Benchley, sans vraiment manifestement se pencher sur les thèmes qui y étaient évoqués. On est loin ici des terreurs d'un monstre marin géant ou d'une grande chasse au trésor moderne, le livre adapté par l'auteur en personne, est un thriller hybride, assez patchwork, qui compile allègrement le mythe du triangle des Bermudes et celui d'une bande de flibustiers oubliée par le temps, traité à la fois comme un hommage aux bon vieux swashbuclers, mâtiné de passages purement horrifiques où tente de prendre consistance un drame plus intimiste : celui d'un père qui tente de préserver l'amour de son fils. Le collage n'est pas toujours des plus aisé (seule la Hammer était autrefois capable de ce genre de décadences), ni des plus naturels, et c'est à l'inattendu Michael Ritchie de tenter de donner forme cohérence à l'ensemble.

 

vaisseau fantôme


Inattendu car jusque là ce réalisateur assez discret que l'on a souvent rattaché au Nouvel Hollywood pour son approche « vérité » et politisé, n'a rien de l'artisan qui se plie aisément aux attentes d'un divertissement estivale. Si on le retrouvera par la suite sur de grosses comédies avec Walter Mathau (Parle à mon Psy, ma tête est malade), Chevy Chase (Fletch et sa suite) et même sur le Golden Child d'Eddie Murphy, les cinéphiles le connaissent alors surtout pour son évocation cynique de la politique américaine (Votez Mc Kay avec Robert Redford) et la comédie noire Prime Cut. Et L'île sanglante n'a rien d'un parjure tant le film semble constamment combattre sa nature initiale, peignant les victimes des terribles pirates comme une bande de beaufs ricains en vacances ou des jeunes trafiquants de cocaïnes, présentant son « héros » incarné par le classieux Michael Caine, comme un journaliste froid, acide, et un père peu investi. La bande d'écumeurs, que d'autre auraient rapproché d'une aura romantique oubliée, d'un code d'honneur contrastant avec la sauvagerie des yupies, ne sont en l'occurrence rien d'autre qu'un groupe de barbares arriérés transformant les gosses kidnappés en assassins flippants (le sourire de la gamine, brrrr). Le comble, Ritchie semble refuser au spectateur le plaisir qui pourrait naitre des quelques séquences spectaculaires qui parsèment un métrage au demeurant intériorisé, filmant les premières exécutions, alors que le mystère est encore maintenu, avec des airs de slasher étonnamment gore, tandis que la suite utilisera les envolées épiques d'Ennio Morricone avec une ironie presque gênante. Un vrai film malade comme on les aime, parfois un peu bancal et manifestement abimé sur la table de montage (voir le traitement très elliptique de certains personnages), mais qui aujourd'hui se déguste comme un vieux rhum.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Comme beaucoup de films rares issus du catalogue d'Universal, la copie HD de L'île sanglante est loin d'être parfaite, mais pas inintéressante. Une fois passé un générique très abimé et au rendu quasi SD, la restauration est manifeste avec un gommage très efficace des anciennes taches et griffures et un nouveau scan qui permet découvrir un cadre assez lumineux, vif, pouvant même parfois jouer un peu sur la profondeur. Si quelques retouches ont été effectuées sur le bruit de l'image, le grain de pellicule reste bien présent, mas ne vient jamais déranger le piqué efficace. Reste malheureusement les séquences sombres, toutes (ou presque) marquées par des défauts variables allant des noirs qui virent vers le gris, le rouge ou se voient noyée sous un fourmillement neigeux.

 


Son :
Si le doublage français d'époque, assez solide et direct, garde son énergie originelle avec un DTS HD Master Audio 2.0 pas désagréable, la version originale elle n'existe plus que dans une mouture remixée en DTS HD Master Audio 5.1. Un travail de redynamisation tout a fait percutant la plupart du temps avec des ambiances étonnement enveloppantes (la pluie, les vagues sur la rives...) et une dynamique parfois même très musclées lors des attaques pirates et autres moments un peu spectaculaires. Un peu dommage par contre que cela se fasse souvent au détriment d'un équilibre général, les grands moments, souvent portés par les musiques de Morricone, semblent systématiquement plus volumineux que le reste du métrage obligeant le spectateur à jouer un peu de la télécommande.

 


Interactivité :
Déjà présent sur le disque de La Sentinelle des maudits, le journaliste suisse Julien Comelli revient pour livrer une présentation décontractée du métrage en question. Les petites filmographies d'usages, les liens avec Les Dents de la mer ou les thématiques en vogue dans le cinéma de l'époque, de toutes petites anecdotes... Comme pour le film de Winner, le propose reste relativement superficiel et n'essaye même pas de livrer quelques clefs ou d'en discuter les qualités.
A noter qu'aux USA, le Bluray équivalent de Shout Factory est nu comme un ver.

Liste des bonus : « L'inévitable catastrophe » : documentaire de Julien Comelli et Erwan le Gac (18'), Génériques français, Bandes-annonces.

 
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