COMME DES CHIENS ENRAGéS
Come cani arrabbiati - Italie - 1976
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Genre : Policier
Réalisateur : Mario Imperoli
Musique : Mario Molino
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 1.0 italien
Sous-titre : Français
Durée : 98 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 19 novembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Comme des chiens enragés »
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LE PITCH
Dans la Rome des années 1970, trois amis, Tony, Rico et Silvia, surmontent leur ennui en laissant libre cours à leurs bas instincts. Braquages, torture, viols et meurtres constituent leur quotidien, tandis que le commissaire Muzi et sa collègue Germana cherchent à les démasquer. Tony, le cerveau de la bande, est le fils d’un homme riche et influent, lui-même corrompu. Se croyant intouchables, le jeune homme et ses complices sont entraînés dans une spirale infernale à laquelle seul Muz...
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La laisse trop tendue

Encore un titre inédit dégoté par l'indispensable Le Chat qui fume avec Comme des chiens enragés, qui entre polar crasseux, spectacle décadent et érotisme sauvage, manque de peu de s'effondrer dans le caniveau. Mais solidement efficace et thématiquement ambigüe, cette série B aride finit par trouver sa voie.

Au vu de la productivité sidérante du cinéma transalpin au cours des deux fructueuses décennies 60/70, il n'est pas étonnant que quelques-uns de ces (trop ?) nombreux films ne soient jamais parvenus jusqu'en France. Là encore, avec un titre bien aguicheur, quelques photos dénudées publiées dans des revues spécialisées et une réputation d'ultra violence complaisante, Comme des chiens enragés a longtemps fait fantasmer les bisseux français. Le curieux poliziesco d'un Mario Imperoli que les grands cinéphiles connaissent surtout pour La Lycéenne découvre l'amour ou Couples impudiques, soit des comédies purement érotiques et pas forcément mémorables pour autre choses que la plastique des actrices, est enfin arrivé par chez nous grâce à l'éditeur Le Chat qui fume (loué soit son nom). De cette carrière dans la sexy comedy, il y en a clairement encore des traces ici, avec une scène d'amour lascive entre le détective et sa subalterne (jouée par la très côtée Paola Senatore) qui a tendance à s'appesantir plus que de raison, tout autant en tout cas que leur marivaudage interminable servi par un Piero Santi Pulci, plus connu sous le pseudo français Jean-Pierre Sabagh, sans doute un peu constipé. Comme des chiens enragés n'est clairement pas un petit chef d'œuvre oublié, mais bien un vrai film d'exploitation, tourné au milieu d'une pelleté d'autres, très inspiré par le récent Orange mécanique, offrant une certaine forme de défouloir visuel et moral au public italien vivant alors les terribles années de plomb, entre répression policière, exécutions mafieuses et affrontement entre extrême gauche et néofascistes en pleine rue.

 

la meute est lachée


Réalisateur se disant de droite, Mario Imperoli célèbre ici ouvertement une justice expéditive et barbare contre ces petits assassins tortionnaires qu'il illustre, et se fend même d'une petite ironie sadique lorsqu'il met en scène une foule révolutionnaire avide de sang qui bat à mort le dernier larron. Il se montre cependant beaucoup plus ambivalent quand aux motivations du gang de petits bourgeois qui exterminent, volent et violent, autant pour s'assurer de leur pouvoir sur le reste du pays, emmerder leur parents (dont un riche notable au discours libéral à gerber)... voir tout simplement pas ennuis. Trois petits cons sadiques et immoraux, ou plutôt deux car il est rapidement évident que Germana, au départ présentée comme la « poule » du groupe, survole largement le reste des personnages, usant de son corps généreusement, mais avec intelligence, franchise et liberté. Soit un commentement qui détonne dans la culture latinen franchement misogyne. Une figure presque insaisissable, effrontée et proto-féministe incarnée avec charme et talent par la trop rare Annarita Grapputo (Magnum Cop), qui impulse à sa manière une ambiance parfois déroutante dans ce thriller à la mise en scène sèche et nerveuse, au montage impulsif et à la violence, sexuelle ou autre, absolument sans détour. Le point culminant restant cette mémorable prise d'otage en pleine rue, terriblement efficace et à la finalité totalement sordide. Du cinéma pas toujours recommandable, mais recommandé.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Très longtemps exploité (quand il l'était) par le biais d'une vieille copie vidéo fatiguée et amputée d'une bonne dizaine de minutes, Comme des chiens enragés n'est clairement plus aujourd'hui le film qu'il était. Sa copie source a manifestement été entièrement et richement restaurée, a retrouvé une certaine propreté (plus de traces visibles) et une colorimétrie équilibrée. Du très bel ouvrage qui bataille parfois pour préserver ses équilibres, en particulier à cause d'un grain très marqué (marque de pellicules peu couteuses) et de certains plans nocturnes ondulants. Absolument rien de gênant loin de là, on s'imagine mal visionner Comme des chiens enragés avec une image aussi pure qu'une production luxueuse tournée en numérique 4K.

 


Son :
Inédit officiellement en France, tout comme le copain Chats rouges dans un labyrinthe de verre proposé dans la même foulée, le métrage de Mario Imperoli n'est donc disponible qu'avec son mono italien d'origine, nettoyé et choyé par un DTS HD Master Audio assez pur et direct. Rien à redire.

 


Interactivité :
Comme nous l'apprend un carton disposé en fin de supplément, aucune des personnes contactées par l'équipe du documentaire n'ont accepté d'y apparaitre. Comme si l'objet avait quelque chose de honteux. Heureusement l'assistant réalisateur Claudio Bernabei, réussit très bien à nous conter les origines, commerciales, et les coulisses du film. Il évoque bien entendu le contexte des années de plomb, les emprunts collectifs aux derniers succès locaux, les orientations politiques du metteur en scène, mais insiste essentiellement sur une équipe devant et derrière la caméra, très professionnelle et consciente de sobrement shooter un film de genre parmi d'autre. Un bon petit bonus.

Liste des bonus : « Pas de quoi pleurer » avec l'assistant réalisateur Claudio Bernabei (31'), Bandes-annonces.

 
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