THE LAST MOVIE
Etats-Unis - 1971
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Drame, Western
Réalisateur : Dennis Hopper
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 1.0 anglais
Sous-titre : Français
Durée : 109 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 12 décembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The Last Movie »
portoflio
LE PITCH
Une équipe de cinéma est venue tourner un western dans un village péruvien niché dans les Andes. Une fois le film terminé, tous les Américains s’en vont, à l’exception de Kansas, l’un des cascadeurs, qui souhaite prendre du recul vis-à-vis d’Hollywood et s’installer dans la région avec Maria, une ancienne prostituée. Les choses dégénèrent lorsque les habitants décident de tourner leur propre film : les caméras, les perches et les projecteurs sont faux, mais la violence q...
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Theatre bizarre

Deux ans après Easy Rider, sa première réalisation, Dennis Hopper réalisa un film resté longtemps inédit chez nous. Renié par les studios, presque maudit, The Last Movie profite aujourd'hui, grâce à Carlotta Films, d'une resortie en version 4K. L'occasion de découvrir une œuvre qui ne ressemble (vraiment !) à aucune autre.

Dennis Hopper a toujours été un artiste à part dans le paysage holywoodien. Acteur et réalisateur, oui, mais aussi peintre, poète, photographe... Des arts synonymes de profondes réflexions et introspections, de contemplations du monde, d'intérêts pour son prochain, de sensibilité à fleur de peau. Loin du matérialisme d'un Hollywood mercantile et cynique. C'est sur le tournage de Les Quatre Fils de Katie Elder, de Henry Hathaway, six ans plus tôt, que Dennis Hopper prend conscience de l'impact parfois néfaste de son métier sur les autochtones d'une localité perdue au bout du monde. Recueillant le plateau et toute son équipe pendant un certain temps, les habitants du petit village mexicain où a lieu le tournage du film d'Hathaway sont totalement décontenancés, ne comprenant pas vraiment ce qui se joue chez eux. Coups de feu, bagarres, chutes de cheval, explosions et faux morts ensanglantés prennent la forme d'un théâtre bizarre à des années lumière du quotidien des paysans mexicains. Hopper imagine donc son futur scénario sur cette base, où un comédien resté sur place pour s'évader, profiter des paysages magnifiques et trouver l'amour sera rattrapé puis confronté à des locaux rendus fous par leurs difficultés à dissocier réalité et fiction et sera forcé de participer au tournage d'un simulacre où il y perdra peut être la vie.

 

deniis la malédiction


Mais Hopper veut aller plus loin. C'est l'occasion pour lui de vraiment prendre du recul sur son métier d'acteur, critiquer le système et livrer finalement un brûlot propre à faire réfléchir ses spectateurs. Une ambition qui commence par le lieu de tournage lui même, situé au Pérou, où les magnifiques paysages montagneux sont les premiers témoins du tournage d'un western mené d'une main de fer par un réalisateur proche du despote (Samuel Fuller, ami de Hopper et parfait dans le rôle). Pour les comédiens, Hopper appelle aussi des proches : Peter Fonda, Dean Stockwell, le musicien Kris Kristofferson (qui signe une partie de la musique folk du film) et leur offre de tout petit rôle de figurants. Pour la photo, le réalisateur embauche Laszlo Kovacs, avec qui il a déjà travaillé sur son précédent film. Contours incertains et effets vaporeux donnent au résultat un effet se mariant parfaitement aux exigences d'Hopper. Il se met alors lui-même en scène dans la peau de ce cascadeur un peu perdu avec lui même, qui va trouver l'amour auprès d'une prostituée locale, essayé de s'intégrer tout en étant de temps en temps rattraper par sa vie de débauche hollywoodienne et finalement devenir victime des locaux le voulant en star sacrifiée (voire crucifiée) sur l'autel d'un film de pacotille tourné avec des caméras en bois.
Scènes montées sans logique chronologique, raccords hasardeux, film dans le film, notes apparaissant sur la pellicule... The Last Movie est au final le négatif parfait du type de film qu'Hollywood pouvait produire à l'époque. Et sa conclusion, aperçu dès ses premières images, en forme de procession religieuse prenant de plus en plus la forme d'une bacchanale aux accents païens à la Wicker Man (tourné deux ans plus tard) ne fut pas du goût d'Universal qui décida finalement de ne pas distribuer le film. Hopper fut alors blacklisté pendant près de dix ans à Hollywood, et sa carrière faillit ne jamais s'en remettre.

Aujourd'hui, The Last Movie se vit encore réellement comme un trip expérimental, un essai pour traduire la pensée et les opinions d'un artiste libre qui refusa, pendant un temps, certains compromis. Son visionnage demandera donc toujours un recul nécessaire afin d'en comprendre les ambitions. Celles d'un rebelle, d'un rêveur, d'un artiste au sens le plus noble du terme.

Laurent Valentin












© 1971 HOPPER ART TRUST, 2018 PACIFIC MOTION PICTURE COMPANY INC. Tous droits réservés.
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Image :
Nouvellement restaurée, et à partir d'un scan 4K inédit, The Last Movie n'a certainement jamais été aussi beau de toute son existence. En travaillant à partir d'un négatif original mais en se basant sur une copie 35mm étalonnée par Dennis Hopper, les technicien en trouvé ici le juste milieu entre la matière prégnante et présente d'une pellicule rugueuse et d'un film volontairement brut, et la perfection lumineuse des nouvelles technologies HD. De très rares traces persistes, quelques plans plus abimés détonnent, mais 99% du métrage impose un piqué ferme et généreux, des teintes admirablement contrastées et une profondeur imposante.

 


Son :
Il n'existe pas d'autre pistes que la version originale et celle-ci a aussi et rafraichie pour s'installer confortablement sur un DTS HD Master Audio mono directe et extrêmement clair. Aucune instabilité ne se fait entendre, ni une quelconque instabilité ou sautes autres que celles voulues par Hopper en personne.

 


Interactivité :
Comme cela arrive parfois avec ce type de projets absolument démentiels, le documentaire qui s'efforce d'en reconstituer le tournage se révèle parfois presque plus fascinant que le métrage lui-même. On ne parle pas ici de mise en scène, même si ce Scene Missing est plutôt travaillé, mais bien de qu'il raconte par le biais de témoignages de quelques « survivants ». Soit un authentique ego trip, une aventure unique et délirante, une gigantesque improvisation bien souvent nourrie par les expériences psychotropes d'une grande part de l'équipe. On regrete forcément l'absence de Hopper en personne (malheureusement décédé quelque temps avant l'enregistrement), mais question star totalement braque, Tomas Milian et ses authentique sanglots se pose là. Des poursuites par la police péruviennes, quelques épisodes truculents à l'aéroport dès le voyage allé, le space cake distribué sans avertissement, les 48 heures de rush à monter, une baston avec le projectionniste Universal aux avis bien tranchés... Le cinéma en 1971 c'était vraiment autre chose !

Liste des bonus : Un livret rédigé par Jean-Baptiste Thoret et comprenant le fac-similé du dossier de presse d'époque (32 pages), 5 cartes postales, l'affiche du film (40 x 60), Introduction de Dennis Hopper, « Scene missing » : documentaire d'Alex Cox sur le tournage du film (49'), La restauration (3'), Bandes-annonces.

 
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