LES RENDEZ-VOUS DE SATAN
Perché quelle strane gocce di sangue sul corpo di Jennifer? - Italie - 1972
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Les Rendez-vous de Satan »
Genre : Thriller
Réalisateur : Giuliano Carnimeo
Musique : Bruno Nicolai
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 1.0 italien et français
Sous-titre : Français
Durée : 95 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 19 novembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Rendez-vous de Satan »
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site officiel
LE PITCH
Deux jeunes femmes sont assassinées coup sur coup dans le même immeuble appartenant à l’architecte Andrea Antinori. Ce dernier, en échange d’une séance photo pour une campagne de publicité, propose à deux mannequins, Jennifer et Marylin, de venir s’y installer. Tandis que Jennifer, au passé trouble, échappe de peu aux assauts du tueur, les soupçons de la police se portent sur Andrea, devenu son amant…
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quelques gouttes de sang sur un corps sublime

Tourné presque à la chaine avec les giallo de Sergio Martino, L'étrange vice de Madame Wardh et Toutes les couleurs du vice, Les Rendez-vous de Satan célèbre une nouvelle fois le couple cinégénique George Hilton et Edwige Fenech en mêlant thriller nébuleux et érotisme sulfureux. Moins célèbre sans doute, mais pas moins réussi.

Les grands amateurs du genre peuvent d'ailleurs aisément y voir le troisième volume d'une trilogie non officielle, jouant une sorte de tango endiablé entre les deux têtes d'affiches, avec une Edwige toujours en victime sacralisée, et un George Hilton, tour à tour bourreau, amant, protecteur ou dommage collatéral en fonction des scripts. Ces derniers portent d'ailleurs systématiquement la marque du scénariste Ernesto Gastaldi, plume incontournable du genre, dont les mécaniques bien rodées, les personnages secondaires aux visages escamotables et les révélations excessivement freudiennes, font le bonheur des petits bisseux. Ce qui va clairement changer la donne ici, est l'apparition pour la seule et unique fois dans le paysage du giallo, du metteur en scène Giuliano Carnimeo. Un artisan italien clairement plus doué que la moyenne qui enquille depuis six ans les westerns décontractés mais soignés (Django arrive, préparez les cercueils, Bonnes funérailles, amis, Sartana paiera) et qui se tournera ensuite essentiellement vers la comédie coquine. Un nom souvent oublié donc, qui pourtant une fois encore réussit à étoffer largement son matériau de base, soit un thriller italien franchement classique sur le papier.

 

sexe fort


Tout d'abord en peaufinant avec beaucoup de soin et d'inspiration une construction en forme de poupées russes (une succession de révélations qui s'approche de plus en plus d'une vérité ténue) pour en donner un reflet direct dans des plans jouant sur l'enfermement, les surcadrages et des lieux constamment clos. Les Rendez-vous de Satan délivre ainsi de superbes images comme cette poursuite dans les sous-sols de l'immeuble, presque illustrés comme un décor infernal, cette gracieuse scène d'amour observée à travers une fenêtre par un pauvre flic en planque, où même ce meurtre bien sentis à l'arme blanche dans un ascenseur... huit ans avec le Pulsions de Brian de Palma. Même lorsque le métrage doit glisser vers le spectacle plus ouvertement érotique (voir plus) en évoquant une partouze sans en montrer plus que quelques corps dénudés se frôlant à peine, Carnimeo réussit à mêler poésie esthétique et symbolisme poussif avec une petite touche d'ironie assez originale. D'ailleurs sont essai dénote très souvent par rapport aux autres giallos de cette période faste, en allouant une vraie place au duo de policier, ajoutant de nombreux notes d'humour sans de vautrer dans la gaudriole, et surtout en prenant ses distances avec la misogynie (ou machisme paternaliste) habituelle. Ici le quatuor d'actrices, soit Edwige Fenech bien entendu mais aussi Paola Quattini, Carla Brait (Torso) et Annabella Incontrera (La Tarentule au ventre noir), incarne des personnages forts, indépendants et dont les mœurs ne sont pas jugés par le film, mais par la gente masculine et donc l'assassin. Le traitement de l'homosexualité féminine dans le métrage est d'ailleurs une vraie curiosité pour son époque. Giallo sexy mais élégant et à l'ambiance bien dosée (merci Bruno Nicolai), Les Rendez-vous de Satan à tout de la petite perle oubliée.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Encore (cela deviendrait presque lassant) une superbe copie pour Le Chat qui fume qui nous offre un transfert restauré de toute beauté. La matière de pellicule est bien présente avec un très joli grain et encore un ou deux spots, une ou deux griffures subliminales, préservant gracieusement la nature organique du cinéma, tout en imposant un piqué généreux et inédit et surtout des couleurs vives, profondes et puissantes. Si on excepte un court passage dans un appartement plongé dans la pénombre où les noirs ont clairement tendance à baver, le reste est une sacrée réussite.

 


Son :
Rafraichis et proposés en DTS HD Master Audio, les mono d'origine sont plus clairs et posés que jamais. Si quelques petites scories existent encore (légères saturations parfois... rien d'incroyable) le confort est certain. On préférera comme souvent la version originale plus intense à un doublage français parfois un peu poussif et dont on aurait aimé pouvoir se passer d'une remarque bien raciste sur la belle Carla Brait. Vieille France...

 


Interactivité :
Edwige Fenech ne répondant plus depuis longtemps aux interviews, Le Chat qui fume a dû se tourner vers ses compagnons de tournage soit la star masculine George Hilton, qui évoque leurs diverses collaborations et leur profonde amitié, et la plus légère Paola Quattrini qui tente de se souvenir vaillamment de quelques anecdotes tant le film lui semble lointain. Des rencontres plutôt sympathiques, louant bien souvent le film et son metteur en scène. Le journaliste Francis Barbier va forcément un peu plus loin en décortiquant quelques particularités du film, en le rapprochant du Six femmes pour l'assassin de Mario Bava et surtout en le rapprochant avec les films précédents de Giuliano Carnimeo, soutenant non pas un auteur, mais en tout cas un artisan doué et impliqué.

Liste des bonus : « Les fleurs de sang » avec George Hilton (25'), « Marilyn » avec Paola Quattrini (17'), « Les rendez-vous d'Edwige », par Francis Barbier, Bandes-annonces.

 
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