INVASION LOS ANGELES
They Live - Etats-Unis - 1988
Image plateforme « Bluray 4K »
Image de « Invasion Los Angeles »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : John Carpenter
Image : 2.35 16/9
Son : Français, Anglais et allemand DTS-HD Master Audio 5.1, Anglais 2.0 LPCM
Sous-titre : Français
Durée : 94 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 7 novembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Invasion Los Angeles »
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LE PITCH
Errant dans Los Angeles à la recherche d’un travail, John Nada, ouvrier au chômage, découvre un étonnant trafic de lunettes. Une fois posées sur le nez, elles permettent de détecter d’épouvantables extra-terrestres décidés à prendre le contrôle de notre planète.
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Big John is Watching You

Lorsqu'un studio courageux laisse à un franc tireur comme John Carpenter la possibilité de réaliser un film en toute indépendance tant qu'il ne dépasse pas le budget alloué, on peut être sûr de se retrouver devant un ovni anti conformiste.

Sans doute moins célèbre que d'autres de ses films, Invasion Los Angeles aka They live est sans doute le plus personnel des projets de maître Carpenter. Toujours en lutte contre les inégalités et les abus de son pays. Sa caméra pour stylo, Carpenter utilise le fantastique comme outil d'expression lui permettant d'attaquer de manière moins frontale qu'un Oliver Stone les sujets qui lui tiennent à cœur. Car le papa de Jack Burton en a gros, il a beau avoir foi en son pays, les années Reagan ne sont pas faites pour lui et lui laissent un goût amer. Les années 80 ont vu une période de croissance exceptionnelle, les riches se sont enrichis et les classes dites moyennes se sont fragilisées par le chômage faisant de beaucoup d'entre eux des laissés pour compte sur le bord de la rue. Profitant donc de sa collaboration fructueuse avec la société Alive à qui il vient de livrer le traumatisant Prince des Ténèbres, il va prendre le sujet à bras le corps.

 

snake plissken est mort... 


Il est incroyable de voir que les choses ne changent pas vraiment et le coté avant-gardiste de ce film nous le prouve. Au fur et à mesure que les minutes du film s'égrainent, cette vérité filmée en 1988 est malheureusement toujours d'actualité. Au travers de son personnage de John Nada (alter ego à peine masqué de John Carpenter) le réalisateur nous filme ce qui pourrait s'apparenter à un docu-fiction. Puisque pêle-mêle se trouve disséminés dans le film l'éradication d'un camp de réfugiés (qui a dit migrants ?), le chômage, la misère, le fossé toujours croissant entre les riches et les pauvres etc... Mais Carpenter va plus loin encore, à l'instar du Zombie de Romero, il dénonce avec toute l'ironie que l'on lui connait la société de consommation et l'influence des médias sur les masses populaires. Cet endoctrinement régi dans les plus hautes sphères de l'intelligentsia au détriment de plus faibles nous est présenté via le film par une réunion secrète où humains et envahisseurs font des plans sur notre monde dans un esprit franc-maçonnique. Car cette histoire d'invasion extraterrestre n'est qu'un prétexte exutoire, une sorte de thérapie psychanalytique pour le réalisateur.

 

... vive john Nada


Dans cette décennie eighties, on pourrait avoir tendance à se dire qu'un John Carpenter sans Kurt Russell n'est pas un vrai Carpenter. Pourtant en engageant le catcheur Roddy Piper, le réalisateur voulait montrer un regard neuf sur l'Amérique. D'abord en nommant son personnage John Nada (John rien) l'identification au spectateur lambda n'en est que trop facile ; il le filme tel un cowboy débarquant en ville en cinémascope comme dans les westerns qu'il affectionne particulièrement. Son œil extérieur neuf sera à même de découvrir les injustices. Après The Thing, Keith David rempile une seconde fois sur un tournage d'un Carpenter. Son personnage, quant à lui, représente une autre frange de la population, celle individualiste qui ne veut se mêler de rien. Mais Carpenter ne l'entend pas de cette façon ; suite à un combat de rue homérique d'anthologie qu'il réalise entre ses deux protagonistes, ceux-ci vont finir par avoir la même vision : celle du cinéaste.

Film pouvant être considéré comme mineur dans la carrière de Carpenter, il est au contraire majeur pour qui veut connaitre plus intimement le cinéaste. Jamais celui-ci ne s'est montré si politique et la politique ne s'est jamais montrée si divertissante et intéressante. Car même si les propos sont engagés, il n'en oublie pas le spectacle ; et quand celui-ci est si intelligemment filmé, pourquoi bouder son plaisir ?

Cédric Lemaire






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Image :
Une vraie cure de jouvence que cette restauration totale sur copie 4K. Le film s'offre une nouvelle jeunesse en HD avec une colorimétrie pointue et des contours bien nets. Le piqué est aux petits oignons. Des prouesses largement décuplées grâce au disque UHD qui révèle une richesse de teintes tout simplement inédite (couchés de soleil, halo rosé sur les néons de la ville, subtiles variations sur la peau...), avec un accroissement considérable de la profondeur et de la précision du piqué. Studio canal continue de rendre honneur à John Carpenter en lui donnant la place qu'il mérite dans nos vidéothèques : celle des plus grands et des plus indispensables.

 


Son :
La aussi, le travail est conséquent. Malgré le doublage pas toujours convainquant d'époque, le son reste généreux. Préférez la version originale aux dialogues plus incisifs. Le 5.1 resplendit de profondeur avec un équilibrage parfait, à la fois fidèle au son franc d'origine et désormais doté d'une dynamique démultipliée... Idéal aussi pour apprécier la partition de Big John himself.

 



Interactivité :
Quel plaisir de pouvoir entendre John Carpenter dans un commentaire audio, jamais avar en anecdotes, il nous parle avec beaucoup de nostalgie de son film en compagnie de l'acteur Roddy Piper très reconnaissant d'avoir travaillé avec Carpenter. Un solide documentaire revient sur le parcours du film agrémenté de diverses interviews d'époque qui ressemble plus à des featurettes. Ces suppléments étant déjà disponibles dans les éditions précédentes, Studio canal agrémente ces bonus de nouvelles rencontres avec l'équipe, enregistrées en 2012 et mis en bonus ici. A noter aussi un item consacré aux fausses pubs insérées dans le film.

Liste des bonus : Commentaire audio de John Carpenter et Robby Piper, Documentaire 47', Making of d'époque 8', Portrait de John Carpenter 2', Portrait de Meg Foster 2' Portrait de Roddy Pipper 2', Fausses publicités dans le film 2', Spots TV 2', Galerie de photos 2', « Independent Thoughts with John Carpenter » 10' ,« Une Femme mystérieuse » : Interview de Meg Foster 5', « Homme vs Extraterrestres » : Interview de Keith David 11'.

 
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