LA MAISON QUI TUE
The House That Dripped Blood - Royaume-Uni - 1971
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Maison qui tue »
Genre : Horreur
Réalisateur : Peter Duffell
Musique : Michael Dress
Image : 1.85 16/9
Son : Français & Anglais DTS-HD 2.0 Mono
Sous-titre : Français
Durée : 101 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 4 décembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Maison qui tue »
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LE PITCH
Détaché tout spécialement de Scotland Yard à la campagne pour enquêter sur la disparition d’une star de films d’horreur, l’inspecteur Holloway craint de ne pas servir à grand-chose. Toutefois, la police locale attire son attention sur une vieille demeure où les tragédies se succèdent…
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à louer

Les films à sketches de la Amicus, c'est un peu comme une boîte de chocolats à l'arsenic : on ne sait jamais sur quelle histoire on va finir par s'étrangler. Une fois n'est pas coutume, l'assortiment présenté par La Maison qui tue est loin d'être aussi inégal que prévu. A une ou deux sucreries près.

Adieu les 60's et bienvenu aux 70's ! Milton Subotsky et Max J. Rosenberg, les deux filous aux manettes de la Amicus, attaquent cette nouvelle décennie avec sérénité. Leur bilan parle pour eux et les résultats plus que mitigés de The Skull et The Deadly Bees, rares incursions dans l'horreur « classique » (comprendre une seule histoire au lieu de cinq), les ont remis dans ce qu'ils pensent être le droit chemin. Ils n'ont donc aucune raison de changer la recette qui a fait leur succès et La Maison qui tue est officiellement la troisième anthologie horrifique qu'ils produisent après Le Train des épouvantes en 1965 et Le Jardin des tortures en 1967. Le scénario est l'œuvre de Robert Bloch. Mondialement connu pour être l'auteur de Psycho (une vague histoire de douche et d'un travesti qui aime un peu trop sa maman), Bloch a pris goût au cinéma et a entamé une collaboration au long cours avec la Amicus dont La Maison qui tue marque l'acte V. Il choisit ici pour fil rouge une maison de campagne un peu poussiéreuse. Hantée, la vieille bicoque ? Pas du tout. Mais elle possède une énergie bien particulière et se nourrit de la folie, des angoisses et de la solitude de ses occupants pour les leur recracher au visage avec violence. Une violence d'ailleurs assez propre, sans la moindre goutte de sang. Robert Bloch aurait-il une dent contre le gore ?

 

quelques travaux à prévoir


Correspondant de l'immense H.P Lovecraft durant sa jeunesse, Robert Bloch a toujours eu à cœur de disséquer la psychologie de ses personnages, mêlant une ironie mordante à une approche très terre à terre. Les thèmes abordés par La Maison qui tue ne sont pas d'une folle originalité (un écrivain maudit, un musée de cire, une sorcière précoce, des vampires) mais le scénario les dépoussière avec une habileté remarquable, multipliant les non-dits et les clins d'œil (à Bram Stocker, à Alfred Hitchcock) et n'hésitant pas à flirter avec le pastiche, notamment lors de la dernière histoire.
A la mise en scène, le téléaste Peter Duffell remplace au pied levé un Freddie Francis retenu à Hollywood. Et force est de constater qu'il se montre bien plus doué que son compatriote lors de ses précédents efforts. Travaillant vite et bien, Duffell est un véritable génie du cadre. Le cinéaste vise la simplicité et l'efficacité et sait doser le rythme et la tension. Son style n'est d'ailleurs pas si éloigné d'un autre habitué de la Amicus, Roy Ward Baker. La direction d'acteurs n'est pas en reste et l'on a plaisir à retrouver Denholm Elliott (le Marcus Brody des Aventuriers de l'Arche Perdue et de La Dernière Croisade), Christopher Lee, Peter Cushing ou encore Jon Pertwee dans un registre pas très éloigné de l'excentricité d'un Doctor Who. A l'exception de la deuxième histoire, faiblarde mais loin d'être désagréable, le cinéaste n'est pas loin du home run. De quoi regretter, en fin de compte, que Peter Duffell n'ait pas eu une carrière à la hauteur de son talent, celle-ci s'étant terminée par la tentative de sauvetage d'un biopic de Gengis Khan avec Richard Tyson (rien à voir avec le boxeur) et Charlton Heston et avortée en raison de l'effondrement du bloc soviétique. On recommandera quoi qu'il en soit son adaptation du England Made Me de Graham Greene avec Peter Finch et Michael York et une autobiographie savoureuse, « Playing Piano in a Brothel : Memoirs of a Film Director ».

Passez donc la porte de La Maison qui tue, enfilez une paire de pantoufles chaudes, servez-vous une bonne tasse de thé avec quelques biscuits et attendez la tombée de la nuit. Vous n'aurez pas à le regretter.

Alan Wilson






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Image :
A priori, le master encodé par ESC vient de la même source que celle utilisée par les américains de Shout ! Factory. D'où un résultat enthousiasmant, lumineux avec un grain modéré. La définition fait même des merveilles lors des scènes en extérieur, notamment lors des ballades en bord de rivière. Le velouté de la photographie d'origine est joliment restitué.

 


Son :
Le doublage de la version française est tout à fait recommandable mais un très léger effet de réverbération laisse penser à un réenregistrement au mixage approximatif. Avec ses aigus qui saturent moins vite et des effets plus équilibrés, la version originale fait la course en tête.

 


Interactivité :
Toujours le même packaging soigné de la collection « British Terrors », toujours le même livret signé de l'inusable Marc Toullec. Mais aussi et surtout TOUJOURS la même présentation des studios Amicus par Laurent Aknin. On aurait facilement troqué ce bonus recyclé contre une bande-annonce original ou - oserions-nous le suggérer ? - des scènes coupées et des entretiens avec des membres de l'équipe (enfin, celles et ceux qui sont encore en vie). L'essai de monsieur Aknin, spécifique à La Maison qui tue, demeure plaisant et informatif même si ça tourne forcément un peu en rond, en particulier sur le sujet maintes fois débattu de la collaboration entre Christopher Lee et Peter Cushing.

Liste des bonus : Présentation de la Amicus par Laurent Aknin, Entretien avec Laurent Aknin.

 
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