KFC
Kfc - Vietnam - 2017
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « KFC »
Genre : Drame, Horreur
Réalisateur : Le Binh Giang
Musique : Inconnu
Image : 1.85 16/9
Son : Vietnamien DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 69 minutes
Distributeur : Spectrum Films
Date de sortie : 4 décembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Un groupe de meurtriers, de nécrophiles et de cannibales agissent autour de la chaîne de restauration rapide Kentucky Fried Chicken. Cette étrange absurdité lie ces histoires alors que nous suivons les travailleurs de la chaîne de restauration rapide qui ont été brutalement assassinés, mais également des meurtriers se vanter de mélanger Coke et Pepsi pour créer leur propre super boissons hybride.
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Authentique curiosité en provenance d'un Vietnam que l'on connait surtout pour son cinéma délicat et vaporeux, KFC s'enfonce jusqu'aux coudes dans la viande faisandée d'une société déshumanisée. Un monde cannibale qui rappelle fortement la grande époque des Catégories 3 hongkongais.

Une ère quelque peu révolue même si le marché du gore existe encore, et qui est curieusement la voie choisie par le tout jeune réalisateur Le Binh Giang qui après quelques courts métrages remarqués dans son pays d'origine, s'engouffre dans ce projet improbable de mêler frontalement un cinéma ouvertement scabreux et une approche d'auteur qui empêche la surenchère mécanique. Là où d'autres spectacles Grand Guignol comme les fameux Guinea Pig japonais reposent rapidement sur une simple accumulation de prouesses viandards, KFC est sans doute légèrement plus économe que ses homologues nippons ou chinois, mais pas moins puissant dans les faits... Et franchement tout aussi gerbant dans la froideur suintante de leur mise en scène. Scènes de viols nécrophiles et nécrophages, langues tranchées, visages brulés à vifs, membres arrachés... La violence est omniprésente dans cette chronique chaotique d'un groupe de jeunes délinquants que le spectateur voit grandir, passer de victimes touchantes à bourreaux infamants, dans un désordre décontenançant. Et une absence de morale rebutante.

 

zinger tower


Pas toujours très clair dans son écriture, frôlant les plans anecdotiques malgré la petite soixantaine de minute globale, Le Binh Giang ménage surtout une construction en forme de puzzle, entre flashbacks et séquences semblant totalement déconnectées, qui préservent finalement sa petite révélation finale entre humour grinçant et regard désespéré sur une folie contagieuse. Le metteur en scène a beau soutenir n'avoir initié aucun « message » politique dans son film, usant de l'enseigne de fastfood KFC (masquée dans le film mais un restaurant licencié a bel et bien servi de lieu de tournage) par pure ironie, il y a forcément quelque chose de foncièrement tragique dans la manière de décrire sèchement et sans détour la violence normalisée qui habite les rues de son pays. Deux gangs d'enfants qui s'y affrontent en plein jours à coups de machettes ne fait tiquer plus personne, tout autant à priori que les multiples disparitions qui entourent les fameux restaurants de poulet. Pas de représentant de l'ordre ici, ni de garde de fou d'une civilisation au bord de l'effondrement, chacun est livré à lui-même, embrassant progressivement sa sauvagerie et une malédiction familiale carnivore. Ce portrait glaçant de figures absolument monstrueuses, sordides, comme des excroissances malades d'une réalité réprimée, voilà qui rappelle avec une certaine modestie l'œuvre fondatrice de Tobe Hooper.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Budget plutôt modeste et capturé directement en numérique KFC se sent forcément à son aise sur support Bluray même si les légers effets de scintillement et la profondeur trop attendrie, reste inhérente à ce genre de projet. Heureusement là ou certains se contente d'une shakycam, Le Binh Giang travaille son image et sa photographie donnant ici quelques séquences sombres plutôt bien tenues. Le seul vrai souci donc restent ces sous-titres anglais incrustés sur le seul master existant et avec lequel Spectrum a dû composer au mieux.

 


Son :
La piste vietnamienne propose en DTS HD Master Audio 5.1 est parfaitement claire, franche et directe, mais laisse souvent la dynamique arrière de coté pour se concentrer sur les avants. Pas de grands effets d'ambiances, mais quelques jeux latéraux qui soulignent un hors champs parfois plus atroce encore que ce qui apparait plein cadre.

 


Interactivité :
Toujours limitée à 1000 exemplaires, l'édition de Spectrum est une jolie petite rareté qui glisse sur ses disques bluray et DVD deux petits suppléments. Si on est toujours pas fans des critiques façon « Youtube » de The Film Talker (mais il y a des amateurs), la courte rencontre avec le jeune réalisateur est là encore une bonne surprise. Plutôt franc, celui-ci évoque bien entendu la difficulté à produire ce type d'œuvre atypique et pas franchement grand public, mais aussi la réception internationale et en particulier le regard « politique » de la critique et des collègues européens.

Liste des bonus : Interview du réalisateur (8'), Critique par The Film Talker (10'), Bande-annonce.

 
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