ENFER MéCANIQUE
The Car - Etats-Unis - 1977
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Enfer mécanique  »
Genre : Horreur
Réalisateur : Elliot Silverstein
Musique : Leonard Rosenman
Image : 2.35 16/9
Son : Français & Anglais DTS-HD 2.0 Mono
Sous-titre : Français
Durée : 96 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 12 décembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Enfer mécanique  »
portoflio
LE PITCH
Une étrange voiture fonce à toute allure sur les routes poussiéreuses du désert de l’Utah, écrasant cyclistes, autostoppeurs et représentants de l’ordre. Une seule chose est certaine : Satan l’habite !
Partagez sur :
Fury Road

« Bon alors, c'est qui le plus fort entre un requin et une voiture ? » Cette question, vous ne vous l'étiez sans doute jamais posée. En 1977, des cadres de la Universal ont investi quelques millions de dollars pour tenter d'y répondre. Le résultat ressort ces jours-ci en haute-définition. Tremblez, pauvres piétons !

Si on n'y fait pas gaffe, le succès peut vous monter à la tête. Et vous rendre incroyablement crétin. C'est exactement ce qui se produit lorsque, à l'été 1975, Les Dents de la mer atomise le box-office et fait pleuvoir des billets verts sur Hollywood. Universal se demande très vite si le concept du film de Steven Spielberg ne pourrait pas se décliner sur la terre ferme, histoire de réduire les coûts de production et de maximiser les bénéfices. Deux téléfilms, diffusés en 1971 et en 1974, donnent du grain à moudre aux exécutifs du studio. Il s'agit, respectivement, de Duel (encore un méfait de Steven Spielberg) et du croquignolet Killdozer !. En lieu et place d'un camion ou d'un bulldozer possédé par des aliens (!), le duo de scénaristes Michael Butler et Dennis Shryack (L'Epreuve de Force de Clint Eastwood mais aussi, et surtout, Sale temps pour un flic, un de ces films où Chuck Norris met les pieds où il veut) pense à mettre en vedette une voiture, rendant ainsi la menace plus mobile, plus rapide. Leur premier jet a pour titre Wheels (parce que ça fait penser à Jaws) et sera révisé par un certain Lane Slate qui finit par le rebaptiser The Car. Le satanisme ayant le vent en poupe (L'Exorciste est passé par là), cette histoire de bolide meurtrier n'hésite pas à verser dans le fantastique pur et dur en se passant d'un conducteur derrière le volant. C'est le Diable en personne qui mène la danse et s'incarne dans la mécanique rutilante d'une Lincoln Continental customisée. La production s'offre même les services d'un conseiller technique pas comme les autres : le sataniste Anton LaVey (un croisement entre Alastair Crowley, Monsieur Propre et l'Empereur Ming).

 

nanar au diesel


Ne soyons pas mesquin, The Car aurait pu être un bon film. Une voiture peut faire peur (souvenez-vous de Christine). Mais entre les mains du réalisateur Elliot Silverstein, pourtant responsable d'aimables westerns tels que Cat Ballou et Un Homme Nommé Cheval, le résultat se vautre sans retenue dans le comique involontaire de luxe. Venez pour les frissons, restez pour les barres de rire !
Non seulement le scénario cumule les poncifs en faisant du zèle (le héros moustachu et ses petits anges blonds, l'alcoolique repenti, la copine mignonne et courageuse, le redneck violent qui bat sa femme, l'autostoppeur tête à claques) mais la direction d'acteurs est totalement à côté de la plaque. De la première à la dernière réplique, The Car sonne désespérément faux. C'en est presque surréaliste de voir des acteurs de la trempe de James Brolin, Ronny Cox ou Kathleen Lloyd jouer aussi mal, luttant de toutes leurs forces pour ne pas se liquéfier de honte. Et comme si ça ne suffisait pas, la mise en scène torpille le moindre espoir de crédibilité en s'appuyant sur des effets incroyablement cheap : accélération du défilement de l'image (résultat burlesque garanti !) pour donner de la vitesse au véhicule maléfique, montage maladroit, maquillages d'amateur, rétroprojection douteuse, apparition ultra Z du Malin dans les flammes d'une explosion, cascades improbables (ah ! cette série de tonneaux improvisés pour se débarrasser de la police et ce saut dans le vide final).

C'est pourtant à force de traquer le ridicule derrière le moindre photogramme de ce nanar en roue libre (elle était facile, celle-là ...) que l'on finit par s'y attacher. Et puis un film qui finit par donner le beau rôle à des amérindiens et qui lâche sa bagnole psychopathe sur une fanfare de bambins qui collectionnent les fausses-notes ne peut pas être totalement mauvais. Cerise sur le bis, The Car ose même un rebondissement sacrément culotté en fin de deuxième bobine. Génialement nul.

Alan Wilson






Partagez sur :
 

Image :
Nichée dans un cinémascope classieux, l'image de The Car est de grande qualité. Les arrière-plans sont parfaitement définis, la luminosité est éclatante et la colorimétrie est exemplaire. Les rares séquences nocturnes souffrent toutefois d'un fourmillement important.

 


Son :
Vous nous connaissez, nous ne sommes jamais les derniers à privilégier une version originale. Sur un plan purement technique, le mixage yankee est le plus réussi avec un rendu optimal du très bon score de Leonard Rosenman. Seulement voilà, si vous voulez savourer comme il se doit des charrettes de dialogues complétement débiles, le doublage français fera votre bonheur. Vous pouvez nous croire, c'est du caviar !

 


Interactivité :
Autant l'humour du critique fribourgeois Julien Comelli peut souvent paraître déplacé, autant il peut faire des merveilles sur un sujet aussi pittoresque que The Car. A la fois drôle et informatif, le documentaire réalisé par son complice Erwan Le Gac est un véritable petit bijou décalé qui va comme un gant au nanar culte d'Eliott Silverstein. Dommage que les nombreux suppléments (commentaires audio, entretiens rétrospectifs) du collector anglais signé Arrow n'ait pas été repris. Les fans, s'il y en a, risquent d'être déçus.

Liste des bonus : « Duel au soleil » : documentaire de Julien Comelli et Erwan le Gac / Bande-annonce originale / Bandes-annonces

 
Crédits - Publicité - Nous contacter
Copyright Frenetic Arts 2009-2019