GUY
France - 2018
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Image de « Guy »
Réalisateur : Alex Lutz
Image : 1.85 16/9
Son : Dolby Digital 5.1 et 2.0 / Audiodescription
Sous-titre : Français pour sourds et malentendants
Durée : 101 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 9 janvier 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Guy »
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LE PITCH
Gauthier, un jeune journaliste, apprend par sa mère qu'il serait le fils illégitime de Guy Jamet, un artiste de variété française ayant eu son heure de gloire entre les années 60 et 90. Celui-ci est justement en train de sortir un album de reprises et de faire une tournée. Gauthier décide de le suivre, caméra au poing, dans sa vie quotidienne et ses concerts de province, pour en faire un portrait documentaire.
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crépuscule des idoles

Un délit de sale gueule. Voilà ce qu'il s'est passé. On n'est pas fier, mais on l'avoue : on l'a vraiment pris pour un énième rejeton dégénéré de la comédie française, Alex Lutz. Mais il nous offre avec Guy, son deuxième film, une belle leçon de vie : il faut toujours juger un réalisateur sur pièce. Même quand il s'agit de la personne qui a créé Catherine et Liliane.

Son film, sur le modèle de l'illustre Spinal Tap de Rob Reiner est un faux documentaire. L'histoire de Gauthier, jeune journaliste qui apprend à la mort de sa mère qu'il est le fils d'un chanteur populaire des années 60 à 80, et qui décide de faire un documentaire sur lui. Ce chanteur c'est Guy. Guy Jamet. Mélange de Cloclo pour la blondeur et la voix nasillarde, de Frédéric François pour le style mielleux, et de Dutronc pour l'allure nonchalante. Mais Guy, c'est aussi et surtout un vieux Monsieur de 74 ans interprété avec génie par Alex Lutz, 40 ans. Sous un maquillage incroyable de crédibilité (signé Laetitia Quillery et Geoffroy Felley), il incarne la vieillesse mélancolique et arrogante du personnage avec une sensibilité et une justesse totale. Filmé en permanence à travers la caméra de Gauthier, le chanteur est de la quasi-totalité des plans. Le point de vue de la caméra a ça de particulier qu'il est subjectif, et qu'il se substitue donc à l'œil de ce dernier. Le regard de Guy est par conséquent en permanence en direction de l'objectif.

 

au revoir à Jamet


Ce dispositif crée une réelle intimité avec le spectateur, et permet à Alex Lutz de multiplier les niveaux de lecture. Il y a d'abord l'histoire du film : celle d'un enfant qui recherche désespérément un père. Il y a ensuite la réflexion de Lutz sur la célébrité, sa célébrité, et sur le regard qu'on posera (ou ne posera plus) sur lui quand il n'aura plus les faveurs du public. Et enfin, il y a le regard, les yeux dans les yeux, que pose Lutz sur son spectateur, et la façon dont ainsi il le prend à partie, le questionne, sur l'amour immodéré qu'il porte aux chansons d'un autre temps et sur cette nostalgie qui laisse croire qu'il fut un temps où la vie était plus douce, plus simple.
Avec tendresse, mais aussi avec une grande rigueur dans la mise en scène et une gestion impeccable du rythme, Alex Lutz semble nous dire qu'il faut dire adieu à cette époque. Tuer le père, et aller de l'avant. Réflexion qui culmine dans une des plus belles séquences du film : un montage alterné sur deux époques dans lequel Guy et son ex-femme visite un club de sport qui fut 40 ans auparavant leur boîte de nuit. La superposition de leur déambulation rigolarde avec les souvenirs festifs de leur jeunesse crée un effet de nostalgie saisissant, drôle et poignant à la fois. Et symbolise parfaitement le ton du film ainsi que la totale maîtrise narrative et formelle de Lutz.

Étonnamment, le film a connu en salle un accueil mitigé. Peut-être que le choix d'un personnage fictif a rebuté. Peut-être aussi qu'à peine quelque mois après la mort de Johnny, le public n'était pas prêt à dire adieu au souvenir fantasmé de la France éternelle, celle de la croissance, du bon vivre, et des chansons d'amour populaires.

François Willig




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Image :
Studiocanal n'a pas jugé bon d'éditer un blu-ray. Dommage... Néanmoins, le DVD est d'excellentes qualités. Le master image est net et précis, et la compression résiste, sans artefacts résiduels, au style caméra portée.

 


Son :
Le film étant tourné dans le style d'un documentaire, le son est assez peu spectaculaire. En revanche, tout est parfaitement clair et propre, et les mélodies de Guy Jamet vous entêteront des jours durant.

 


Interactivité :
Quatre (petites) teasers amusants mais sans grand intérêt, sauf d'offrir quelques extraits de séquences non inclues dans le film. Rien de plus. C'est dommage, l'incroyable maquillage de Guy et les choix de mise en scène de Lutz auraient mérité un making-of, ou au moins un commentaire audio...

Liste des bonus : 4 teasers : Guy à la radio - Guy et ses fans - Guy et Sophie - Guy et le webmaster

 
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