BLACKKKLANSMAN: J’AI INFILTRé LE KU KLUX KLAN
BlacKkKlansman - Etats-Unis - 2018
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Réalisateur : Spike Lee
Musique : Terence Blanchard
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais Dolby TrueHD Atmos et Dolby Digital 5.1, Français Dolby Digital Plus 7.1
Sous-titre : Français, Anglais, Arabe, Néerlandais…
Durée : 135 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 9 janvier 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « BlacKkKlansman: J’ai infiltré le Ku Klux Klan »
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LE PITCH
Au début des années 70, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, plusieurs émeutes raciales éclatent dans les grandes villes des États-Unis. Ron Stallworth devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department. Prenant son courage à deux mains, Stallworth va tenter de faire bouger les lignes et, peut-être, de laisser une trace dans l'histoire. Il se fixe alors une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan pour en dénoncer les exaction...
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inside man

Spike Lee a-t-il quelque chose de constructif à dire aujourd'hui ? Son discours est-il encore audible ? Les questions se posent à la vision de BlacKkKlansman, son 23ème film. Cinéaste contestataire et défenseur de la communauté afro-américaine, le réalisateur de Do The Right Thing manque clairement de carburant et d'arguments depuis plusieurs années, devenu réalisateur d'oeuvres efficaces mais sans réelles aspérités (Inside Man, le remake d'Old Boy).

Salué par la critique et le public, couronné d'un Grand prix au Festival de Cannes en 2018, BlacKkKlansman est tiré de l'histoire vraie du flic black Ron Stallworth, infiltré dans les rangs du Ku Klux Klan dans le Colorado à la fin des années 70. Un sujet finalement presque trop évident pour Spike Lee. Une évidence que le cinéaste contourne par un ton très particulier donné au film. Le récit policier d'infiltration est marqué par l'idée plutôt séduisante (bien que peu crédible) de "dédoubler" le personnage infiltré, Ron Stallworth se charge des échanges au téléphone tandis que son collègue juif Flip Zimmerman paye de sa personne en approchant physiquement les membres du KKK. Un exercice de funambule périlleux qui donne tout son sel au film en termes de suspense (le stratagème sera-t-il découvert par les membres du KKK, qui ne sont pas des enfants de coeur...). Un aspect qui contraste avec le décalage ouvertement caricatural et humoristique utilisé pour personnaliser les différents protagonistes, BlacKkKlansman ne fait pas dans la finesse pour décrire les membres du KKK, aux traits pour le moins grossiers, pour ne pas dire caricaturaux et très peu nuancés (ce sont des psychopathes et des décérébrés, dont les épouses sont un mélange des deux), tandis que la compagne militante de Ron Stallworth se révèle aussi bornée que les racistes qu'elle dénonce, les flics qui ne sont pas mieux lotis... BlacKkKlansman ne cesse de naviguer entre ton sérieux et farce. Ce qui n'est pas sans poser problème... D'autant que les ressorts scénaristiques remettent assez vite en cause la crédibilité de la situation, le film a continuellement le cul entre deux chaises, le film cherche sa place, et le spectateur aussi. D'où une distance qui éloigne toute implication émotionnelle.

 

spike lee n'en fait qu'à sa tête


C'est dommage, car Spike Lee y démontre une nouvelle fois ses dons indéniables de metteur en scène. Le film a une vraie gueule, entre reconstitution des 70's, hommage à la blacksploitation et à ses figures fondatrices (Coffy, Shaft, Black Dynamite...), le réalisateur tourne une poignée de séquences bien cool. Mais toute l'ambivalence du projet est résumée dans la scène du discours activiste du leader du mouvement Black Panther. Une scène très élégante visuellement et dans le même temps démesurément longue, qui possède en son sein l'aspect pompeux et irritant du discours pachydermique trop fortement appuyé par Spike Lee. Ce grand écart entre premier degré et décalage donne une patine assez bizarre à BlacKkKlansman. La dernière bobine fait monter un semblant de suspense et d'émotion, dans un montage alterné entre les discours haineux des membres du KKK et le récit poignant d'un aîné black, pour finalement déboucher sur un climax un peu mou du genou. Quant aux images réelles des exactions du KKK intégrées en conclusion, elles ne font que gonfler un peu plus la confusion générée par le ton du film durant plus de deux heures. Le discours de Spike Lee, qui renvoie bien évidemment en miroir à la politique actuelle de Trump, reste très empesé, l'ensemble est manichéen au possible. Engoncé dans une écriture pas toujours très convaincante, BlacKkKlansman marque néanmoins des points grâce à son casting dominé par John David Washington, fils de Denzel et le toujours impeccable Adam Driver.

Au final, dans son ambition de dénoncer tout en clignant de l'oeil au spectateur, BlacKkKlansman est divertissant, mais finalement plus anecdotique que réellement perturbant et marquant, car manquant de nuance. Ce qui, venant de l'auteur de Malcolm X, Summer of Sam ou La 25ème Heure, est forcément décevant.

Nicolas Mouchel








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Image :
Doté d'un grain prononcé, BlacKkKlansman multiplie les effets stylés 70's. Des couleurs et des contrastes marqués, des jeux de lumières qui le sont tout autant, et un rendu HD de toute beauté. Bourrée de détails, grâce à une profondeur de champ ouvrant des perspectives, d'une précision bluffante, l'image bénéficie en plus d'un piqué de très belle qualité. Techniquement, on tutoie le très haut niveau.

 


Son :
Les pistes sonores du disque de Universal affichent elles aussi une tenue XXL. Particulièrement dynamiques, avec notamment une puissance très marquée des musiques, les versions anglaise Dolby Atmos (7.1.4) et française Dolby Digital Plus 7.1 ne sont pas avares en effets, ce qui offre une immersion plutôt agréable, même si les dialogues auraient mérité une dynamique un poil plus élevée.

 


Interactivité :

Un module d'à peine 5 minutes, exclusivement centré sur Spike Lee, ça donne fort logiquement un concert de louanges à la gloire du cinéaste. Ca n'est guère intéressant, pour ne pas dire anecdotique. On se pose quand même la question de la réelle pertinence d'affubler aujourd'hui un Blu-ray d'un bonus de cet acabit...

Liste des bonus : Un film de Spike Lee (5').

 
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