THE SEEN AND UNSEEN
Sekala Niskala - Indonésie, Pays-Bas, Australie, Qatar - 2017
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Genre : Drame
Réalisateur : Kamila Andini
Musique : Yasuhiro Morinaga
Image : 2.35 16/9
Son : Indonésien DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 82 minutes
Distributeur : Spectrum Films
Date de sortie : 15 décembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Tantri et son frère jumeau Tantra vivent inséparables dans la campagne indonésienne. Mais un jour, Tantra tombe gravement malade. Pour faire face à ce drame et aux adieux inévitables, Tantri se réfugie dans son imaginaire. Et dans ses rêveries sous la lune, dans le visible et l’invisible, la fillette affronte la perte et le chagrin.
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La mort comme poème

Comment rendre un sujet aussi grave que la résignation de la mort d'un être cher sans que celui-ci soit rébarbatif ? C'est le pari que ce film Indonésien essaye de remporter en faisant du passage du monde des vivants à celui des morts une complainte poétique.

On va finir par croire que le cinéma Indonésien est une affaire de femmes. Après Marlina: la tueuse en quatre actes, œuvre féministe et viscérale de la réalisatrice Mouly Surya, c'est au tour de sa compatriote Kamila Andini d'arriver jusqu'à nos salons. Il s'agit bien ici de découverte. Tous plus bigarrées les unes que les autres, l'éditeur Spectrum Films en fait son cheval de bataille dans son exploration du cinéma asiatique. Plongeant le regard dans les us et coutumes de la vie indonésienne, la réalisatrice de The Seen and Unseen aborde un sujet sensible, tabou mais universel : la mort. La réalisatrice nous parle de l'appréhension de la séparation inévitable que va vivre une petite fille face à la mort imminente de son frère jumeau. Comment vivre cette séparation lorsque l'on est fusionnel ? Sans être racoleur ou larmoyant Kamila Andini confronte la dure réalité avec la poésie, comme dans un rêve ou un cauchemar quand aux limites du réveil nous ne savons plus très bien ou était la part du réel et du songe.

 

vivre n'est pas un deuil


Avec une intelligence rare, la jeune réalisatrice emmène le spectateur dans son spleen comme un témoin invisible. Sans avertissement, celui-ci doit laisser de côté toutes appréhensions et accepter dès les premières images ce rythme épuré où les séquences prennent le temps de s'installer comme pour l'acceptation d'un deuil. Dans la souffrance et l'abnégation. Nous vivons au rythme de cette petite fille qui refuse de laisser partir son frère. Elle l'imagine bien vivant, lui parle et joue avec lui ou plutôt avec son souvenir qui parait encore si réel. Le monde de l'adulte est bien peu présent, cette situation difficile ne se gère pas de la même manière lorsque l'on a 10 ans. Au plus le frère entre dans sa phase terminale au plus l'onirisme se veut présent, le scenario n'explique rien. Ainsi, lorsque la fille semble s'adresser à la lune sans mot dire, nous sommes transportés dans ses traditions d'inspiration ancestrale. Chaque moment de mysticisme se veut graphique comme un tableau de maître aux images aussi radieuses que compliquées car la séparation n'est pas que tristesse si c'est pour un monde meilleur, sans souffrance.

Bien que difficile d'accès The Seen and Unseen est moins hermétique qu'un film comme l'Oncle Bonmee du thaïlandais Apichatpong Weerasethakul (pas peu fier de l'avoir écrit sans faute) qui traitait de la même thématique ; pour peu que l'on s'autorise à embarquer dans ce voyage sans retour. Aussi exigeant que poétique, l'entrée n'est pas forcément du goût de tous car les souvenirs qu'elle dégage nous touche, nous parle comme une part de nous-mêmes.

Cédric Lemaire






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Image :
A film lyrique, image lyrique. Lumineuse ou colorée, les contrastes sont maitrisés et les couleurs vives. Elles offrent aux spectateurs des images immersives même si certains plans d'obscurité souffrent quelque peu de la basse luminosité marquant un tournage en numérique.

 


Son :

Tout en finesse, il restitue les bruits de la nature primordiale dans le film avec une vraie intensité. La balance entre la piste musicale et celle des dialogues offrent elle aussi un très bon équilibre.

 


Interactivité :
Le gros morceau est le court métrage Memoria qui parle des violences sexuelles réservées aux femmes par des militaires sur prêt d'un quart de siècle. Dommage que celui-ci ne soit qu'en VO sous-titré en anglais. Une interview croisée de la réalisatrice et de ses producteurs des débuts relate la réalisation du film. Enfin comme souvent chez Spectrum une critique du film de youtubers viennent compléter le programme.

Liste des bonus : Interview de la réalisatrice Kamila Andini et du producteur Ifa Isfansyah 6', Critique par Dirty Tommy et Critique masquée 8', « Memoria », court métrage de Kamila Andini 38'

 
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