WISHMASTER
Etats-Unis - 1997
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Wishmaster »
Genre : Horreur
Réalisateur : Robert Kurtzman
Musique : Harry Manfredini
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 90 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 22 janvier 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Wishmaster »
portoflio
LE PITCH
Une créature mythique, le Djinn, a été tirée accidentellement de son sommeil millénaire. Pour assouvir sa soif de pouvoir éternel, le Djinn doit convaincre une personne de faire trois vœux et seule la réalisation du troisième souhait lui permet d’acquérir les forces démoniaques nécessaires à l’accomplissement de ses maléfiques desseins. La jeune femme qui l’a éveillé et qui a étudié les légendes et les mythes liés aux anciennes civilisations sait que ses vœux pourraien...
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wish upon a jar

L'un des derniers vrais boogieman mémorable du cinéma d'horreur (avec le streum pervers de Jeepers Creepers), le Djinn est déjà un anachronisme en 1997 alors que tous les ados ne jurent que par le neo-slasher et l'écriture acide de Kevin Williamson. Bourré de défauts, mais d'autant de qualités, Wishmaster séduit aujourd'hui par ses airs de carte de visite pour le labo KNB.

Comme quelques films d'horreurs sortis à la fin des années 90 / début 2000 (un certains Dracula 2001 de très sinistre mémoire, entre autres), Wishmaster fut estampillé Wes Craven présente, créateur d'un certain Freddy Krueger qui venait de s'offrir un second souffle avec le succès monumental de Scream. Un producteur exécutif peu envahissant à priori, surtout là pour aider au final ses amis de KNB EFX Group, spécialistes des effets spéciaux et des maquillages cauchemardesques avec qui il avait collaboré sur Freddy sort de la nuit, Un Vampire à Brooklyn et Scream bien entendu. Ce sont certainement ces derniers qui sont les véritables géniteurs du film, petite production qui devra être produit et achevé en quelques mois à peine. Cela ne l'empéche par de déborder d'effets spéciaux en tous genres allant des maquillages plus ou moins dégueu, d'animatronics plus ou moins gores, de giclées sanglantes de bons crus et même de quelques tentatives numériques assez rares dans le genre horrifique en ce temps là. La bande dirigée par Greg Nicotero, Howard Berger et Robert Kurtzman n'a pas encore gagné son Oscar sur le premier Narnia, ni caracolé dans toutes les grosses productions américaines (de The Walking Dead à Men in Black en passant par Kill Bill) mais s'est largement installé dans l'esprit chaleureux des fans d'horreur et d'effets à sensations grâce à des prouesses comme Le Jour des mort-vivant de George A. Romeo ou Une nuit en enfer du duo Tarantino / Rodriguez.

 

ce rêve bleuuuu


Leur savoir-faire est une fois encore indéniable avec une succession imposante de transformations grotesques, de décès méchamment gores culminant clairement dans les deux pôles du film : l'introduction qui se déroule dans un palais des 1001 nuits transformé en décor infernal et un final dans une villa de collectionneur d'art où la encore la foule subit l'humour noir du Wishmaster. Squelette qui s'arrache tout seul de son propriétaire, transformation en reptile rampant, victimes emmurées vivantes, décapitation par des cordes de piano, excroissances diverses... Une bacchanale délirante admirablement gérée qui rappelle directement l'effervescence gore des années 80 (de la saga Freddy justement au définitif Society), tout comme d'ailleurs le croquemitaine nouveau, le Djinn, dont le design massif, la cruauté et l'humour noir n'ont rien à envié à ses prédécesseurs.

Un film hautement sympathique, grand incontournable des vidéoclubs, qui sait aussi caresser le fan dans le sens du poil en invoquant un défilé de guest largement mis en avant dans la promo avec un Robert Englund sans maquillage ni griffes, Ted Raimi qui se prend une caisse sur la tête, Tony Todd (Candyman) et Kane Hodder (Jason dans les Vendredi 13) en vigiles sacrifiés et même Angus Scrimm (Phantasm) en voix off. Est-ce que tout cela suffit à faire de Wishmaster un classique ? Bien sûr que non. Car il faut bien reconnaitre que la mise en scène d'un Robert Kurztman (The Rage, Deadly Impact) débutant et déjà bien occupé par les SFX n'a rien de vraiment mémorable, et surtout que le scénario signé par Peter Atkins qui enquille aujourd'hui les épisodes de Wishmaster et d'Hellraiser avec des résultats peu folichons, est d'une fainéantise considérable. Pour faire simple, il ne se passe à peu prêt rien au milieu du film, le script s'efforçant de faire durer artificiellement le tango entre le Djinn (Andrew Divoff, charismatique) et sa victime principale, Alexandra (Tammy Lauren, vite hystérique), à coup de chasse aux âmes et de cauchemars récurrents peu passionnants et peu logiques. 

Un petit film donc, mais qui préserve un charme certain, celui un peu désuet des boogiemen à l'ancienne, sadiques, rigolards et outrageusement graphiques, disparus depuis dans la morosité ambiante.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Autrefois exhibé sous la forme d'une VHS honnête et de deux DVD un peu moins fréquentables, Wishmaster se pâme aujourd'hui avec un tout nouveau transfert HD en 1080p. Classe. Surtout que le rendu global est plus que convaincant avec des photogrammes très propres qui, tout en préservant cette tonalité particulière des 90's (un peu rouge, un peu flou), réussit à imposer un piqué harmonieux et un léger grain présent mais pas envahissant. Le pari n'était cependant pas gagné surtout que les effets numériques d'époque empêchent souvent ce type de productions d'être restauré intégralement. Les plans concernés sont bien entendu moins solides, avec un soupçon de lissage pour faciliter la cohabitation, mais ne choquent pas outre mesure.

 


Son :

Les versions originale et française (moyenne) sont présentées dans des DTS HD Master Audio 5.1 tout à fait adéquate pour accompagner les effets horrifiques attendus mais aussi soutenir l'ambiance plus « magiques », avec une dynamique fluide, quelques ambiances appuyées et ce sans jamais sonner cheap. Efficace.

 


Interactivité :

Comme pour le récent Maximum Overdrive, ESC Distributions a passé un partenariat avec Voltron (filiale de Lionsgate Films) et directement récupéré autant le matériel technique que la très large interactivité. Quelques documents d'archive avec un Making of mais plutôt conséquent mais en basse déf, des images de tournages, mais aussi une belle sélection d'interviews qui alternent entre les acteurs principaux ou les guest, le scénariste, le directeur photo et bien entendu le duo réalisateur / producteur. Si on n'évite pas les petites redites et les accolades à distances, ces documents ne sont jamais lassant grâce à une certaine sincérité qui affleure, autant du coté de Atkins qui avoue ne pas avoir été convaincu par le sujet, d'un Kane Hodder lucide sur sa courte participation ou de la question récurrente de la participation de Wes Craven dans la production (ça en devient presque un gimmick). On y discute technique des SFX, soucis de lumières, restrictions budgétaires, tournage à l'efficacité et on y perçoit aisément cette énergie particulière des bonnes vieilles séries B à l'ancienne.
Comme a son habitude l'éditeur français ajoute son petit grain de seul avec un livret inédit de Marc Toullec et une présentation complète du film par un certain journaliste de Mad Movies.

Liste des bonus : Un livret de 16 pages intégré à l'étui, Commentaires audio avec le réalisateur Robert Kurtzman, Entretien avec Alexandre Poncet (18'), « Quand le génie sort de la lampe » : Entretien avec le réalisateur Robert Kurtzman et le coproducteur David Tripet (22'), « Les mots magiques » : Entretien avec le scénariste Peter Atkins (14'), « Le Djinn et Alexandra » : Entretien avec l'acteur Andrew Divoff et l'actrice Tammy Lauren (26'), « Capturer l'image » : Entretien avec le directeur de la photographie Jacques Haitkin (13'), « Liste de souhaits » : Entretien avec les acteurs Robert Englund, Kane Hodder et Ted Raimi (12'), Bandes-annonces.

 
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