SS-GB
Royaume-Uni - 2017
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Genre : Policier
Réalisateur : Philipp Kadelbach
Musique : Dan Jones
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 290 minutes
Distributeur : Koba Films
Date de sortie : 2 janvier 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Novembre 1941. Vainqueur de la Bataille d’Angleterre, l’Allemagne Nazi occupe la presque totalité du Royaume-Uni. Etoile montante de Scotland Yard, le détective Archer tente de rester neutre. Le meurtre d’un scientifique va l’amener à revoir ses allégeances…
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Saint-Georges et les Nazis

Sans doute piquée au vif par le succès (tout relatif) de l'adaptation du Maître du Haut-Château produite par Ridley Scott pour le compte d'Amazon Prime, la BBC dégaine un concurrent direct. S'appuyant sur un best-seller de Len Deighton, SS-GB nous refait donc le coup de la grande victoire nazi, véritable cauchemar d'Histoire alternative.

Avant de plonger au cœur de notre critique d'une série télévisée sympathique mais pas transcendante (zut, on a tué le suspense !), un petit point sur l'actualité qui secoue l'Europe contemporaine s'impose. C'est parti, lancez le jingle France Info . On ne va pas se mentir, l'Europe vit une crise politique et démocratique sans précédent. La Pologne, la Hongrie, l'Autriche et l'Italie sont aux mains d'immondes populistes réactionnaires, l'Allemagne voit ressurgir la tentation de l'Extrême Droite (12,6% des voix aux dernières législatives, ça colle les miquettes), la dynastie Le Pen se porte toujours aussi bien et la Grande-Bretagne est plus divisée que jamais alors que le Brexit approche à grands pas. Hors des frontières de notre beau continent, le Brésil a même élu un nostalgique de la dictature fasciste. Et on ne vous parle même pas de Trump et ses amitiés avec le Ku Klux Klan ou de Rodrigo Duterte, fervent partisan des escadrons de la mort pour enrayer la criminalité aux Philippines. En un mot comme en cent, ça pue.
Pourquoi cet inventaire de fin du monde, nous direz-vous ? Parce que le contexte dans lequel nous vivons fournit l'explication idéale à notre appétit pour des fictions toutes plus pessimistes les unes que les autres. Voyeur compulsif, l'être humain a toujours pris son pied à se payer un avant-goût des horreurs qui lui pendent au nez. Assister à la domination du Reich d'Adolf Hitler sur une Europe vaincue figure donc apparemment en bonne place sur le podium de nos fantasmes malsains.

 

five o'clock strudel


Sous la plume de Neal Purvis et Robert Wade, scénaristes de toutes les aventures de James Bond depuis Le Monde ne suffit pas en 1999, SS-GB peine parfois à choisir sa voie, entre la métaphore politique et le polar noir traditionnel. Dans les deux cas, les cinq épisodes de cette série aux atours prestigieux pêchent par un excès de timidité, laissant en friche un potentiel immense. La traque des juifs par les SS, le contrôle des médias ou même l'échiquier politique mondial ne sont traités que du bout des lèvres. Quant à l'aspect film noir, il manque singulièrement de piquant avec des enjeux trop vite éventés, une femme fatale inodore (Kate Bosworth, transparente) et une résolution qui perd de son intérêt à force de détours inutiles. A l'image de son héros, SS-GB est une œuvre qui refuse de s'engager et qui tire à la ligne au lieu d'aller à l'essentiel. Sam Riley a beau livrer une interprétation impeccable, le dilemme moral de l'inspecteur Archer (la neutralité ou la résistance ?) ne délivre pas l'effet escompté.

Pour nous sortir de la torpeur qui s'installe, la série possède heureusement une arme secrète : l'officier SS Oskar Huth, brillamment campé par l'allemand Lars Eidinger. Charismatique, implacable et ambiguë, ce personnage pourtant peu recommandable finirait presque par devenir attachant. Loin du cliché de l'officier nazi cruel et raide comme un piquet, Huth est un prédateur séduisant et faussement fanatisé. Qu'il dirige une autopsie dans la pénombre, qu'il se laisse aller à fendre le masque lorsque son mentor meurt dans ses bras ou qu'il savoure une bonne bouteille en attendant son destin, Eidinger domine chacune de ses scènes avec une force tranquille. L'acteur n'est pas un débutant mais il est la révélation de cette série et l'on rêve dès lors de le voir accéder à des rôles de premier plan. Petite suggestion pour Neal Purvis et Robert Wade : Lars Eidinger serait un adversaire formidable pour 007. On dit ça, on ne dit rien.

Alan Wilson








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Image :
Voilà un DVD qui n'a rien à envier à la haute-définition. La robustesse de la compréhension contourne les pièges des scènes en intérieur peu éclairées et noyées dans la fumée des cigarettes et les plans d'ensemble regorgent d'une myriade de détails et témoignent d'une direction artistique précise et soignée.

 


Son :
Les effets ne sont pas nombreux mais ils sont réussis. Entre un attentat à la bombe dans un cimetière rempli de partisans du Troisième Reich qui secoue le caisson de basse et la sensation d'intimité acoustique procuré par un vieux disque de blues que le héros savoure en se sifflant une bouteille de scotch, ce bon vieux 5.1 des familles tient bon la rampe face aux nouveaux formats sonores.

Liste des bonus : Bandes-annonces

 
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