ROLLERBALL
Etats-Unis - 1975
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Rollerball  »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Norman Jewison
Musique : Divers
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 125 minutes
Distributeur : L’Atelier d’Images
Date de sortie : 4 décembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
2018. Le monde appartient désormais aux corporations et vit au rythme d’un sport violent : le Rollerball. Jonathan E, star invaincue du jeu depuis dix ans, est approché par un des dirigeants du système qui lui demande, pour une obscure raison, de raccrocher.
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les rois du patin

Tandis que les gros éditeurs continuent de mépriser poliment leur fond de catalogue, les petites boîtes, elles, redoublent d'effort pour sortir à intervalles réguliers des films oubliés et/ou faisant l'objet d'un culte nourri par les souvenirs d'enfance de leurs fans. Et cette fois ci ce sont les Boulonnais de L'Atelier d'Images qui s'y collent, en proposant une madeleine SF qui présentait le monde d'aujourd'hui comme seules les seventies en étaient capables.

En matière de science-fiction, la décennie soixante dix fut effectivement déterminante pour l'avenir du genre. Tout y fut écrit, réalisé, tenté. Une grande majorité d'auteurs fut approchée et ils finirent à peu près tous par contribuer à la fièvre créatrice hollywoodienne, que ce soit sur petit ou grand écran. Ce fut le cas de William Harrison, auteur en 1974 d'une nouvelle intitulée Roller Ball Murder et qui, à peine un an plus tard, se retrouva sur les écrans de cinéma après qu'il en signa lui-même l'adaptation.
Comme beaucoup de films du genre à l'époque, Rollerball présente un futur dystopique. Mais son originalité vient du sport autour duquel s'articule son système de corporations qui livre quotidiennement au monde entier son championnat ultra violent. Une sorte d'opium du peuple qui prend la forme d'une joute sur patins et motos entre deux équipes qui doivent saisir une boule d'acier lancer à toute allure et la placer au fond de buts adverses sur une piste inclinée. Evidemment, tous les coups sont permis et plus la violence est présente plus la foule en délire y trouve son compte. Gants cloutés (bien avant Mad Max 2 qui sortira au début de la décennie suivante), motos rugissantes, casques (de foot US), ces jeux du cirque sont, sur le papier et l'écran, impressionnants et donnent l'occasion à James Caan de livrer une belle prestation virile et habitée. Malheureusement, il n'y a bien que les scènes de match pour empêcher le spectateur de piquer du nez.

 

les guerriers de l'ennui


Bien qu'elle soit, dans les faits, très éloignée du 2001 de Kubrick, il est difficile de ne pas rapprocher l'introduction de Rollerball de celle de son prestigieux aîné. Sur un plan fixe présentant « l'arène », à la manière du Ainsi Parlait Zarathustra de Strauss, la célèbre fugue en ré mineur de Bach retentit gravement. Il le reconnaîtra lui-même, Norman Jewison adorait le travail de Kubrick, et il n'est donc pas étonnant qu'il décide de confier la musique de son premier (et seul) film de SF au London Symphony Orchestra, qui pour l'occasion habille Rollerball de quelques grandes œuvres classiques. Une musique qui accompagne d'ailleurs le personnage principal durant ses longues séances d'introspection et sa quête de sens : pourquoi le Système lui a-t-il pris sa femme (Maud Adams, la James Bond girl de L'Homme au Pistolet d'Or)? Pourquoi un des patrons corporatistes (John Houseman, éternel Dr. Franklin de la femme et l'homme bioniques les plus célèbres de la TV US) veut-il se débarrasser de lui ? Tandis que Tchaikovsky et Shostakovich accompagnent les doutes du héros, les phases de match sont, elles, livrées sans aucun accompagnement musical, le rythme lancinant des patins sur la piste, le brouhaha de la foule, le ronflement des motos, les cris, la sueur, le sang... Un chaos clairement en opposition avec la société du dehors mais où la violence psychologique broie tout autant les âmes que les corps le sont dans l'arène.
Une ambivalence dans la mise en scène qui aurait pu être extrêmement efficace si elle avait servi la description et le développement de cette société dystopique dont finalement nous n'apprendrons jamais rien. Collé à son héros dans la moindre de ses scènes, Rollerball ne devient donc qu'une succession de moments calmes et froids, extrêmement longs et ennuyeux, et rythmés, par à-coups, par de longues scènes de match chaotiques mais très efficaces.

Une efficacité qu'on ne peut nier donc, comme celle concernant son gros problème de rythme, sa bonne demi-heure de trop et son manque flagrant d'exigence scénaristique. Mais malgré tous ses défauts, Rollerball reste et restera un classique. Pour ceux qui en doutent, il n'y a qu'à repenser à son influence sur la cultissime série Cobra de Buichi Terasawa pour les convaincre.

Laurent Valentin








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Image :
La restauration est classieuse, presque sans faille. Les blancs explosent à l'écran, les noirs sont profonds. A quelques rares plans près, où l'âge du film se rappelle à nos mémoires, c'est du très beau boulot.

 


Son :
C'est assez rare pour être souligné sur un film de cette époque, la piste proposée, aussi bien en vf qu'en vo, est en 5.1. Du coup, rien que l'introduction est convaincante : les notes graves de la pièce de Bach résonnent et emplissent la pièce, donnant l'occasion aux enceintes de s'exprimer. Mais c'est bien autour des scènes de match, bruyantes et chaotiques à souhait, que l'immersion est la plus totale, en donnant du grain à moudre aux satellites arrières. Comme pour l'image, de la belle ouvrage.

 


Interactivité :
Comme pour l'image et le son, le travail autour des bonus est conséquent mais proviennent de l'édition Arrow sortie en 2015. D'abord, une interview de James Caan (datant de 2014) nous replonge dans les souvenirs de l'acteur, dont ses trois mois d'entraînement pour réussir à tenir sur des patins puis enfin patiner presque aussi bien que les pros. Un entretien avec le cascadeur Craig R. Baxley revient lui sur la difficulté de répondre parfois aux exigences du Rollerball : patiner à vive allure sur une piste inclinée, parfois à l'arrière d'une motos, ne fut pas sans heurts. Mais l'homme revient surtout sur l'ambiance de tournage, où les cascadeurs, de trois nationalités différentes, étaient traités comme les acteurs, d'égal à égal. Un troisième documentaire revient sur le principal lieu de tournage du film, soit les bâtiments, à l'architecture il est vrai très futuriste à l'époque, de l'ancien village olympique de jeux de Munich qui eurent lieu deux ans auparavant. Vient ensuite un making of à la forme plus conventionnelle, qui donne principalement la parole à William Harrison et Norman Jewison qui reviennent pour l'occasion sur la genèse de la nouvelle et son portage sur grand écran. Suit un très vieux making of d'époque où le réalisateur revient, entre deux images de tournage, sur les parallèles entre les joueurs de rollerball et les gladiateurs romains. Et, enfin, des bandes annonces, deux spot TV d'époque et un commentaire audio de Norman Jewison. Conséquent et très souvent intéressant !

Liste des bonus : Un sport sanglant (10'59) ; Entretien avec Craig R. Baxley (17'33) ; La 4ème ville (18'55) ; Retour dans l'arène (25'05) ; Re Rome à Rollerball (7'56) ; bandes annonces ; spots TV (1'33) ; commentaire audio de Norman Jewison.

 
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