L'éTRANGE INCIDENT
The Ox-bow Incident - Etats-Unis - 1953
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Image de « L'étrange incident »
Genre : Western
Réalisateur : William A. Wellman
Musique : Cyril J. Mockridge
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais DTS HD Master Audio 1.0
Sous-titre : Français
Durée : 75 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 22 janvier 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L'étrange incident »
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LE PITCH
1885, Nevada. Un fermier de la région, aurait été assassiné, et son bétail volé. En l’absence du shérif, une troupe de cow-boys, organise une chasse à l’homme pour retrouver l’assassin. Un vieillard, un mexicain et un jeune homme sont accusés. Quelques citoyens s’élèvent contre cette arrestation aussi illégale qu’arbitraire…
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Nevada Burning

Cinéaste tantôt talentueux tantôt moins inspiré, William Wellman a, à l'instar d'un Henry Hathaway su creuser son trou au sein de l'establishment hollywoodien. Alternant des films de commande tournés au sein des studios et des films plus personnels, les premiers lui ont permis d'accéder à plus d'autonomie afin de se consacrer aux scénarios qui l'intéressaient.

Modifiant à peine le roman de Walter van Tilburg Clark dont le film tiré le film, Wellman avait sous la main une histoire qui n'attendait qu'à être mis en images. S'acquittant de quelques films de commande pour la Fox, Zanuck, qui comme le disait Samuel Fuller ne faisait pas des films que pour l'argent, lui laissa carte blanche pour illustrer cette histoire de lynchage. Presque une tradition américaine faisant office de fête foraine dans les régions de tradition sudiste (ici le Nevada), ces vendettas souvent basées sur des rumeurs se rependaient comme une trainée de poudre. Souvent gratuites elles faisaient l'amusement des villages où les gens se morfondaient dans leur train-train quotidien. De là à dire que les partisans du Ku Klux Klan adeptes de ces méthodes s'ennuient dans leur bêtise il n'y a qu'un pas que nous franchirons aisément. C'est sur cette base que le cinéaste s'exprimera via ses personnages en débattant de la légitimité de la chose. A la tête de son casting nous retrouvons un Henry Fonda en plein doute, sorte de prémice à son rôle de juré qu'il tiendra dans 12 hommes en colère quelque quinze années plus tard.

 

seul contre tous


Plus spectateur qu'intervenant, Fonda pourrait tenir le rôle de narrateur dans ses confrontations verbales entre le vénal major (Frank Conroy) qui se passerait volontiers de preuves et son détracteur (Harry Morgan) avide de justice et de procès équitable.
Wellman tord les codes du genre, fuit les conventions pour démystifier le cow-boy tel que les spectateurs les iconisent. Ici le héros n'est pas particulièrement viril et ne part pas sur fond de soleil couchant avec sa belle. Non, sa dulcinée est partie avec un autre et l'amour, il le retrouve au fond de la bouteille. Le film est moderne jusque dans ses répliques qui manient l'ironie. Pas étonnant que le film ne fut pas un succès à sa sortie ! D'autant plus que l'on prônait l'effort de guerre et les vaillants G.I. US. Wellman va droit au but, il dégraisse son film de toutes séquences qui alourdiraient son sujet ; 75 mn lui suffisent pour mener à bien son pamphlet. Et même si l'aigreur et le pessimisme ont l'air d'avoir gagné la partie, la rédemption est toujours possible. Dans une lettre posthume, un personnage pardonne à ses agresseurs « car ils ne savent pas ce qu'ils font ». Parole christique de Jésus sur la croix condamné entre deux brigands comme le personnage innocent du film pendu entre deux malfaiteurs.

Film de maturité américaine à l'aube des grands questionnements des questions morales que la Seconde Guerre Mondiale allait irrémédiablement faire ressortir, Wellman profite du western pour filmer une époque désabusée (comme Eastwood qui revendiqua ce film pour l'atmosphère de son Impitoyable). Cinéaste réaliste, son film fait encore écho aujourd'hui où les fake news sont les rumeurs d'antan et où les medias sous couvert d'actualité s'emballent dans des lynchages médiatiques. Comme le film, le sujet fait encore débat.

Cédric Lemaire




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Image :
Un transfert qui retrouve la magie de la pellicule en 35mm avec lequel le film fut tourné. Des contrastes tout en finesse avec une définition impeccable. Les jeux d'ombres profitent au noir et blanc initié par la photo d'Arthur Miller jusque dans les détails des décors de studio.

 


Son :
Respectant le mono d'origine, la piste son de L'étrange incident ne fait pas là non plus son âge. Equilibré avec une grande délicatesse nous pouvons apprécier les abondantes joutes verbales du film sans que celles-ci ne soient parasitées par un souffle arrière.

 


Interactivité :
Comme à son habitude, ESC sait soigner ses éditions en termes de contenus. Plus longs que le film lui-même ils se complètent sans être redondants. De l'origine du lynchage à des entretiens croisés qui analysent le film, les bonus sont plus qu'intéressants. Et si je vous dis que le gros morceau est destiné à Frederic Albert Levy (le fameux FAL de feu Starfix) qui une heure durant revient sur la carrière de Wellman, vous avez une raison supplémentaire de vous ruer sur ce film.

Liste des bonus : Entretien croisé avec François Bégaudeau et Fréderic Mercier autour du film 34', Posse Comitatus 7', La ballade des pendus 60'

 
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