MANHUNT
Zhui bu - 追捕 - Hong-Kong / Chine - 2017
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Manhunt »
Genre : Action, Policier
Réalisateur : John Woo
Musique : Tarô Iwashiro
Image : 2.35 16/9
Son : Mandarin / Japonais et Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 109 minutes
Distributeur : HK Vidéo
Date de sortie : 30 janvier 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Manhunt »
portoflio
LE PITCH
L’avocat d’une puissante firme pharmaceutique est accusé d’une crime qu’il n’a pas commis. A-t-il été piégé par ses employeurs voulant cacher le développement d’une molecule démultipliant les capacités physiques ? Il doit prendre la fuite espérant trouver les coupables. Un policier borderline se lance à sa poursuite. Une chasse à l’homme de grande envergure est lancée entre fracas de tôle et tonnerre des armes à feu.
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Where is woo ?

Attendu avec fébrilité jusqu'à l'effondrement collectif d'une critique médusée lors de sa première projection à Venise en 2017, le grand retour de John Woo au cinéma d'action était depuis auréolé d'une réputation calamiteuse. Diffusé uniquement sur Netflix aux USA et passant directement par la case Home Cinema en France, Manhunt est-il vraiment la catastrophe annoncée ? .... Oh que oui !

Citer le nom de John Woo c'est immédiatement raviver la mémoire de l'âge d'or du cinéma hongkongais et une réinvention colossale des codes du polar et du film d'action. Une poignée de films qui ont totalement changé le visage du genre, du Syndicat du crime au mythique The Killer, et en particulier l'industrie américaine qui en plus d'y piocher ouvertement (que serait Matrix sans John Woo ?) a même fini par inviter le bonhomme en personne qui après le terminal A Toute épreuve offrait dans Volte-face un film somme brillant. C'était il y a vingt ans. Depuis sa carrière a repris sa courbe oscillante, passant d'ambitieuses fresques historiques, Windtalkers et Les Trois royaumes, a quelques commandes plus anonymes, mais laissant toujours l'espoir aux nostalgiques qu'il revienne un jour au polar hard boiled et stylé. Il faut parfois se méfier de ses aspirations. Car oui, dans Manhunt, remake d'un film japonais datant de 1976, il renoue frontalement avec sa marque, sa griffe comme dirait l'autre, invoquant ses fameux ralentis, ses vols de colombes qui obstruent la caméra (et ici sauve même d'une mort certaine...), ses contre-plongées iconiques qui célèbrent l'héroïsme romantique et bien entendu ses gunfights endiablés, un gun dans chaque main ou un fusil à pompe à bout de bras pour accélérer le rythme. Pas de Chow Yun Fat ou d'imperméable qui vole à l'horizon, mais tout est la.

 

Balles à blanc


Jusqu'à l'excès, l'overdose. Excessive, lourde, la caméra de John Woo a bien du mal à retrouver l'élégance d'autrefois, préférant reprendre des tics de style que d'autres lui ont largement pompés, plongeant rapidement dans une forme d'auto parodie dont on peine à savoir si le premier ou le second degré est de mise. Une poursuite à pied qui s'achève sur l'eau comme dans The Killer, un assaut massif sur une demeure isolé comme dans Le Syndicat du crime 2, un univers pseudo réaliste qui s'échappe vers le comic book et même la science-fiction dans la dernière demi-heure (Volte-Face, Paycheck)... Des morceaux de bravoure déjà vu, en plus efficace, en plus fluide (le montage est assez catastrophique), en plus inspiré, en beaucoup moins ringard. On ne pourra pas beaucoup plus défendre un scénario aussi prévisible qu'abracadabrantesque, se noyant le plus souvent dans une dramatisation niaiseuse célébrant une amitié virile entre deux hommes que tout oppose (encore !), mais avec des dialogues qui sonnent constamment faux, un humour qui trébuche et des poses risibles. John Woo s'auto-cite, s'auto-dévore, tente maladroitement d'installer deux figures de tueuses féminines clairement en trop dans le tableau, et doit qui plus est composer avec un casting pan-asiatique globalement à coté de la plaque. On ne parle pas ici forcément des scènes dialoguées en anglais (ça n'a jamais été leur fort), mais tout simplement de personnages absents, vides, que Zhang Hanyu et Masaharu Fukuyama en tête, abordent comme des héros d'une production télévisée, avec cette petite subtilité des Experts Miami que l'on aime tant. Avec Chasse à l'homme ou Mission Impossible 2 dans son palmarès, John Woo n'est plus forcément à un accident industriel près, mais Manhunt place tout de même la barre assez haute.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Capturé avec quelqu'unes des dernières caméras numériques (Red Epic Dragon & co.) et enregistré dans un monstrueux 6K transféré en 2K, Manhunt a le coffre pour s'exposer en UHD ou sur un Bluray méchamment performant. C'est le cas ici. Si la photographie de base, trop lumineuse, trop standard, empêche vraiment de marquer le métrage d'une emprunte visuelle notable (argh trop de couleurs, ça brule), le disque d'HK Video n'en reste pas moins imparable, exploitant un piqué ultra précis et marqué, des contrastes ciselés et une compression de haute voltige.

 


Son :

Là encore, si on doit faire abstraction d'une bande originale datée et de dialogues platement échangés en mandarin, japonais et anglais (ou changlais et japanglais), la piste DTS HD Master Audio 5.1 de la version originale n'en reste pas moins très généreuse, dynamique et précise dans sa restitution. Ce n'est pas un modèle de délicatesse, mais ça fait le job

 


Interactivité :
Peut-être aurait-il fallu une intervention du metteur en scène en personne pour tenter d'expliciter l'accident Manhunt ? Mais c'est sans doute un peu trop tôt pour que ce dernier puisse réaliser l'envergure de son échec. Seul supplément disponible donc, le petit making of promo attendu avec les interventions d'un casting honoré de participer à un film du maitre et un réalisateur qui nous annonce fièrement un retour aux sources. Pour le retour aux sources, on pense surtout à Une Balle dans la tête...

Liste des bonus : Making of (10'), Bandes-annonces

 
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