LA NONNE
The Nun - Etats-Unis - 2018
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Genre : Horreur
Réalisateur : Corin Hardy
Musique : Abel Korzeniowski
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby Atmos True HD et DTS HD Master Audio 5.1 anglais, français, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, français, espagnol, allemand…
Durée : 96 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 23 janvier 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Nonne »
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LE PITCH
Quand on apprend le suicide d’une jeune nonne dans une abbaye roumaine, la stupéfaction est totale dans l’Église catholique. Le Vatican missionne aussitôt un prêtre au passé trouble et une novice pour mener l’enquête. Risquant leur vie, les deux ecclésiastiques doivent affronter une force maléfique qui bouscule leur foi et menace de détruire leur âme. Bientôt, l’abbaye est en proie à une lutte sans merci entre les vivants et les damnés…
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L'habit ne fait pas la moine

The Conjuring continue de faire des petits et use une nouvelle fois d'une courte séquence, évocatrice, pour donner naissance à un nouveau film d'horreur reposant sur un démon au look plutôt marquant : La Nonne. Un chapitre qui, heureusement, détonne un peu dans la franchise toujours aussi lucrative de James Wan.

Ce dernier s'appuyait en effet sur la vague d'horreur surnaturelle et psychologique américaine des années 70/80 lorsqu'il proposa le premier, et diablement efficace, The Conjuring, revisitation des dossiers Warren célèbres pour leur intervention à Amityville. Une note esthétique et dramatique qui resta présente pour la suite directe, The Conjuring 2, mais aussi pour les soporifiques Annabelle. Remarqué pour son précédent Le Sanctuaire, célébrant un sens du macabre plus british, Corin Hardy ne boude pas totalement le cahier des charges, mais s'efforce clairement de lui offrir une patine nettement plus gothique, en profitant du décor d'une abbaye isolée de l'Europe de l'est pour déclamer son amour aux productions de la Hammer et à ses débordements plus excessifs, plus Grand Guignol. De pauvres nonnes suicidées qui reviennent en zombies plus ou moins abimées, une exploration digne d'Indiana Jones dans une cryptes recouverte de toiles d'araignées, un exorciste enterré vivant, une croquemitaine en costume de religieuse qui hante des couloirs mal éclairés.... La mise en scène plutôt soignée oscille entre le suggéré de l'école anglaise (l'ouverture cite même Le Narcisse noir de Powell et Pressburger) et les débordements presque grotesques de l'école italienne.

 

une prière et au lit


Personne ne s'attendait sans doute à retrouver ici des effluves des séries B ritales de la belle époque, et même un sens de la décrépitude que n'aurait pas renié Lucio Fulci (Frayeurs) ou Michel Soavi (Le Sanctuaire). Un peu de gore bien malsain, une vraie mise en place sur les ambiances, quelques montées en puissance inattendue et du jump-scare enfin bien placé : Corin Hardy aime le cinéma d'horreur et cela se sent ! Tout comme les limites évidentes imposées par le scénario franchement paresseux de Gary Dauberman, déjà coupable des deux bidules avec la poupée, mêlant de lourdes ficelles pour raccrocher l'opus à la mythologie The Conjuring, tout en traitant les personnages comme de tristes archétypes (il y a même le beau gosse qui fait des blagues...), plaqués sur un canevas on ne peut plus mince. Pour faire un bon film d'horreur le scénario n'a pas besoin d'être un sommet de complexité mais au moins de maitriser sa propre logique interne, ce qui n'est clairement pas le cas ici modifiant constamment le cheminement de la créature principale et le sens de ses « attaques », là où une vraie confrontation des héros avec un détournement de leur foi aurait été pertinente. Mais manifestement la psychologie ce n'est pas le truc de Dauberman.

Conçu à la base comme un spin-off bassement mercantile et rédigé à la va-vite, La Nonne ne peut prétendre à autre chose qu'un scary movie pas déplaisant. Une entreprise clairement sauvée par le metteur en scène, dont on attend de futurs projets, espérons-le, plus personnels.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Tourné en numérique comme les précédents films de l'univers The Conjuring, La Nonne se place dans un contexte beaucoup moins contemporain avec une petite teneur gothique bienvenue. Les reflets numériques s'inscrivent pourtant parfaitement dans le tableau (en dehors de quelques panoramas aériens), tandis que la copie, proche de la perfection, impose une constante et impressionnante maitrise des contrastes et des noirs malgré une photographie volontairement désaturée.

 


Son :
Imposante, la piste anglaise se décline en deux versions. D'un coté un DTS HD Master Audio 5.1 habile, tendu et enveloppant, de l'autre un Dolby Atmos plus sadique et dynamique encore, venant apporter une fluidité crispante aux moindres effusions surnaturelles. Une condition sine qua non à la réussite d'un spectacle de ce type qui va ravir les amateurs de sensations fortes.

 


Interactivité :
Trop légère, la section bonus du disque fait un peu pauvre et surtout bien trop promo. Une petite sélection de scènes coupées peu intéressantes ouvre le bal. L'occasion de se rendre compte que certaines réflexions trop « catho » ont été écartées. Puis ce sont les featurettes d'usage qui viennent faire visiter les lieux de tournage, observer la mise en place de quelques FX ou célébrer la naissance d'un nouveau monstre « iconique ». Comme souvent les propos sont trop enthousiastes pour convaincre.

Liste des bonus : Nouvelle icône des films d'horreur (5'), Une planète macabre (6'), La chronologie de Conjuring (4'), Scènes coupées (12'), Bande annonce.

 
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