LA VEUVE NOIRE
Black Widow - Etats-Unis - 1987
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Veuve Noire »
Genre : Policier
Musique : Michael Small
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français Dolby Digital 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 101 minutes
Distributeur : BQHL
Date de sortie : 29 janvier 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Veuve Noire »
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LE PITCH
En quelques mois, un industriel new-yorkais, un fabricant de jouets et un anthropologue réputé meurent de façon prématurée. Des hommes riches qui ont fait de leur jeune épouse leur seule héritière. Aucun lien apparent entre les décès, rien d’officiellement suspect. Sceptique de nature, l’agent Alexandra Barnes du FBI découvre cependant des incohérences et, plus troublant, se rend peu à peu à l’évidence que les trois veuves pourraient n’être qu’une seule et même personn...
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love Kills

Cinq ans avant le Basic Instinct de Paul Verhoeven, le plus modeste La Veuve noire se lançait déjà sur les traces d'une tueuse d'amants, dont les motivations restent définitivement obscures. Un neo film noir qui a connu son petit succès dans les années 80, porté par un casting aussi large que surprenant.

Autrefois artisan / auteur scrutant avec une belle efficacité l'Amérique des années 70, Bob Rafelson (Cinq pièces faciles, The King of Marvin Gardens) s'est finalement fait rattraper par le système dans la décennie suivante pour s'y diluer et y devenir un yes-man parmi d'autre. On retiendra tout de même un remake inutile mais efficace du Facteur sonne toujours deux fois, la grande aventure académique Aux Sources du Nil et La Veuve noir sex thriller avant l'heure, qui résonne de manière bien sage aujourd'hui. Pourtant on peine bien souvent à y reconnaitre une véritable identité dans une mise en scène assez impersonnelle, souvent passe-partout et surtout pas toujours adéquate pour évoquer ce chassé-croisé féminin. Les couleurs vives et surlignées des 80's réussissent parfois à faire illusion tout comme certains plans assez spectaculaires et rares d'Hawaï, mais Rafelson semble souvent passer à coté du potentiel sulfureux et trouble du scénario rédigé par le solide Ronald Bass (Rain Man). Si aujourd'hui la trame policière proprement dite parait extrêmement classique et son issue relativement prévisible, on retrouve l'intelligence de l'auteur dans des dialogues toujours justes, que ce soit dans ses petits élans de comédie ou dans son réalisme creusé, et surtout la mise en place de personnages concrets, existants, même lorsqu'ils n'apparaissent que quelques petites minutes à l'écran.

 

persona


C'est d'ailleurs le cas pour la grande majorité du cast masculin, aussi célèbre et talentueux que soient Terry O'Quinn (futur John Locke de Lost), James Hong (Lo-Pan dans Jack Burton...) hilarant en détective lamentable, touchant Nicol Williamson (le Merlin d'Excalibur), ou Dennis Hopper, impayable en beauf propriétaire richissime d'une entreprise de jouets. Les deux derniers sont des victimes parmi d'autres de Catherine (mais est-ce son nom ?), la veuve noire en question, femme caméléon qui s'approprie les apparences successives des fantasmes du mâle qui a réussi. S'ils sont tous riches, l'argent ne semble pas être la motivation profonde, mais plus un écho d'une difficulté pour celle incarnée par Theresa Russell (alors sex symbole privilégiant pourtant le cinéma d'auteur) d'arracher sa liberté sans perdre son identité en cours de route. Une tueuse pathétique, constamment fausse voir vide, dont le négatif direct, l'enquêtrice Alexandra (Debra Winger, bien plus instinctive) répond par un doute profond, une insécurité totale face à la séduction et une franchise sincère. Un double portrait particulièrement intéressant, questionnant bien entendu la place du sexe « faible » dans une culture la confortant souvent à la position de proie ou d'ornement à la réussite économique et sociale. Forcément le face à face attendu, autour de la séduction du français Paul (Sami Frey, inattendu dans une production américaine), ne tourne pas à l'affrontement mais à un effet miroir entre amitié, compréhension, complémentarit et qui ne se heurte qu'aux trajectoires qu'elles se sont imposées. La Veuve noire a parfois des petits airs de téléfilm de luxe, mais se révèle bien plus réfléchi que sa mise en scène ne le laisse entendre.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Invisible en France depuis des lustres, La Veuve Noire s'offre un retour gagnant avec le Bluray proposé par BQHL, cajolant une très belle copie restaurée. Les couleurs retrouvent de leur vivacité typique de la décennie, les contrastes répondent présents, les détails et le piqué tout autant, tout cela en préservant à la fois un grain de pellicule très marqué (mais toujours organique) et quelques rides des années (légère griffures, spots...) qui se marient franchement très bien avec le master 1080p.

 


Son :

Les stéréo d'origine ont été rafraichies et transférées dans des Dolby Digital 2.0 aussi classiques que sobres. Le rendu général est naturellement assez frontal, avec quelques petits effets de dynamique sur les avants, et séduit par son équilibre constant.

Liste des bonus : Aucun.

 
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