LA PROPHéTIE DE L’HORLOGE
The House with a Clock in its Walls - Etats-Unis - 2018
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Genre : Fantastique
Réalisateur : Eli Roth
Musique : Nathan Barr
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais Dolby Atmos True HD, Allemand 7.1 DTS-HD, Français et Russe DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Anglais, Français, Allemand, Russe...
Durée : 105 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 6 février 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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site officiel
LE PITCH
1955. Orphelin après la mort de ses parents dans un accident de voiture, le jeune Lewis Barnaveilt est envoyé vivre chez son oncle Jonathan, l’excentrique propriétaire d’un inquiétant manoir. Bientôt, Lewis soupçonne Jonathan d’être au centre d’un étrange complot avec sa voisine, la très maniérée Florence Zimmerman …
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Amblin fever

Que l'essai soit transformé ou pas, il est toujours intéressant de voir comment un sale gosse venue de l'horreur qui tâche et du cinéma bis peut s'y retrouver dans un divertissement familial, qui plus est chapeauté par Amblin. Si Joe Dante y a gagné ses galons de réalisateur culte avec Gremlins en 1984, quel est aujourd'hui le verdict pour Eli Roth et sa Prophétie de l'Horloge ?

Adapté du premier tome d'une série de romans écrits par John Bellairs, La Prophétie de l'Horloge semble coulé dans le moule de ces franchises fantastiques pour jeunes adolescents qui pullulent depuis le succès d'Harry Potter. Ce qui fait remonter le souvenir douloureux de quantités de films inodores dont le seul enjeu est de « teaser » l'opus suivant (Percy Jackson et The Maze Runner, on pense très fort à vous). Et il est vrai qu'avec la présence de Jack Black en tête d'affiche, on pense immédiatement à une autre franchise, guère plus fameuse : Goosebumps (plus connu chez nous sous sa traduction littérale : Chair de Poule). Bref, rien de très excitant. Quant à la présence d'Eli Roth derrière la caméra, elle laisse perplexe, le cinéaste œuvrant (à priori) en contradiction total avec une filmographie sulfureuse et mal élevée. Sans doute y a-t-il vu l'opportunité de rendre hommage à l'anthologie fantastique Once Upon A Midnight Scary animée par Vincent Price en 1979 et qui adaptait déjà le roman de John Bellairs dans un de ses segments. A moins qu'il ne s'agisse d'impôts à payer.

Disons-le tout de suite, si le résultat est plus qu'honorable, avec même une première moitié franchement réussie, il ne laisse pas non plus de doutes sur sa nature profonde. Soit une œuvre de commande sans autre ambition que de remplir une petite salle pour une sortie cinéma en famille, le type même de produit vers lequel les enfants se tournent lorsque le mastodonte Disney du moment affiche complet. Pour user d'une métaphore musicale, La Prophétie de l'Horloge est donc une authentique face B.

 

lord of illusions


Mais ce n'est pas parce qu'Eli Roth se retrouve à jouer les mercenaires pour l'emblématique compagnie de tonton Spielberg qu'il salope le travail ou qu'il s'exécute avec un quelconque cynisme. Au contraire, le réalisateur d'Hostel et de Green Inferno s'applique à cocher avec élégance toutes les cases d'une production Amblin : jeune héros ostracisé par ses camarades de classe, éléments fantastiques savamment introduits à l'issue d'un premier acte qui fait monter la pression, un soupçon d'horreur light, de l'humour bon enfant et, cerise sur le gâteau, un arc dramatique principal qui aboutit à la reconstruction de la cellule familiale. Il se permet également une poignée de clins d'œil à d'autres productions maison avec un cinéma qui diffuse « Space Men from Pluto » (qui faillit être le titre de Retour vers le Futur, en référence aux comics de SF dont McFly senior est si friand) et un vitrail animé et menaçant qui renvoie subtilement au Secret de la Pyramide.


Eli Roth ne se contente pas de jouer les élèves appliqués, il saisit aussi la moindre opportunité pour apposer sa marque sur un film certes consensuel mais loin d'être dénué de charme. En coulisses, il s'entoure de quelques fidèles : sa femme, la belle Lorenza Izzo, son compositeur fétiche Nathan Barr (qui rend un double hommage à Bernard Herrmann et Alan Silvestri) et le directeur photo de son précédent film, le remake de Death Wish. A l'écran, il se paie un savoureux caméo en savant fou soviétique, grand méchant d'un serial que dévore quotidiennement le personnage principal et s'attarde plus que de raison sur les jets de vomi d'une armée de citrouilles démoniaques ou sur le maquillage de zombie livide fièrement exhibé par un Kyle McLachlan ravi d'incarner un sorcier maléfique. Enfin, il apporte un peu de fond en faisant de Cate Blanchett une magicienne rescapée des camps de concentration et meurtrie par la perte de sa famille et ne manque pas d'épingler l'hypocrisie américaine à travers le personnage du jeune Tarby dont l'empathie à géométrie variable ne lui sert qu'à « acheter » sa popularité.


Si l'on passe l'éponge sur le numéro désormais routinier d'un Jack Black en roue libre et sur un final un peu laborieux, il y a là tout ce qui faut pour passer un bon moment. Ni plus, ni moins.

Alan Wilson








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Image :
Un transfert de première bourre qui passe sans un accroc des teintes les plus chaudes à des extérieurs nuits noyés dans des tons froids et des noirs profonds et qui permet de s'attarder sur une direction artistique incroyablement détaillée (l'armoire magique qui renferme le grimoire de nécromancie est une merveille). En revanche, pas de pitié pour les incrustations les plus douteuses ou les CGI mal finalisés (le griffon végétal géant est moche).

 


Son :
Plutôt discret durant la première heure, le mixage Dolby Atmos impose sa supériorité dès la résurrection dans un cimetière flippant du sorcier Isaac Izzard et multiplie les effets multidirectionnels certes classiques (éclairs, engrenages métalliques, grincements) mais indiscutablement efficaces.

 


Interactivité :

Conséquente sur le papier, elle s'avère terriblement décevante à l'arrivée. Conçues par un (très) jeune public, les innombrables featurettes dépassent rarement les trois minutes, rabâchent un discours lourdement promotionnel et se concentrent un peu trop sur les pitreries hors caméra du jeune acteur principal, visiblement hyperactif. Ce qui n'empêche pas de glaner quelques infos amusantes par ci par là (notamment sur les effets spéciaux, le plus souvent obtenus en direct sur le plateau). Il est permis de passer au plus vite sur les scènes coupées, écartées pour de bonnes raisons, et un bêtisier pas drôle. Ne reste plus que le commentaire audio complice et enthousiaste d'Eli Roth et Jack Black. Tout ça pour ça.

Liste des bonus : Commentaire audio d'Eli Roth et Jack Black / Ouverture et fin alternatives (avec ou sans commentaires audio) / Scènes coupées (avec ou sans commentaires audio) / Bêtisier / Sorciers et sorcières : Trouver Lewis, le Voyage magique de Jack, la fabuleuse Cate, le terrifiant Isaac Izard / La magie du cinéma : La maison hantée ultime, Attaque des automates, Gerbe de citrouille, Pièces mobiles, Bébé Jack / Tic-tac : donner vie au livre / Eli Roth, journal du réalisateur : Manoir Candler, Newnan, Géorgie, La chaise, Camarade Ivan, Ecole de New Zebedee, Journée couverte / Owen va en coulisses : Sur le tournage, Derrière la caméra, La grande interview, Pause sur le tournage / Trouver un thème musical / Connaissez-vous Jack Black ? / Abracadabra ! / La plus grande peur de Jack Black / Le puissant Wurlitzer

 
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