MUTAFUKAZ
France, Japon - 2017
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Mutafukaz »
Réalisateur : Run, Shojiro Nishimi
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0 français et anglais
Sous-titre : Français
Durée : 93 minutes
Distributeur : AB Vidéo
Date de sortie : 20 février 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Mutafukaz »
portoflio
LE PITCH
Angelino est un jeune loser parmi tant d’autres à Dark Meat City, une mégalopole sans pitié sous le soleil de Californie. La journée, il livre des pizzas dans tous les recoins de la ville et la nuit, il squatte une chambre d’hôtel minable avec son coloc Vinz et une armada de cafards qui font désormais un peu partie de sa famille. À la suite d’un accident de scooter lorsque son chemin a croisé par inadvertance la divine Luna, une fille aux cheveux noir de jais, notre jeune lascar co...
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God bless this mess

Enfin ! Après quasiment un an de tournée en festival, l'adaptation des 600 pages et 6 tomes (hors spin offs) de la BD Mutafukaz, est arrivée en salle. Sept ans se sont écoulés depuis la mise en chantier du film, 12 ans depuis la sortie du premier tome de la BD, 16 ans depuis le court-métrage Mutafukaz, Operation Blackhead qui lança toute l'aventure, mais Guillaume « Run » Renard, auteur de la BD et co-réalisateur du film est un acharné.

Un fou sûrement aussi. Car il faut l'être pour développer une histoire aussi dingue que celle d'Angelino, loser parmi les losers, vivant avec son pote Vinz dans l'appartement le plus pourri du quartier le plus pourri de Dark Meat City, sorte de Los Angeles hallucinée rongée par les gangs. Suite à un accident de scooter, Angelino est victime d'hallucinations (à tendances complotistes) et va développer des capacités physiques hors du commun. Ça tombe bien, ils semblent être traqués par des men in black pas commodes et des groupes paramilitaires surarmés.
Vous voyez du Invasion Los Angeles là-dedans ? Du Akira ? Ça tombe bien, c'est le but. Dans toutes ses composantes, Mutafukaz est une histoire d'hybridation. D'un point de vue stylistique d'abord. En choisissant l'excellent Studio 4°C (Animatrix, Amer Béton, notamment) pour superviser l'animation et Shôjirô Nishimi comme co-réalisateur, Run et son producteur Anthony Roux (de chez Ankama) ont réussi à marier le style ultra-référencé à la fois sombre, simple et dynamique de la BD, à la profusion d'un décor urbain malsain et déjanté proche d'Amer Béton (Nishimi-san en était le directeur artistique des décors, ça aide).
Par ailleurs, l'histoire elle-même nous raconte un croisement : Angelino se découvre mi-humain, mi-Macho (créatures composées de la matière noire de l'Univers, qui pénètrent l'esprit des humains et exploitent les ressources terrestres). Et il va passer une bonne partie du film à empêcher le Macho qui sommeille en lui prendre le contrôle de son corps.

 

Il en reste un peu, je vous le mets quand même ?


On sent en tout cas l'émulation qui a présidé à la fabrication du film. Run et Nishimi nous donnent tout. A commencer par des moments de bravoure hallucinants (les séquences de l'assaut de l'appartement et de la course poursuite urbaine) servis par l'excellente et agressive musique électro de The Toxic Avenger et Guillaume Houzé. L'embêtant quand on a trop d'idées, c'est qu'on est parfois victime de sa générosité. Si la multiplication des références (on y voit du Jin-Roh, du The Thing, des catcheurs mexicains, etc) est amenée avec beaucoup d'appétit et sans aucune condescendance, on sent que les coupes dans les 600 pages de la BD se sont faites, elles, dans la douleur. Toute la partie de l'histoire se déroulant à Dark Meat City et qui concentre l'exposition des enjeux est parfaitement menée : speed, drôle, d'une inventivité visuelle constante, et d'une vraie sincérité dans la façon dont elle explore l'amitié qui lie ces personnages. En revanche, la partie développant le grand complot de domination du monde par les Macho fonctionne beaucoup moins bien. La faute à un script qui perd son spectateur dans les méandres d'une intrigue trop touffue.


On ne lui en voudra évidemment pas de ne pas être à la hauteur de certains des monuments dont il s'inspire, Invasion Los Angeles, en premier lieu. Et surtout, on souhaite du succès à cette production si atypique dans le morne paysage du cinéma de genre français.

François Willig












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Image :
Sans accros ni pertes, Mutafukaz récupère son master numérique source pour un transfert idéal sur format Bluray. Couleurs rutilantes, décors ultra précis, contrastes marqués, profondeur soignée... Pas grande chose à redire si ce n'est que cette limpidité constante fait un peu trop ressortir la colorisation d'origine, parfois un peu indélicate dans ses noirs qui paquètent ou des aplats en dégradés visibles.

 


Son :
Amusant pour une fois de pouvoir découvrir le film avec son doublage international, en anglais donc, avec quelques voix bien péchues (Michael Chiklis de The Shield par exemple). Reste que la version française avec Orelsan & co est la version originale du métrage et cela se ressent dans les intentions. Dans tous les cas, tout le monde est disponible à la fois dans une stéréo sobre et claire et dans un DTS HD Master Audio 5.1 beaucoup plus dynamique, voir électrique dès que la BO s'emballe. Ca manque d'un chouia de folie dans le mixage, mais le résultat est efficace.

 


Interactivité :
Si les gros fans iront directement sur le site officiel d'Ankama pour dégoter l'édition collector vendue dans une boite de céréale avec une belle poignée de goodies inutiles, les autres devront se satisfaire des trois featurettes glissées sur le disque proprement dit. Pas inintéressantes et même souvent très pertinentes dans les échanges autour des échanges culturels entre l'auteur Français et l'équipe japonaise, elles restent tout de même assez succinctes par rapport à l'aventure du film, sa réception dans les festivals et sa longue recherche d'un distributeur / éditeur.

Liste des bonus : Rencontre avec le studio 4°C, Le Travail avec le Studio 4°C, Bande-annonce.

 
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