FIRST MAN
Etats-Unis - 2018
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Genre : Drame, Historique
Réalisateur : Damien Chazelle
Musique : Justin Hurwitz
Image : 2.35 16/9
Son : DTS-HD Master Audio 5.1 Anglais, Français, Italien…
Sous-titre : Anglais, Français, Espagnol, Portugais, Italien...
Durée : 141 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 18 février 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Etats-Unis, 1961. Alors que sa jeune enfant se bat contre une tumeur maligne, Neil Arsmtrong se présente comme candidat au programme spatial destiné à envoyer les tous premiers hommes sur la lune.
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Houston we have no problem

En seulement deux films (en fait trois mais le premier reste relativement inconnu) Damien Chazelle est devenu un véritable phénomène artistique. Délaissant pour un temps sa passion pour la musique (avant la mini série The Eddy, avec Tahar Rahim), le jeune réalisateur et scénariste américain se penche sur l'histoire du premier homme à avoir foulé le sol lunaire. Une quête qui semble loin de ses marottes habituelles, du moins en apparence.

Les films de conquête spatiale, ce n'est pas ça qui manque, à Hollywood. Du monumental 2001 à Interstellar en passant par Apollo 13, l'industrie s'est appropriée le potentiel du genre et livrée sur le sujet parmi les plus belles images de l'Histoire du cinéma. Sans parler de sa portée universelle, philosophique, et l'actualité brûlante qui la compose depuis maintenant plusieurs années, au rythme des avancées technologiques permettant d'aller et/ou de regarder de plus en plus loin vers l'espace. Frontière inconnue, comme disait l'autre. Pourtant, et aussi fou que cela puisse paraître, jamais l'histoire du premier homme à avoir marché sur la lune n'avait été adaptée à l'écran. Peut-être est ce parce que la mission Apollo 11 s'est finalement déroulée sans dommage (au contraire d'Apollo 13), que ses objectifs furent remplis et que les hommes la composant revinrent sur Terre là aussi sans problème. Pas très intéressant tout ça. A moins d'y trouver une autre clé d'entrée.

Cette clé, c'est Clint Eastwood qui la trouvera en 2003. Toujours friand de mettre en scène les héros de l'Amérique, le réalisateur acquiert les droits de la biographie de Neil Armstrong, signée James R. Hansen, un professeur d'histoire féru d'aéronautique. Dans son livre, Hansen raconte le premier pas de l'homme sur l'astre lunaire par le biais de l'histoire personnelle d'Armstrong, un drôle de personnage attiré par l'aviation dès son plus jeune âge et qui obtiendra son brevet de pilote bien avant son permis de conduire. Mais au-delà de ses évidents talents de pilote et de son ascension foudroyante au sein de l'a NASA, c'est un drame personnel, intime, qui finit d'intéresser les studios, plus de quinze plus tard.

 

la nostalgie de l'ange


Il y a fort à parier que l'histoire d'Armstrong et de son « pas de géant pour l'humanité » n'auraient probablement pas été adaptés à l'écran sans la mort prématurée de sa très jeune enfant, Karen, atteinte d'une tumeur maligne au cerveau qui finit par l'emporter en janvier 1962 alors même que son père candidatait pour piloter le premier avion à voler dans l'espace. Un prisme que Josh Singer (scénariste du Pentagon Papers de Spielberg) choisit dès le début de son histoire, et qui va marquer le point de départ d'une fuite en avant d'Armstrong, homme taciturne et taiseux (rôle parfait pour Ryan Gosling donc), dans sa conquête de la lune. Un parti pris probablement très éloigné de la réalité de l'histoire de l'homme (qui n'est plus là pour en parler car décédé en 2012) mais que Damien Chazelle va utiliser pour expliquer l'opiniâtreté d'Armstrong dans sa course à la lune. Une obstination qui rappelle évidemment celle des héros de Whiplash et de La La Land, prêts à tous les sacrifices pour arriver à leurs fins. Un sacrifice également familial, dans le cas d'Armstrong, qui demandera un soutien sans faille de la part de sa femme Janet (Claire Foy, héroïne de The Crown et dernière Lisbeth Salander en date). Leurs relations n'étant pas sans rappeler celles de Tom Hanks et Kathleen Quinlan dans le Apollo 13 de Ron Howard.

Avec ce deuil en toile fond, Chazelle construit donc un film paradoxalement très intimiste au vu de la portée planétaire, voire universelle, de la mission Apollo 11. Un choix déstabilisant et légèrement frustrant, notamment autour des collègues d'Armstrong, tous interprétés par des comédiens talentueux (Kyle Chandler, Jason Clarke, Ciaràn Hinds...) mais qui, du coup, n'y sont que très peu présents (hormis lors de scènes d'entraînement rappelant instantanément l'insurpassable L'Etoffe des Héros de Philip Kaufman).Quant aux émotions, elles sont à l'image d'Arsmtrong, étonnamment retenues, ne laissant au spectateur que peu de points d'accroche pour s'identifier et comprendre ce qui se cache sous la combinaison d'astronaute. Un choix délibéré qui trouve un écho dans une photo elle aussi glacée et le score de Justin Hurwitz, beau mais extrêmement discret.

Sans aller jusqu'à le taxer de mensonger, First Man n'est donc pas le film du premier pas de l'homme sur la lune, pas un nouveau film sur la conquête spatiale non plus et pas, mais alors pas du tout, un hymne à la gloire de l'Amérique. La guerre froide, la mission et même le fameux pas d'Armstrong n'y sont que des formes floutées par une focale mettant en avant le drame personnel d'un homme meurtri, qui se focalisa sur un objectif prenant ici tout son sens dans un ultime geste dont il est permis de douter de la véracité. Autant de reproches que l'on pourrait faire au film. Quoiqu'il en soit, la réponse est au dessus de nos têtes.

Laurent Valentin










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Image :
Un master magnifique qui rend justice à la belle photo de Linus Sandgren, entre tons glacés et couleurs passées et qui s'impose définitivement lors du climax et ses noirs d'une profondeur absolue.

 


Son :

Rarement un sujet aussi spectaculaire sur le papier aura demandé si peu aux enceintes ! L'atmosphère du film, reposant énormément sur les silences, est un modèle d'énergie contenue, la bande son et les notes du score de Justin Hurwitz n'habillant que très modestement (mais avec utilité) l'image. Il n'y a bien que lors de la scène d'intro, véritable chaos claustrophobique, que les enceintes seront mises à l'épreuve.

 


Interactivité :
D'abord deux scènes coupées, l'une revenant sur le lancement d'Apollo 8, l'autre sur un incendie qui détruisit entièrement la maison du couple Armstrong. Ensuite, six mini documentaires (oscillant entre deux et sept minutes) reviennent sur différents éléments du tournage et de la production. Dans l'un d'entre eux, on apprend de la bouche du réalisateur qu'il souhaitait faire ce film parce que l'histoire d'Armstrong n'avait jamais été racontée et dans un autre que le choix a été fait de la raconter entre la cuisine du couple et la lune. Dans un troisième, on assiste à la cascade de Ryan Gosling lors de la scène de l'accident du LEM tandis que « Tournage à la NASA » et « Entraînement d'astronautes » reviennent sur la chance qu'ont eu les comédiens (comme des gamins à l'écran!) d'entrer dans la célèbre agence spatiale pour nourrir leur rôle. Mais le documentaire le plus intéressant est celui montrant la technique utilisée pour coller au plus près de l'expérience de vol : aucun fond bleu durant le tournage mais un gigantesque écran LED incurvé devant lequel les comédiens jouaient, enfermés dans les répliques des différents appareils de vol suspendus face à lui. Enfin, un dernier doc revient sur Neil Armstrong lui-même en donnant la parole à son fils.
Un commentaire audio de Damien Chazelle, John Singer et Tom Cross (monteur) est aussi disponible. Même si la somme d'informations est là quant au film, on aurait peut être aimé un vrai documentaire (sur la durée) revenant sur la conquête spatiale en général ou lunaire en particulier (puisqu'elle semble plus que jamais d'actualité suite à l'alunissage des Chinois sur sa face cachée).

Liste des bonus : Scènes coupées (4'14) ; Direction la lune (3'40) ; Parés au décollage (3'39) ; Un petit pas pour l'homme... (4'31) ; La mission tourne mal (2'42) ; Comme si vous y étiez (7'09) ; Tournage à la NASA (3'11) ; Entraînement d'astronaute (4'02) ; commentaire audio.

 
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