UPGRADE
Etats-Unis - 2018
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Genre : Science-fiction
Réalisateur : Leigh Whannell
Musique : Jed Palmer
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS-HD Master Audio 5.1, Français & Italien DTS-HD Digital Surround 5.1
Sous-titre : Français, Anglais, Néerlandais, Italien
Durée : 100 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 13 février 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Le futur proche. Après la mort de sa femme lors d’une agression qui l’a laissé tétraplégique, Grey est un homme brisé, au bout du suicide. Un jeune prodige de l’informatique lui propose alors de lui greffer une puce qui pourrait lui rendre l’usage de ses membres…
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A.I. : Intelligence Agressive

La carrière de Leigh Whannell a toujours été celle d'un homme de l'ombre. Ami et collaborateur de James Wan, l'australien semblait d'ailleurs s'en contenter, écrivant des scripts à la chaîne, acceptant une poignée de seconds rôles et ne passant derrière la caméra que pour mettre en boîte le troisième volet de la saga Insidious. Rien qui ne laissaient vraiment présager de la réussite éclatante d'Upgrade, série B hargneuse et résurgence jouissive de l'esprit cyberpunk.

En première lecture, le pitch d'Upgrade opère une synthèse improbable entre l'homme bionique de L'Homme qui valait trois milliards et le vigilante amateur d'Un Justicier dans la ville. Ce qui nous donne d'ailleurs ce bref moment où le héros interprété par Logan Marshall-Green (le sosie officieux de Tom Hardy) combine sauts périlleux arrières inhumains et vengeance sanglante. De toute évidence, Leigh Whannell est à la fois un fan de Steve Austin et de Paul Kersey ! Des références pour initiés auxquelles le réalisateur a toutefois le bon sens de ne pas se limiter, ouvrant sa fiction vers des horizons autrement plus stimulants. Avec son scénario linéaire et percutant et pourvu d'un de ces twists impitoyable qui vous retournent comme un crêpe à dix minutes du générique de fin, Upgrade se rapproche davantage d'un épisode de La Quatrième Dimension (ou de Black Mirror, pour la génération Netflix) et dresse le constat glaçant d'une société 2.0 glissant dangereusement vers un transhumanisme incontrôlable. Whannell illustre par l'image cet adage qui voudrait que les objets que nous possédons finissent par nous posséder à leur tour.

 

un justicier connecté


Pour autant, le constat alarmiste posé par Upgrade n'a rien de binaire, contrairement à STEM, l'intelligence artificielle qui « pilote » le héros dans sa quête de justice. Comme James Cameron avant lui, Leigh Whannell ne stigmatise pas la technologie mais seulement l'usage que l'on en fait et les latitudes qu'on lui offre. Lorsque Grey autorise STEM à « prendre la main » pour dézinguer du loubard, c'est un véritable pacte faustien qui se présente à lui. Un pacte qu'il entérine une seconde fois en levant les restrictions de STEM afin de pouvoir marcher et survivre à une attaque qu'il a lui-même provoqué. Qu'il détourne lâchement le regard pendant que son corps charcute et torture une armoire à glace ou qu'il se montre prétentieux en vannant ses adversaires, Grey n'est pas tout à fait blanc comme neige et le piège qui se referme sur lui profite autant de sa méfiance des nouvelles technologies que de son ignorance à leur égard.
Outre James Cameron, Leigh Whannell convoque également le spectre de la nouvelle chair de David Cronenberg en rendant un double hommage à Videodrome et (plus surprenant) à eXistenZ. Au premier, il emprunte ces armes greffées à même le corps d'une bande d'assassins ainsi qu'une poignée d'explosions gores furieusement organiques. Au second, il reprend sa réflexion sur la réalité virtuelle, le lien entre l'esprit et le corps et un goût prononcé pour des patronymes étranges (Eron, Fisk, Serk).

Maîtrisant sa mise en scène de bout en bout (petit budget oblige, des mouvements d'appareils mûrement réfléchis remplace le déluge de SFX habituel), Leigh Whannell créé la surprise en ne se laissant jamais bouffer par ses influences prestigieuses et en menant à bon port un thriller redoutable qui, c'est suffisamment rare pour le signaler, se suffit à lui-même.

Alan Wilson








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Image :
Sans être vraiment décevante, la copie affiche pourtant une définition en retrait sur un paquet de scènes avec un léger voile et des noirs qui manquent de profondeur. Rien de grave ni même de rédhibitoire mais pour un film datant de l'année dernière et avec une direction artistique aussi épurée, c'est assez surprenant. Le rendu des couleurs (notamment les rouges) est nettement plus satisfaisant.

 


Son :
Plutôt que les effets sonores ou le score (très anonyme) de Jed Palmer, le mixage met l'accent sur la spatialisation des voix et leurs textures. Du générique d'ouverture où une lointaine cousine de l'application SIRI lit à haute voix le nom des compagnies de production jusqu'aux multiples interventions de STEM, le rendu est remarquable, précis et même troublant lorsque des remarques posées viennent s'insérer entre deux effets sanglants ou que la voix du héros subisse une mue progressive vers un rendu plus froid et métallique.

Liste des bonus : Aucun.

 
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