L’îLE MYSTéRIEUSE
Mysterious Island - Royaume Uni / Etats-Unis - 1961
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « L’île mystérieuse »
Réalisateur : Cy Endfield
Musique : Bernard Herrmann
Image : 1.66 16/9
Son : Anglais DTS-HD Master Audio 5.1 et Français DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 101 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 18 février 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L’île mystérieuse »
portoflio
LE PITCH
La guerre de Sécession. Durant le siège du fort où ils sont retenus prisonniers, un groupe de soldats de l’union s’échappe en ballon et finit par atterrir sur une île aux confins du monde, où les attend d’incroyables aventures.
Partagez sur :
le choc des titans

S'il y a un éditeur français qui a l'amour du grand cinéma chevillé au corps, c'est bien Sidonis Calysta, qui au fil des mois enrichi généreusement son catalogue de nouveaux titres tantôt rarissimes tantôt cultissimes. Cette fois ci, l'éditeur parisien s'attèle à un monument du cinéma fantastique : Ray Harryhausen, en proposant pas moins de cinq des plus grands films sur lesquels ce génie précurseur ait officié. Avant la trilogie Sinbad prévue pour le mois de mars, voici L'île Fantastique, où la rencontre inévitable entre le pape du stop motion et Jules Verne.

Si le nom d'Harryhausen sonne comme une évidence lorsqu'il est question de stop motion, celui de Charles H. Schneer, producteur de son état, l'est nettement moins. Pourtant, sans ce dernier, la carrière et surtout le génie d'Harryhausen n'auraient probablement jamais eu l'occasion de s'exprimer aussi efficacement. Pendant 25 ans, soit de 1955 à 1980, les deux hommes collaborèrent, non sans heurts, l'un produisant avec l'énergie d'un visionnaire, l'autre mettant son talent artistique tout entier au service d'un cinéma convoquant aventures et imaginaires fantastiques. Une incroyable ouverture d'esprit et une soif de création totalement inédite à l'époque pour deux purs enfants de l'Amérique, qui les obligèrent à s'expatrier sur Londres dès 1960. Les deux hommes y signèrent alors parmi les plus grands films du genre, puisant leur inspiration dans les mythes et légendes antiques mais aussi la littérature, qu'elle soit d'origine orientale ou occidentale. Et quel autre univers que celui de Jules Verne pour mettre leur talent à l'épreuve ?

 

au pays des géants


Dès 1902, devant la caméra de Georges Méliès, le cinéma s'appropriait déjà le potentiel narratif et spectaculaire de l'oeuvre de l'écrivain français. Une attirance due aussi à un alignement d'étoiles qui prenait sa source dans la révolution industrielle en marche à l'époque de ses écrits : voyage en ballon, sous les mers, sous la terre, sur la lune... tout semblait possible et le sera. Y compris à l'écran. Et dans la foultitude d'aventures inventées par Verne, L'Ile Mystérieuse ne déroge pas au style et aux thèmes chers de l'écrivain : l'homme face à une nature indomptable qu'il veut maîtriser par tous les moyens. Verne s'inspire du célèbre roman de Daniel Defoe (sorti plus de cent ans auparavant!) et y ajoute son univers, à base de mystères et de personnages hauts en couleur dont le fameux capitaine Nemo et son non moins célèbre Nautilus. Une base pleine de promesse pour un film d'aventures, mais pas suffisante pour Schneer, d'autant que l'année précédent sa sortie, Disney proposait déjà un film de naufragés (Les Robinson des Mers du Sud). Tout cela manquait sérieusement de piquant, et qui mieux que Ray Harryhausen pour relever la sauce avec une bonne dose de monstres géants ?

 

le monde de nemo


Faisant fi du roman de Verne, le film propose donc plusieurs rencontres entre les naufragés et un bestiaire monstrueux d'anthologie : un crabe, des guêpes, un céphalopode et même un poulet géant font partie des grands moments de L'Ile Mystérieuse, et reste même imprimés sur la rétine toute une vie durant pour ceux qui ont eu la chance de découvrir le film dans leur plus tendre enfance. Pourtant, il serait injuste de le réduire à ses seuls créatures animées. A commencer par la réalisation de Cy Endfield, extrêmement dynamique dès son introduction et qui va intégrer parfaitement les différentes techniques utilisées par les magiciens de l'image qui oeuvrent sur son film (dont de magnifiques décors en matte painting). Un dynamisme qui doit aussi beaucoup à la musique du grand Bernard Herrmann, compositeur des plus grands Hitchcock, dont le thème très dramatique, voire tragique, reste aujourd'hui encore reconnaissable entre mille. Côté acteurs, L'Ile Mystérieuse offre un beau casting de seconds couteaux pour qui le film restera, pour la plupart d'entre eux, un des plus beaux faits d'armes. Même pour le capitaine Nemo, interprété ici par Herbert Lom, certes efficace mais loin du jeu nuancé et tragique de James Mason dans 20 000 Lieues sous les Mers. Ce qui prouve une fois de plus que la volonté de la production était bien de livrer un film spectaculaire dont les budgets étaient principalement alloués à ses effets visuels.

Si au final L'Ile Mystérieuse est bien une trahison assumée du roman de Jules Verne, il n'en reste pas moins encore aujourd'hui un redoutable film d'aventures, aux nombreux rebondissements et aux images définitivement restées dans toutes les mémoires. L'héritage du génie de quelques hommes qui continue à nourrir l'imaginaire des cinéphiles du monde entier.

Laurent Valentin








Partagez sur :
 

Image :
Une restauration qu'on pourrait presque qualifiée d'anthologique, tant le travail abattu pour magnifier l'image est sans conteste parmi les plus impressionnants vus sur un film de cette époque. L'introduction très sombre, avec une image battue par la pluie ne montre aucun artefact et offre un dégradé allant du noir au bleu sombre de fort belle tenue. Au contraire, une fois sur l'île, les couleurs éclatent à l'écran avec certes des couleurs un peu délavées et un effet de scintillement sur certains ajouts (les mouettes au premier plan) mais jamais L'Ile Mystérieuse ne nous avait été montrée avec tant de détails et de netteté.

 


Son :
Même si l'éditeur est allé jusqu'à proposer une piste HD sur la version anglaise du film, celle en stéréo suffit amplement à contenter nos oreilles. Comme toujours, la version originale offre une chaleur et une profondeur qu'on ne retrouve pas sur la piste française, mais cette dernière est néanmoins parfaitement audible et très agréable à écouter.

 


Interactivité :
Un documentaire de presque une heure (vraisemblablement récupéré sur VHS au vu de la qualité de l'image), propose ni plus ni moins que de revenir sur la carrière mirifique de Ray Harryhausen. Le génie revient sur ses débuts à la plupart des films sur lesquels il a travaillé, tout en manipulant certaines de ses créations. Un documentaire nourri par plusieurs prestigieux intervenants (Charles H. Schneer, George Lucas, Dennis Murren, Henry Selick...) et présenté par la voix de Léonard Nimoy.
Ray Harryhausen revient ensuite sur le film lui-même dans une featurette d'une dizaine de minutes seulement mais ô combien intéressante. On y apprend que l'île devait tout d'abord être peuplée de dinosaures et de plantes carnivores, que la scène du ballon nécessita un travail pharaonique et que les scènes sous-marines furent elles aussi l'objet d'un casse-tête pour finalement devenir ce qu'elles sont. Court mais extrêmement instructif.

Liste des bonus : Les Chroniques de Ray Harryhausen (55'36) ; Featurette (9'08) ; bande annonce d'époque (2'41) ; Galerie photos.

 
Crédits - Publicité - Nous contacter
Copyright Frenetic Arts 2009-2019