UN PEUPLE ET SON ROI
France, Belgique - 2018
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Genre : Historique
Réalisateur : Pierre Schoeller
Musique : Pierre Schoeller
Image : 1.85 16/9
Son : Français DTS-HD Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titre : Aucun
Durée : 121 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 30 janvier 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Un Peuple et son roi »
portoflio
LE PITCH
En 1789, un peuple est entré en révolution. Écoutons-le. Il a des choses à nous dire. UN PEUPLE ET SON ROI croise les destins d’hommes et de femmes du peuple, et de figures historiques. Leur lieu de rencontre est la toute jeune Assemblée nationale. Au coeur de l’histoire, il y a le sort du Roi et le surgissement de la République…
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à distance

En 2011, Pierre Schoeller en avait intrigué plus d'un avec L'Exercice de l'état, un film-enquête mâtiné de thriller qui s'immisçait dans les coulisses de la vie politique avec réalisme, exigence et précision. Le cinéaste nous revient ici avec un drame prolétaire sous fond de Révolution française. Un projet ambitieux, complexe, parfois très riche mais nous dénué de défauts. Car cette période tourmentée a toujours été délicate à retranscrire sur le plan cinématographique, du fait de son caractère aussi dense que fantasmé.

Il y eut notamment le Danton d'Andrzej Wajda et le diptyque La Révolution française : Les Années Lumière / Les Années Terribles, réalisé par Robert Enrico et Richard T. Heffron à l'occasion du bicentenaire de l'évènement. Porté par la prestation incandescente de Gérard Depardieu, le premier dressait un portrait passionnel du dantesque tribun et, en parallèle, celui de la Pologne sous l'ère «Solidarnosc». Le second évoquait plutôt un livre d'histoire, pédagogique et didactique. De ceux que l'on étudie assidument dans une salle de classe.

 

entre-deux


Un Peuple et son roi s'inscrit au croisement de ces deux tendances. Le film est à la fois révolté et trop sage, ultra-stylisé et presque désincarné. Schoeller opte pour une approche distanciée : le peuple est traité d'un seul bloc, à l'image d'une entité unie et indissociable, tandis que Louis XVI évoque une figure spectrale, évanescente, en décalage permanent jusqu'à sa décapitation. Ce parti pris fait qu'il est parfois difficile de s'identifier aux personnages et de ressentir une quelconque émotion. Dommage, tant la période traitée fut un concentré de feux intérieurs et d'élans vitaux. Certes, la reconstitution, la photographie, les costumes, les décors sont soignés, pointus, incisifs. À l'instar de la distribution, exemplaire, qui insiste avec intelligence sur le rôle déterminant des femmes dans le soulèvement populaire (mention spéciale à la détonante Adèle Haenel). Trois ou quatre plans évoquent des tableaux de maître: les lessiveuses s'affairant le long du canal de l'Arsenal, la scène du cauchemar du monarque où il est bousculé et conspué par ses illustres prédécesseurs, celle (glaçante) de sa mise à mort ou les éloquentes joutes verbales au sein d'une Assemblée Nationale balbutiante.

Et pourtant, nous restons pas mal sur notre faim. À l'instar de Wajda, il semble évident que Pierre Schoeller ait voulu établir un lien entre la France de la Révolution et la France d'aujourd'hui, plus que jamais en proie à l'injustice, aux barricades, à la vindicte et à la lutte des classes. D'un point de vue purement sociopolitique, Un Peuple et son roi s'avère nécéssaire, éclairant voire mordant, mais il manque cruellement de cinéma. Péchant sûrement par excès d'ambition et motivé par le désir de vouloir tout dire (trop?), le réalisateur enchaine les évènements et les situations avec une maitrise certaine, mais aussi pas mal de temps morts et sans réels temps forts. À tel point que l'on finit par se détacher bien malgré nous. Malgré la qualité de l'écriture et des dialogues, c'est trop long, trop lent. Trop d'enjeux sont traités en même temps. Il y a trop d'acteurs, trop de personnages simplement évoqués (Robespierre, par exemple) et d'autres, proches de l'archétype, auxquels on peine à s'attacher. Le film se visionne comme un précis historique extrêmement documenté, tout aussi sincère, mais il souffre d'une théâtralisation marquée, pour ne pas dire encombrante.

Gabriel Repettati






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Image:
Studio Canal livre du très bon boulot. La copie HD se révèle claire et acérée, avec des contrastes parfaitement définis et une somptueuse photographie, dominée par les tons bleutés (pour la monarchie) et les tons ocres (pour le peuple). Le rendu visuel rend hommage aux plans acérés de Schoeller, dont certains se rapprochent élégamment de l'art pictural.

 


Son:
Ici aussi, c'est du très bon. Les dialogues se détachent avec clarté. Une nécessité concernant une œuvre qui fait la part belle à la parole et à l'éloquence, via ses innombrables scènes prenant lieu et place à l'Assemblée Nationale. Côté musique, le score est discret mais particulièrement inspiré. À la fois humble et plein de fougue.

 


Interactivité:
Du côté des suppléments, en revanche, c'est beaucoup plus austère. On se contentera comme seul et unique bonus d'un making-of assez sommaire et bien trop promotionnel pour être honnête.

Liste des bonus : «Un peuple et son roi, les coulisses d'une révolution» (10').

 
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