JASON ET LES ARGONAUTES
Jason and the Argonauts - Royaume-Uni / Etats-Unis - 1963
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Jason et les Argonautes »
Réalisateur : Don Chaffey, Ray Harryhausen
Musique : Bernard Herrmann
Image : 1.66 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 104 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 18 février 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Jason et les Argonautes »
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LE PITCH
Pour reconquérir le royaume dont son demi-frère a usurpé le trône, Jason se lance dans la quête de la Toison d’Or. A bord de l’Argos dans lequel embarquent les meilleurs marins et guerriers, il met le cap sur une terre lointaine et dangereuse d’accès. S’il bénéficie de l’aide de certains dieux de l’Olympe, d’autres, par contre, dressent devant lui des créatures et monstres qui défient l’imagination : des squelettes encore très vivants, un titan de bronze, des harpies, ...
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à la conquète d'un âge d'or

Devenu au fil des années une œuvre incontournable du genre du péplum mythologique (si ce n'est LA plus grande), Jason et les argonautes s'offre enfin un bain de Jouvence grâce à l'excellente édition conçue par Sidonis Calysta, disponible depuis le mois dernier. Une belle occasion de se replonger dans la fabuleuse aventure cinématographique de Jason, que les merveilles de Ray Harryhausen ont fait devenir légendaire.

S'il ne devait rester qu'un seul film du genre de l'épopée mythologique péplumesque, ce serait peut-être bien Jason et les argonautes. Un constat établi non pas tant pour le respect fort relatif du poème épique les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes (largement modifié ici), ou la mise en scène finalement très sage de Don Chaffey dont les deux seuls autres faits d'arme vraiment majeurs seraient peut-être le délicieusement kitsch Un Million d'années avant J.C. (avec la sculpturale Raquel Welch) ou encore Peter et Elliott le dragon. Non, la magie et les souvenirs émus de plusieurs générations à propos du film sont inextricablement liés au génie poétique de Ray Harryhausen et sa faculté à avoir créé certaines des séquences les plus bluffantes de l'histoire des effets spéciaux, et du cinéma tout court ; du réveil tétanisant du géant Talos à l'attaque des harpies (un temps envisagées puis abandonnées pour le 7ème Voyage De Sinbad) en passant par les deux pépites du métrage : le combat contre une hydre à sept têtes, et surtout le ballet macabre et sanguinaire de squelettes on ne peut plus belliqueux (à noter qu'initialement, le bestiaire devait même être complété par un cerbère lors d'une séquence de descente aux enfers, ainsi que de Charybde et Scylla...). Tant de morceaux de bravoure qui portent la marque et l'amour inépuisable pour les monstres et créatures en tout genre d'Harryhausen, dont lui seul réussissait à leur insuffler une véritable fragilité et «humanité».

 

scherzo macabre


Fasciné depuis toujours par la mythologie grecque, c'est par une série d'une douzaine de dessin que l'artiste démarre la production de Jason, dès 1961. Tels autant de « travaux », douze dessins présentant déjà certains des moments-clés du film comme Talos (agrandi comparé à la légende afin de le rapprocher du Colosse de Rhodes), l'irruption de Triton du fond des eaux, l'hydre (dont le nombre de têtes a été ramené à sept pour des questions évidentes de « simplification » d'animation, une des créatures les plus complexes de sa carrière) ou encore les fameux squelettes s'adaptant à un récit ayant pour but avant tout de mettre en avant les prouesses techniques du magicien de l'animation, pour sa première incursion dans l'univers de la mythologie grecque. Un travail de titans qui s'étalera sur près de deux ans. A titre d'exemple, l'assaut des squelettes exigea à lui-seul quatre mois et demi d'efforts acharnés pour un résultat magistral de cinq minutes à l'écran. Une séquence dont la logistique fût un véritable casse-tête, tous les mouvements ayant été répétés avec cascadeur jusqu'au moteur, où cette fois les acteurs combattaient contre un ennemi invisible (le procédé du fond vert avant l'heure en somme). Tant de moments dotés d'une âme et d'une poésie rares, gravés à tout jamais dans l'inconscient collectif au service d'un scénario (ou serait-ce l'inverse ?) en apparence conventionnel, mais dont la structure et la figure héroïque en opposition avec les facéties parfois cruelles des dieux pour qui les humains ne sont au final que des figures d'amusement, peuvent en définitif être vus comme une ébauche de ce qui deviendra près de trente ans plus tard le dernier effort du maitre (et quel effort) Le Choc des Titans.

Porté par un score fabuleux et innovant de Bernard Herrmann (marquant ici sa troisième collaboration avec le producteur Charles H. Schneer, et Ray Harryhausen après Le Septième Voyage de Sinbad, et L'île Mystérieuse), Jason et les argonautes est devenu une œuvre séminale et fondatrice dans le domaine de l'animation et du péplum mythologique, marquant au fer rouge une flopée de futurs réalisateurs et d'artistes (dont Steven Spielberg, George Lucas, Peter Jackson, Henry Selick, Phil Tippett et bien d'autres), ainsi que la culture fantastique en général (impossible d'ignorer l'apport d'Harryhausen dans la saga des God of War ou Castlevania par exemple). Mais c'est avant tout l'immense aura d'Harryhausen qui transpire tout au long du métrage, une passion humble jamais démentie qui berça l'imaginaire de plusieurs générations d'enfants, et dont la magie jamais égalée n'aura de cesse d'infuser dans la culture populaire, et ce pour encore longtemps...

Henri Delecroix








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Image :
La copie est propre et offre une belle définition grâce à un joli master avec des couleurs assez éclatantes (notamment le bleu du ciel), mais qui perd un peu en efficacité dans les séquences sombres ou nocturnes, un peu plus bruitées, et surtout dans les séquences à effets spéciaux présentant une perte/différence de définition voire un flou selon qu'il s'agisse des prises de vues réelles ou des plans d'effets spéciaux. Malgré tout, cette version est probablement la plus belle à ce jour sur support physique tant elle respecte la matière initiale et en évacue tous les défauts restaurables (taches, griffes...).

 


Son :
Belle amplitude pour la version 5.1, qui même si elle n'excitera pas les baffles arrières constamment saura malgré tout réserver quelques effets sympathiquement dosés, et laissant une belle place à la magistrale partition de Bernard Herrmann bien que présentant un léger voile audio, dû à l'enregistrement d'époque. La VF de son côté à quelque peu vieillie et souffre parfois d'un léger grésillement de fond.

 


Interactivité :
Côté supplément, bien que ne reprenant aucun des suppléments présents sur l'édition US sortie en 2010, c'est une édition solide que propose Sidonis. Au programme, un entretien dense et (très) détaillé avec Michel Eloy, spécialiste du péplum, retraçant l'historique des différentes versions du périple de Jason dans la mythologie, et les libertés prises par le métrage de Chaffey. En plat de résistance, Sidonis a eu l'excellente idée d'ajouter (uniquement sur le Blu Ray) l'inestimable et indispensable documentaire Ray Harryhausen, Le Géant Des Effets Spéciaux réalisé par le duo Gilles Penso / Alexandre Poncet, revenant de manière passionnée sur la carrière d'Harryhausen, au travers de documents d'archives rares et d'interventions précieuses de réalisateurs tels que James Cameron, Steven Spielberg, Guillermo Del Toro ou encore Terry Gilliam pour ne citer qu'eux. Les deux documentaires sont pour l'occasion accompagnés de quelques bandes annonces d'époques et spots TV, ainsi qu'un livre de 152 pages signé par Marc Toullec. Epique.

Liste des bonus : le livre « Ray Harryhausen, l'enchanteur des effets spéciaux » écrit par Marc Toullec (152 pages), « Jason et les Argonautes - De la mythologie au cinéma » : entretien avec Michel Eloy, spécialise du péplum (35'), « Ray Harryhausen, le titan des effets spéciaux » : documentaire de Gilles Penso (93'), Bandes-annonces.

 

 

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