MORSE – LET THE RIGHT ONE IN
Låt den rätte komma in - Suède - 2008
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Genre : Fantastique
Réalisateur : Tomas Alfredson
Musique : Johan Söderqvist
Image : 2.35 16/9
Son : Suédois et français Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 115 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 17 mars 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Oskar est un enfant fragile et marginal, vivant seul avec sa mère. Régulièrement martyrisé par les garçons de sa classe, il trompe sa détresse en se réfugiant au fond de la cour enneigée de son immeuble. Quand Eli, une jeune fille de son âge, s’installe avec son père sur le même pallier que lui, Oskar trouve enfin quelqu’un avec qui se lier d’amitié. Ne sortant que la nuit, elle ne manque pas de l’intriguer. D’autant que son arrivée dans cette banlieue coïncide avec une s...
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Morse et heureux de l'être

Grand Prix du jury et Prix de la critique au Festival de Gérardmer cuvée 2009, Morse est à la limite de faire l'unanimité. Une reconnaissance qui peut certes paraître suspecte aux amateurs de fantastique pur et dur, mais qui pour une fois révèle d'intenses qualités. 

 

Deux enfants seuls dans la neige. Les flocons qui chutent en trombes. Le silence aux alentours. Et la petite fille qui saute comme en apesanteur pour se rapprocher du blondinet. Simple, posé, délicat et immédiatement évocateur. Voilà la séquence qui résume le mieux la poésie superbe qui traverse ce film suédois encensé à travers le monde. Discrète mais esthétiquement très construite, la mise en scène construit avec délicatesse le portrait de deux enfants (l'un de douze ans, l'autre de « douze ans à peu près ») qui vont peu à peu se découvrir une affection sans borne, et se nourrir l'un de l'autre pour « grandir » et survivre. Là était d'ailleurs toute la force du titre original : rappeler certes l'un des crédos du vampire (demander l'autorisation pour entre dans une demeure), mais aussi l'idée que chacun des deux doit autoriser l'autre à entrer dans sa vie. Une œuvre furieusement romantique qui relègue les aspects les plus sexués du mythe vampirique en arrière-plan, ou en tout cas en transfert l'ambivalence sur le monde extérieur. Car c'est là l'un des troubles de Morse, le lien inconditionnel qui relie Oskar et Eli, laissant planer le doute sur le véritable sexe de cette dernière, créature intemporelle au regard perdu. Une question réglée en quelques phrases, en un plan succinct, mais qui en revanche rebondit sur les personnages alentours (le père et son « ami »). 

 

Amours courtois


Jusqu'ici encore inconnu hors de Suède, Tomas Alfredson (dont c'est le troisième long-métrage mais le premier à consonance fantastique) construit son film comme un simple drame, une simple rencontre, dans lesquels vient s'intercaler avec brio le mythe du suceur de sang, non sans une certaine fragilité. Le portrait du servant d'Eli fonctionne ainsi en creux, en silence, et ses difficultés désormais à procurer du sang à la demoiselle ont beau tourner au tragi-comique, elles éclairent tout autant le devenir du jeune garçon et cette immuabilité du destin du vampire. Dommage que le cœur du film doive parfois s'encombrer de détours peu nécessaires sur l'entourage d'une des victimes. Outre le fait d'afficher l'unique séquence ridicule du film (une attaque de chat en images de synthèse horribles), cette excroissance scénaristique alourdit le rythme de la dernière partie. Ces restes d'un travail d'adaptation du roman de John Ajvide Lindqvist (Laisse-moi entrer qui vient justement d'être traduit aux Editions Télémaque) ne s'avèrent pas toujours très bien digérés, laissant de-ci de-là des bribes de trames inexploitées ou faisant l'impasse (dommage) sur le passé d'Eli. Quelques minutes d'égarement qui n'entament que peu la réussite réelle de cette œuvre hors du temps, bien plus originale et recommandable que n'importe quel Twillight. Comment ça c'était facile ?           

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Noyé sous un flot de blanc neigeux, Morse n'est pas forcément le métrage le plus aisé à compresser au format DVD. Le travail de Metropolitan a beau respecter au mieux la photographie lumineuse du film et afficher un niveau de détail impressionnant pour une copie SD, certains plans font décrocher la compression avec l'apparition de petits amas dans les arrières plans. Un défaut parfaitement excusable au vu du labeur fourni par l'éditeur, notamment avec des couleurs bien présentes et des noirs admirables. 

 

Son :
Avec la multiplication des nouveaux mixages (DTS-HD et consorts) on en oublie parfois qu'un « simple » Dolby Digital 5.1 peut faire des merveilles. En l'occurrence ce disque est là pour le rappeler tant l'équilibre bien balancé entre les effets frontaux et les sources Surround accompagne avec beaucoup de poésie cette romance étonnante. Des pistes joliment enveloppantes, parfaitement adéquates dans les moments de silence et la recréation d'effets lointains. Si la version originale se montre plus naturelle, les deux choix ont une certaine classe.

 

Interactivité :
Contenu apparemment assez classique pour un film qui aurait sans doute pu profiter d'un peu plus de caractère. Si l'on excepte l'interview passionnée du réalisateur Jacques Audiard qui vient déclarer tout son amour pour Morse, le reste flotte souvent et se montre très propret. Ainsi le commentaire audio qui réunit le réalisateur, le scénariste et l'auteur du roman manque clairement de rythme et d'un brin de passion pour accrocher l'auditeur, même si les petites anecdotes de manquent pas. Surtout que les interviews croisées qui suivent (où vient s'ajouter le producteur) reviennent sur les mêmes questions, certes avec un petit peu plus de jovialité. Le travail d'adaptation, le doublage du personnage d'Eli, le tournage avec les enfants... Le supplément se regarde sans déplaisir. Amusantes aussi, les quelques minutes où défile un extrait du film dans une fenêtre tandis que les pages du livre s'affichent à l'écran pour permettre de faire un petit comparatif rapide. Restent enfin quatre petites scènes coupées, dont deux montrant la proximité qui lie les deux enfants. Celle-ci aurait tout à fait pu figurer au montage définitif a contrario de certaines préservées à l'encontre du rythme général.

 

Liste des bonus : Commentaire audio du réalisateur, Scènes coupées (5'), Entretien avec l'équipe du film (28'), Du livre au film (4'), Let the right Jacques in (8') Livret inédit (20 pages), Bandes-annonces

 
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