BEATRICE CENCI
Italie - 1969
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Image de « Beatrice Cenci »
Genre : Historique
Réalisateur : Lucio Fulci
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Français et italien en stéréo
Sous-titre : Français
Durée : 99 minutes
Distributeur : Neo Publishing
Date de sortie : 21 janvier 2007
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
XVIe siècle en Italie. La famille Cenci est interrogée par l’inquisition à cause du la mort suspecte du père de famille. Celui-ci est-il vraiment mort accidentellement ? Est-ce un meurtre vénal ou une vengeance ? Le pape est-il plus intéressé par la vérité que par les vastes terres de ces nobles ?
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A s'en taillader les veines

L'au-delà, Frayeurs, L'enfer des zombies, Les quatre de l'apocalypse... Autant de chefs-d'œuvre qui ont fait la légendes de Lucio Fulci. Le cinéaste ne jurait pourtant que par Béatrice Cenci, un film rare que l'on ne rêvait même pas découvrir un jour en DVD.

 

Connu et respecté pour son approche inoubliable du genre horrifique, Lucio Fulci n'en a pas moins été un metteur en scène prolifique et sans frontière, qui n'a pas hésité à s'attaquer à la comédie, au western et ici au drame historique. Un fait divers toujours aussi célèbre en Italie et qui a fait de la vraie Beatrice Cenci le symbole de l'innocence sacrifiée. Un symbole qui passionna tellement le cinéaste qu'il travailla près de dix ans à son adaptation avant de le porter à l'écran, quitte à se frotter à la version tournée par Riccardo Freda quinze ans plus tôt. Muni d'un budget confortable et de la présence de George Wilson (Le jours le plus long, L'étrange, Le Rouge et le noir...) et Thomas Milian (Tire encore si tu peux, Companeros, Traffic...), celui qui était alors surtout connu pour ses comédies à succès s'attaquait là à ce que l'on peut considérer comme l'œuvre la plus importante de sa vie. Un sujet qui allait lui permettre de montrer à la fois sa maîtrise du cadre et sa profondeur thématique tout en explorant librement son esthétique macabre.

 

Le corps et le fouet


Loin de tout romantisme et maniérisme rococo, Liens d'amour et de sang (titre choisi lors de sa première exploitation française) se concentre malgré ses apparences de giallo sur la description d'une période finalement bien loin de la splendeur que l'on voulait alors lui prêter : nobles décadents, église matérialiste, prêtres mettant la main à la pâte, costumes crasseux, demeures en ruines... Cette Renaissance garde encore les traces d'un moyen-âge peu reluisant. Annonçant bien des années à l'avance un réalisme que l'on retrouvera plus tard dans des productions comme Le Nom de la rose, Béatrice Cenci choqua forcément les spectateurs de l'époque. Bien moins révulsant de ce coté-là aujourd'hui, quoique les séquences de tortures et le viol incestueux restent plutôt corsées, ce portrait croisé d'une femme et de son époque laisse désormais place à l'étrange poésie des images (Fulci n'a jamais été aussi proche de Mario Bava) et, surtout, à une profonde tristesse. Drame sans espoir et sans lumière, Béatrice Cenci ne fustige pas seulement l'ordre religieux, il s'attaque tout simplement à l'avidité humaine et sa propension à rester un simple animal. Métrage parfaitement maîtrisé et ce malgré une structure narrative usant (voir abusant) des temporalités imbriquée l'une dans l'autre, ce quasi-inédit de Fulci est un véritable joyaux noir qu'il aurait été criminel de garder caché plus longtemps.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Longtemps disparu des circuits de distribution, Béatrice Cenci a toujours traîné la réputation d'être le film maudit de Lucio Fulci (comme le montrent d'ailleurs les interviews où le réalisateur lui-même réclame aux fans une copie VHS). Fort heureusement cette édition signée Neo Publishing vient remplir le vide. Sans être exempte de défaut, la copie proposée est de bonne facture et profite d'une assez belle restauration : outre un grain omniprésent, les diverses traces du temps ont définitivement disparu et la compression ne gâche rien à l'affaire. Du très beau travail.

 

Son :
Rien de plus rien de moins qu'une petite stéréo factuelle pour les pistes italiennes et françaises d'origines. Le son est clair et donne un bon équilibre à une bande sonore donnant une place prépondérante aux dialogues.   

 

Interactivité :
Si l'éditeur nous avait déjà particulièrement gâtés avec les édition Ultimes de L'Enfer des Zombies, Frayeurs et L'Au-delà, ces disques manquaient tous (en toute logique) d'une participation, d'une présence du maître en personne. Les fans vont donc être doublement comblés avec cette édition collector de Béatrice Cenci. Au programme, pas moins de deux interviews de trente minutes du cinéaste. Deux documents enregistrés respectivement en 1988 et 1994, qui permettent de revoir la carrière du monsieur avec ses propres mots. Ce personnage peu avare d'autocritique (bon, il a quand même du mal à évaluer Aenigma) s'amuse immanquablement à égratigner un certain Dario Argento : « un artisan qui se prend pour un génie » ! Il revient bien entendu sur l'expérience douloureuse que fut la sortie de Béatrice Cenci et l'incompréhension d'un public qui voulut le lyncher lors de la première ! Forcément, rien que pour ces deux suppléments, ce DVD est indispensable aux fans de Fulci.

Liste des bonus : La Nuit américaine du Dr Fulci (35'), Entretien avec Lucio Fulci (31')

 
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