LE RENNE BLANC
Valkoinen peura - Finlande - 1952
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Genre : Fantastique
Réalisateur : Erik Blomberg
Musique : Einar Endglund
Image : 1.33 4/3
Son : Finnois en mono
Sous-titre : Français, anglais et espagnol
Durée : 65 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 18 janvier 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Pirita, une jeune femme douée, à son insu, de pouvoirs magiques, épouse Aslak, un lapon gardien de rennes. Souvent délaissée par son mari, elle va voir un sorcier qui lui ordonne un sacrifice au dieu de pierre, afin de jouir pleinement de son pouvoir de femme. Une nuit, Pirita immole un petit renne blanc que lui avait offert Aslak. Aussitôt, s’éveillent en elle les puissances endormies. Ensorcelée, elle se mue la nuit en renne blanc, attirant un a un les chasseurs, qu’elle égorge da...
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La femme des neiges

Film étrange, plongé sous le blanc éclatant des neiges de Finlande, Le Renne Blanc n'aura pas profité de son « prix du film légendaire » remis par un Jean Cocteau inspiré au festival de Cannes de 1953. Du coup l'édition DVD d'Artus Films est une véritable résurrection.

En s'ouvrant sur un étrange chant lointain habillant quelques images quasi-documentaires, le film d'Erik Blomberg - on peut dire cosigné avec Mirjami Kuosmanen, sa compagne scénariste et interprète principale - installe immédiatement une sensation troublante de dépaysement. Avec ce quelque chose de la distanciation d'un Nanouk L'esquimau, le long-métrage s'attarde sur la petite vie de Pirita, jeune Same (ou laponne) : son jeu amoureux avec son futur époux, les séances de chasse dans le grand froid, les rares moments d'intimité blottis au fond de la cabane... Incarnés par un jeu excessif où les rares dialogues maladroitement postsynchronisés rappellent forcément les premiers films parlants, ces petits instants volés ont des qualités ethnologiques rares, présentant un monde aujourd'hui totalement disparu. Et l'héroïne personnifie à la perfection cette résistance à un monde en cours de transformation face à la modernité et au catholicisme. Elle, prie encore les dieux païens, croit encore en la force de la nature, et malgré la dureté du paysage brûle encore d'une passion plus naturelle que jamais.

 

blanc comme l'oubli


C'est d'ailleurs en voulant raviver la flamme de son mari que l'héroïne va éveiller la malédiction, se transformant désormais la nuit en un superbe renne blanc égarant les chasseurs pour mieux les « dévorer ». Une femme vampire comme a pu les affectionner le cinéma d'horreur d'antan (on pense aux classique de la Universal et aux films de Terence Fisher), mais dont les pouvoirs magiques, l'épouvante visuelle et la sensualité ont ce charme suranné des pelloches évanouies. Contemplatif, hypnotique, Le Renne Blanc se perd parfois dans une répétitivité harassante (malgré sa courte durée), mais le charme tout en bestialité contenue de l'actrice s'impose de lui-même, tout comme la manière qu'ont les auteurs de raviver un shamanisme primitif (superbe séquence de divination). A ce portrait de femme passionnée mais emprisonnée d'un monde de glace, la mise en scène expressionniste autant par choix que par mode apporte encore plus d'étrangeté. Conte d'un autre lieu, d'un autre temps, Le Renne blanc méritait largement de connaître une nouvelle distribution en France.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Livrés dans son format 1.33 (4/3) d'origine, le film aurait pu afficher des cicatrices bien plus handicapantes. Certes les taches, griffures et poussières attestent que l'oeuvre n'a jamais, ou peu, été restaurée au cours des années. Les contrastes aussi souffrent de faiblesses, perdant parfois quelques informations dans un flot de blanc aveuglant. Mais tout cela n'est pas inexcusable, Le Renne Blanc datant de presque soixante ans et n'ayant que peu été distribué en dehors de son pays natal.  

 


Son :
Rareté implique ici la présence unique de la version originale... tout comme les faiblesses de celles-ci. La source ne profite pas vraiment d'une stabilité constante, mais soutient au moins les dialogues et laisse respirer la musique. En dépit d'un petit souffle en arrière, ce mono encodé sur deux canaux se laisse entendre et correspond à l'âge du long-métrage.

 


Interactivité :
Comme toujours, Artus Films laisse la parole à un spécialiste de la thématique dominante du long-métrage, ici le chamanisme. C'est donc Georges Foveau, auteur du Chamanisme au cinéma, qui s'y colle. Ouvrant le document sur les origines et les illustrations de cette relation particulière à la nature, puis évoquant quelques films mythiques (Excalibur, Derzou Ouzala), il démontre la relation symbiotique entre le médium et cette magie « d'un autre âge », pour finir par éclairer Le Renne Blanc de ses nombreuses connaissances. Une petite analyse forcément très bien vue, qui certes exclue tous les autres angles, mais a en tout cas le mérite d'aller au fond de son sujet. Malgré ces qualités, une fois encore on peut reprocher à l'éditeur de laisser place à un long flot de paroles ininterrompu pas toujours très digeste. Un peu de montage aurait été bienvenu.


Liste des bonus : "Le chamanisme au cinéma"(40'), par Georges Foveau, Diaporama de photos, Bandes-annonces

 
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