RENCONTRE AVEC COSTA GAVRAS POUR LA SORTIE DE L'INTéGRALE VOL.1
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Cinéaste militant

Ce n'est pas tous les jours que l'on a la chance de passer une heure en tête à tête avec le plus engagé des metteurs en scène français. Oscarisé et détenteur de la palme d'or pour Missing, prix du jury à Cannes pour Z, césarisé pour Amen, Ours d'or à Berlin pour Music Box... Le pédigrée du bonhomme à de quoi impressionner. Pourtant, au bout de quelques minutes en sa compagnie, l'intimidation s'estompe pour laisser place à la simplicité de l'individu. C'est aussi cela la magie du cinéma.
A l'occasion de la sortie de son coffret Costa-Gavras Integrale VoL.1 1965-1983 chez Arte Vidéo, il a bien voulu partager quelqes instants avec nous.

Pourquoi des classiques du cinéma tel que Z ou L'Aveu étaient toujours inédits en DVD et en Blu-ray ?
C'était une volonté de ma part. Je voulais que mes films sortent en coffret afin de pouvoir les proposer comme une thématique.

A quel point vous êtes-vous impliqué sur ce coffret ?
J'ai voulu être présent sur la remasterisation de chacun de mes films. Quel que soit le temps que cela prendrait. Je remercie pour cela Arte qui distribue le coffret et qui m'a laissé toute latitude dans sa conception et son contenu. Au-delà des films, il y a également les bonus. Je voulais retrouver des émissions de l'époque comme « Le Masque et la Plume » pour Z ou « Les Dossiers de l'Ecran » pour Missing.

Comment est née votre inclinaison à faire des films politiques ? Vous avez un coup de cœur pour un scenario ou vous choisissez vos sujets en fonction d'idées que vous voulez faire passer ?
Tout est venu avec Z. Il y a eu ce que l'on appelle la dictature des colonels en Grèce. On allait vers un état totalitaire. Suite à un mouvement contestataire, je voulais aller plus loin que signer des pétitions. De fil en aiguille, Jacques Perrin s'est improvisé producteur. Nous avons pu avoir la participation de Jean-Louis Trintignant et d'Yves Montand sans qui le film n'aurait peut-être pas pu se faire. Comme il était bien évident que nous ne pourrions pas tourner en Grèce, nous sommes allés tourner à Alger car son architecture était proche de celle d'Athènes.

Vous ne deviez pas avoir que des amis.

Et encore, ce n'est rien comparé aux réactions du parti communiste qui sont survenus avec L'Aveu. Il ne faut pas oublier que nous étions alors plongés en pleine guerre froide. Nous devions faire le tournage du film en Tchécoslovaquie mais ça n'a pas pu se faire. Du coup nous avons du nous rabattre sur Lille et Tourcoing.

Yves Montand est d'ailleurs incroyable dans ce film.
Il s'est beaucoup impliqué dans le film. Nous avons tourné L'Aveu chronologiquement en suivant la structure du scénario. Montand s'est mis au régime pour mieux coller à la réalité du récit. Chaque soir nous nous retrouvions au restaurant avec les acteurs. Pendant que nous mangions nos plats, il y avait Yves Montant qui devait se contenter de sa soupe et de ses quelques légumes. Inutile de dire que ce n'était pas facile pour lui. Il a perdu douze kilos durant du tournage. Quand vous le voyez à la fin du film, les bras en l'air avec son corps amaigri, c'est bien lui. A l'époque nous n'utilisions pas les effets spéciaux comme aujourd'hui. Il fallait que l'on y croie. D'ailleurs le médecin qui le suivait a du lui dire d'arrêter car il avait peur pour sa santé. Il craignait que son cœur lâche.

Parmi vos films, il y en a-t-il un que vous aimez particulièrement ?
Un film, c'est comme un enfant. Vous pouvez en avoir une dizaine, vous les aimerez tous, même celui qui est le plus turbulent ou pour un film, celui qui a le moins de succès.

Pouvez-vous nous partager un moment de tournage qui vous tient à cœur ?
Il y en a plein !
Avant de commencer le tournage d'Un Singe en hiver (Costa-Gavras était assistant d'Henri Verneuil sur le tournage, ndlr), j'étais déjà ami avec Jean Gabin. Il appréhendait de jouer avec Jean-Paul Belmondo car il ne savait pas si leur duo fonctionnerait. Comme je connaissais également Jean-Paul, il m'a demandé de les accompagner au restaurant pour combler la conversation au cas où. Nous étions au restaurant lorsque Jean-Paul rentre. Là, Jean Gabin se lève, va vers Belmondo, le prend dans ses bras et lui dis « mon fils » ! Je me suis alors dit que je n'avais pas besoin de rester. Je suis parti. Eux, ne se sont plus quittés et n'ont pas arrêté de blaguer tout le long du tournage.

Dustin Hoffman est fan de votre travail. C'est lui qui vous a proposé le projet de Mad City ?
Ca ne s'est pas vraiment passé comme cela. J'avais le scenario que j'ai proposé à John Travolta. Celui-ci l'a beaucoup aimé mais me disait plus à l'aise avec l'autre protagoniste du film. Je connaissais Dustin depuis longtemps. Or, c'est lui qui m'a appelé pour me dire que si j'avais un rôle pour lui il était preneur. C'est comme ça que j'ai pu avoir Travolta et Hoffman dans le film.

Avec tous les évènements qui se passent de nos jours, vous devez avoir de quoi faire vingt films !
On a beau avancer dans le temps, rien ne change vraiment... Malheureusement.

Cédric Lemaire
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