Difficile de faire plus bourrin, plus primaire, plus délirant qu'un épisode de Dynasty Warriors. Pourtant Tecmo Koei n'a pas hésité (les fous !) à imaginer un gigantesque crossover maison avec les Warriors Orochi, dont le dernier épisode en date enterre finalement toute la démesure des productions précédentes.
Débutée en 1997, la saga Dynasty Warriors (dérivé des wargames Romance of the Three Kingdoms) aura connu nombre d'épisodes, de variantes, voire d'adaptation de licences plus exotiques (Gundam, Ken le survivant), sans finalement que le principe de base ne change d'un iota : affronter sous les traits d'un guerrier vaguement historique des armées gargantuesques en matraquant son pad comme un forcené condamné à Cayenne. Plus de dix ans que ça dure, mais la licence s'est constituée un noyau de fans et d'aficionados qui connaissent les centaines de personnages sur le bout des doigts, maîtrisant les enchaînements et la géographie des nombreuses cartes, et pour lesquels les épisodes Warriors Orochi sonnent comme un aboutissement. Et pour cause, pour ce troisième opus, il faut compter plus de 120 personnages jouables parmi lesquels on peut autant croiser des héros de guerre chinois et japonais issus des panthéons littéraire et médiéval, qu'un certain Ryu et la jolie Ayane, tout droit sortis des Ninja Gaiden. Un programme colossal, auquel il faut ajouter du leveling à l'envi, trois tonnes d'armes à collectionner et fusionner, des équipes de trois à constituer avec des attaques combinées à maîtriser et des changements d'avatar d'une simple pression sur la gâchette...
Et tout ça pour sauver le monde d'un Titan en voyageant à travers le temps et l'espace sur les grands champs de batailles pour enrôler de nouveaux combattants mythiques, prêts à empaler des vagues d'ennemis par grappes entières. Un sacré bordel aussi jubilatoire que terriblement répétitif, un capharnaüm sans nom dont la profusion incroyable de persos et de customisations possibles fait autant penser à un épisode guerrier des Pokémon qu'à un menu best of plus XXXL du catalogue coloré et kitsch de Tecmo Koei. Ce sera sans doute trop pour les nouveaux venus, qui seront de toute façon rebutés par la multitude de clins d'œil incompréhensibles, d'apparitions improbables et surtout par un soft dont la sortie française reste dans une version japonaise sous-titrée anglais très élitiste. De toute façon, ce seront encore une fois les mêmes qui trouveront ici leur compte, en dépit d'ennemis toujours aussi sommaires, d'une IA lobotomisée et d'un traitement technique pas franchement d'actualité. En même temps, Omega Force livre ici sa meilleure copie depuis l'avènement de la dernière génération de consoles, tant par les options fournies, la durée de vie astronomique (avec même la possibilité de créer ses propres aires de combat) que par un très attendu mode multi-joueurs en ligne ou en écran splitté. Un bon gros gâteau méchamment bourratif et agressif pour la ligne... mais comme avec le Paris-Brest, difficile de résister.










