DEADLY PREMONITION: THE DIRECTOR’S CUT
Red Seeds Profile - Japon - 2010/2013
Image plateforme « Playstation 3 »
Image de « Deadly Premonition: The Director’s cut »
Genre : Aventure
Développeur : Access Games
Durée : moyenne
Langue : Anglais sous-titré français
Distributeur : Rising Star Games
Date de sortie : 25 avril 2013
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « Deadly Premonition: The Director’s cut »
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LE PITCH
Dans la peau de l'agent spécial Francis York Morgan (appelez-le York, comme tout le monde), les joueurs devront enquêter sur le meurtre violent d'une ravissante jeune femme. Au cœur d'une petite ville américaine entourée de montagnes, York devra résoudre le mystère des Meurtres aux Graines Rouges et survivre dans un lieu où les créatures surnaturelles et un tueur feront tout pour mettre un terme à son enquête.
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Walk with fire

Projet étrange longtemps repoussé, vaguement relancé à la dernière génération de consoles, Deadly Premonition finit dans les étales comme une petite production indépendante mal fichue (c'est peu de le dire) mais à l'approche profondément originale voir totalement barrée. Un grand coup de cœur pour certain, ce qui permit sans doute au soft de revenir aujourd'hui sur PS3 dans une version dite Director's Cut (ce qui est un peu exagéré).


Développeur de quelques projets pour Square Enix (le moyen Lord of Arcana), Acess Games aura tenu amoureusement son étrange mélange de thriller, d'enquête policière et de survival horror jusqu'au bout, faisant fi de signes de vieillesse avant-coureurs et d'une rigidité de plus en plus perturbante. C'est que sur le papier, l'expérience proposé par Hidetaka « Swery » Suehiro (The Last Blade) est on ne peut plus inédite et excitante : porter non-officiellement l'univers de David Lynch dans celui du jeu vidéo. L'hommage à Twin Peaks n'est absolument pas renié, ni franchement discret (c'est même à la limite du plagiat parfois), mais réussit toute fois à s'en réapproprier tous les charmes d'un fantastique décalé, étrange, inquiétant qui s'effeuille progressivement au court d'une enquête des plus glauques. De la tendance de York à se parler tout seul (en l'occurrence ici on pourrait dire au joueur), aux dialogues loufoques de la population du patelin paumé jusqu'aux visions mystiques qui parsèment une enquête sinistre au possible, les connaisseurs se promènent en terrain conquis, mais avec un bonheur évident. Le scénario est brillant, des plus accrocheurs, les dialogues d'une drôlerie exquise et cette force d'écriture, très rare dans le jeu vidéo, gagne justement en démesure car les développeurs ont eu la bonne idée de laisser le joueur se promener librement dans les rues de Greenvale tel Ryo dans Shenmue. Discuter avec les passants, les épier par la fenêtre de leur maison, découvrir les joies (c'est relatif) de la pèche ou se perdre littéralement dans les bois, Deadly Premonition creuse son univers en proposant des dizaines d'heures supplémentaires en quêtes anecdotiques et parallèles, voir à la recherche de quelques particularismes des plus nippons : badges, cartes à collectionner, paquets de thunes pour se procurer un nouveau costume...  Rapidement, le joueur se sent tel l'Agent Special Dale Cooper (FBI) sur les traces de Laura Palmer, constamment alpagué par la petite vie qui déborde des lieux, accroché par l'incongruité de la géographie et des personnages totalement tarés qui l'habitent.

 

Parler avec une bûche

 

Sauf que Deadly Premonition est avant tout un jeu, et aussi bon le scénario soit-il, il ne fait pas tout. Loin de là. Sans doute meurtrie par un développement difficile et trop long, par quelques pressions semble-t-il du distributeur, l'aventure s'avère rapidement insupportable, obligeant le joueur à subir l'enquête plus qu'à la partager. Très moches, horriblement mous et rigides, mal articulés, les graphismes ne seraient qu'un détail si justement le gameplay n'était pas autant à la ramasse totale. Entre les phases pseudo-horrifiques à la Resident Evil peu excitantes, rébarbatives et affligeantes dans leur gameplay (obligé de viser pour recharger...) et les longues séquences de conduites rappelant les sensations d'une simulation sur Amstrad, les déambulations obligatoires entre chaque étapes peuvent s'avérer d'authentiques séances de tortures. Surtout qu'au passage, la réalisation de base (place et mouvements de la caméra, montage, placement musical) hésite entre le téléfilm allemand et le film d'auteur pompeux. Horripilant.  Et malheureusement la version revisité « Director's cut » n'arrange pas franchement les choses en offrant la possibilité de déplacer librement la camera, mais entrainant une baisse de frame-rate effarante, en donnant une plus grand mobilité à York mais en baissant drastiquement le niveau de difficulté des affrontements avec les « esprits » ou en intercalant quelques cut-scenes inédites, mais franchement sans grande incidence. Le plus drôle ici étant sans doute les particularitées « modernistes » de la mouture : graphismes HD, compatibilité PSMove, mixage Dolby Digital 5.1 et TV 3D... Les essayer, c'est se marrer. Un gigantesque gâchis qui démontre bien qu'un jeu... C'est avant tout un jeu. Si le gameplay, le gamedesign et la réalisation sont hors concours, le reste ne sera visible que par bien peu.

Nathanaël Bouton-Drouard












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C'est ce que l'on peut appeler une jolie catastrophe. Le moteur physique est inexistant, les graphismes sentent les vieux titres Xbox et les bugs s'enchainent sans faillir. Entre une voiture qui se déplace comme une brique au fond d'une marre, un personnage qui court comme un neurasthénique et le frame-rate qui ne cesse de décoller dans les cimes, certains passages sont quasiment impraticables et irregardables. A cela s'ajoute des parcours cauchemardesques dans des tunnels aux murs invisibles (ou pas), des textures en aplats baveux et des modélisations Lego... C'est dur certes, mais c'est la réalité. Et comment expliquer que le Director's cut a eu la bonne idée d'ajouter à tout cela d'incroyables bugs d'affichage dans les menus ?

 
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