FINAL FANTASY XV
Japon - 2016
Image plateforme « Playstation 4 »Image plateforme « Xbox One »
Image de « Final Fantasy XV  »
Genre : RPG
Musique : Yôko Shimomura
Développeur : Square-Enix
Durée : élevée
Langue : Français, anglais et japonais
Distributeur : Square-Enix
Date de sortie : 29 novembre 2016
Jeu : note
Technique : note
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site officiel
LE PITCH
Quelques jours avant la signature du traité de paix, Noctis, le prince de Lucis, avait quitté la capitale accompagné de trois amis proches. Il allait épouser la princesse Lunafreya, du territoire impérial de Tenebrae, en symbole de cette paix tant espérée. Malheureusement, Niflheim trahit Lucis en attaquant sa capitale le soir même de la signature du traité. La radio annonçait désormais que l'empire avait pris le contrôle du cristal de Lucis, mais aussi que le roi Regis avait été t...
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Bad (road) trip ?

L'univers de Final Fantasy n'a jamais été aussi présent dans le paysage vidéoludique, entre les spin-off officiels (World of Final Fantasy pour le dernier en date), les multiples retours nostalgiques (les softs pour smartphones) et autres réappropriations (la saga Kingdom Hearts). Et pourtant cela faisait sept ans que Square-Enix n'avait pas produit de véritable épisode canonique. Dire que l'attente fut fébrile est un sacré euphémisme.

C'est d'autant plus vrai que Final Fantasy XIII et ses deux suites sont très loin d'avoir fini de faire débat. D'ailleurs la parenté avec les mésaventures de Lightning, passée de guerrière charismatique à poupée pour otaku, existe bel et bien puisque Final Fantasy XV n'est rien d'autre qu'un énième remaniement de l'arlésienne Versus XIII annoncée il y a déjà dix ans. Pour une industrie comme celle du jeu vidéo et une licence aussi incontournable que celle de Final Fantasy c'est long, très long... et forcément en cours de route les virages ont été nombreux. Encouragés par le succès colossal de la compilation anniversaire autour de Final Fantasy VII, les producteurs ont imaginé un vaste programme basé sur une mythologie commune : Fabula Nova Crystallis. L'occasion de lancer en grande pompe un chapitre inédit, Final Fantasy XIII, et des variations volontairement expérimentales confiées à des équipes totalement différentes alors annoncées sous les titres Agito XIII et Versus XIII. Alléchant, le concept ne poussera pas beaucoup plus loin, le premier devenant l'enthousiasmant Type-0 sur PSP (porté l'année dernière sur PS4 et Xbox One), et le second se perdant dans les limbes du development hell. Au départ entièrement conçu par l'équipe de Tetsuya Nomura comme un épisode « renégat » mêlant action décomplexée à la Kingdom Hearts et exploration libre en hommage aux racines de la saga, l'opus devient un nouvel épisode canonique contre le consentement de son auteur, qui préfère abandonner le navire. Le projet renaît alors officiellement en 2013 sous l'appellation définitive de Final Fantasy XV et sous la direction d'Hajime Tabata, connu justement pour Final Fantasy Type-0, mais aussi The 3rd Birthday (Parasite Eve).

 

whatever happens to versus XIII ?


Un accouchement plus que difficile, en tout cas pas franchement encourageant sur l'état du résultat final. C'est qu'entre tous ces changements de communication, les nouvelles directions, le sur-classement, les fans et les joueurs sont perdus depuis longtemps déjà entre fantasmes exacerbés quant aux promesses habituelles, et méfiance plus que légitime face à un éditeur qui accumule les succès dans ses titres satellites, mais semble perdre pied avec l'impériosité de sa colonne vertébrale. D'où le rejet immédiat provoqué par la découverte initiale de Final Fantasy XV, qui d'emblée prend à contre-pied les attentes colossales qu'il traîne derrière lui. On attendait une ouverture gigantesque, spectaculaire, léchée et spectaculaire... il faudra faire avec quatre garçons dans le vent qui partent en virée à travers le pays au volant d'une voiture de luxe, la Regalia, chercher la future fiancée du prince... et le titre d'apparaître alors que la petite bande pousse lamentablement la caisse tombée en panne. Un aveu ? Oui mais pas forcément comme les mauvaises langues voudraient l'entendre. Car c'est celui d'une aventure qui va essentiellement se concentrer sur un « road movie » souvent contemplatif, ou en tout cas qui sait prendre son temps, celui de défricher un monde assez vaste, mélange entre le Pulse de FFXIII et les plaines sauvages d'une Amérique vue du Japon. On reconnaît d'ailleurs constamment la patte stylisée de Nomura dans les traits des héros, leurs costumes, leurs attitudes très « drama », mais aussi l'écart de l'épisode avec les environnements féeriques habituels. Jouer véritablement à FFXV c'est donc faire le pari de s'écarter du droit chemin, de l'approcher comme la plupart des jeux « bacs à sable » de ces dernières années. Pas toujours évident, surtout lorsque les quêtes annexes se partagent la plupart du temps entre missions de livraison, chasse à la bestiole et... bien c'est tout. Les ambitions premières ne vont jamais cesser de se heurter à des murs, ceux sans doute d'un développement chaotique, et d'une reprise en main sur un canevas déjà bien établi. Ainsi, cette idée du Versus XIII refait surface dans une construction dramatique en négatif de celle de FFXIII, soit une grande phase d'exploration de terres sauvages qui s'achève sur une ligne droite en forme de couloir. Pourquoi pas, mais là encore les articulations sont manifestement bâclées, le scénario balançant à la chaîne les véritables enjeux, les secrets dissimulés et les révélations cataclysmiques en seulement quelques heures et sans véritable montée en puissance. On est loin, oui, des chocs narratifs que pouvaient être Final Fantasy VI ou VII, voire même de Final Fantasy XIII qui au moins maitrisait son entreprise.

 

la lumière au bout du tunnel


Difficile aujourd'hui de saoir ce qu'était véritablement la note d'intention de Nomura, quels ont été les dégâts causés par Square Enix et les modifications sans doute difficiles opérées par Hajime Tabata, mais il est clair que Final Fantasy XV est un jeu blessé, malade, schizophrène, ou les bugs fonctionnels comme les ellipses scénaristiques laissent entendre une finition rattrapée par les dures réalités économiques. Armé de son pad, le joueur a inévitablement une sensation de gâchis. Pourtant, on ne peut retirer au jeu un certain pouvoir de fascination. Esthétique tout d'abord avec ses paysages et ses quelques cités, certes trop vides, mais visuellement impériaux, son moteur graphique et ses jeux de lumière ou atmosphériques époustouflants, mais aussi un gameplay engageant, vif et rythmé. Une prise en main d'Action-RPG dans la veine de Final Fantasy XII et des Kingdom Hearts, avec ciblage des ennemis, attaques combinées dans le dos, commandes spéciales pour les acolytes et armes multiples qui peuvent changer à la volée. Si la caméra se perd parfois dans l'énergie générale, la recette fonctionne très efficacement, même si l'on aurait apprécié que magie et invocations ne se contentent pas de faire de la figuration. De toute façon le jeu ne fait que se resserrer constamment autour de Noctis, Ignis, Gladiolus et Prompto, finalement plutôt étoffés, dont on prend plaisir à découvrir quelques discussions au gré des voyages sur l'autoroute (assez interminables parfois), des feux de camp ou des surprises scriptées. Les personnages valent ainsi tous bien plus que leurs attitudes clichées ne le laissaient supposer. La preuve que dans cet univers qui se voulait plus réaliste, les choses auraient pu ne pas se contenter de quelques chasses aux monstres ou de stations-essence décrépies perdues dans le désert. La meilleure idée du chapitre était d'ailleurs bien là, dans cette cohabitation entre des ambitions globalisée, venant se balader sur les terres d'un Assassin's Creed, d'un Fallout voire d'un GTA, avec une patine toujours plus occidentale, et une identité purement japonaise, comme une résurgence des codes immuables du J-RPG. Séance de pèche, apprentissage de la cuisine, quêtes annexes qui oscillent entre le famélique et les trésors cachés, dialogues qui raffermissent les liens entre les différents personnages, exploration de vastes donjons (les meilleures phases de jeu d'ailleurs)... Le contenu était définitivement intéressant, mais le résultat est tout aussi souffreteux.

Nathanaël Bouton-Drouard
























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Il en a sous le capot le Final Fantasy XV, et connaissant les exigences de Square Enix de ce côté-là, il n'aurait pu en être autrement. Certains pestent déjà sur les petits décrochages de caméra, le frame rate qui peut s'évaporer dans certains combats surpeuplés, les longs temps de chargement (mais peu fréquents tout de même) et les textures assez aléatoires... Il faut cependant remettre les choses au clair, à côté de tous les Action RPG sortis ces dernières années, FFXV est une rolls lustrée avec amour. Les modélisations des personnages ou des décors sont pointues et réalistes, les paysages, qui manquent d'un soupçon de vie, affichent une crédibilité et donc une évasion constante, le tout avec une gestion des teintes, des lumières et de la profondeur totalement en adéquation avec les élans introspectifs et contemplatifs du jeu. Dommage en effet que chaque partie réserve ses petits bugs fonctionnels bloquant certaines quêtes annexes ou plantant directement la partie (les futurs patchs sont très attendus), mais la force spectaculaire d'un Final Fantasy est bel et bien là. Jusque dans l'excellence des doublages proposés, japonais, US mais aussi français (et réussis !), et la beauté tour à tour mélancolique, aventureuse et épique de la bande son concoctée par l'excellente Yôko Shimomura (Parasite Eve, les Kingdom Hearts). On attend le score avec impatience !

 
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