RESIDENT EVIL 7: BIOHAZARD
Biohazard 7: Resident Evil - Japon - 2017
Image plateforme « PC »Image plateforme « Playstation 4 »Image plateforme « Xbox One »
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Genre : Horreur
Développeur : Capcom
Durée : moyenne
Langue : Français
Distributeur : Capcom
Date de sortie : 24 janvier 2017
Jeu : note
Technique : note
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LE PITCH
En Louisiane, Ethan recherche sa femme disparue Mia, ce qui l'emmène vers une plantation abandonnée, la maison de la famille Baker.
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La maison du diable

On croyait la référence de l'horreur Resident Evil définitivement perdue dans les ténèbres de l'actioner débile entre un Resident Evil 6 nanardesque, des logiciels multi-joueurs bridés et une pelletée de films totalement embarrassants. Retour aux origines avec Resident Evil 7, qui prouve qu'une prise de risque bien sentie ne peut faire que du bien.

Toujours compliqué pour un éditeur / développeur de voir l'une de ses licences phares se disperser en tout sens, et perdre peu à peu de sa force en courant après les fans. Devenue une succession de thrillers musclés tentant de ne pas étouffer sous une chronologie et une mythologie de plus en plus massive (à ce titre seul Revelations a réussi à tirer son épingle du jeu), la licence avait déjà été enterrée par les joueurs depuis un bon moment. D'où une remise en question totale des apparats d'un Biohazard et un retour remarqué à quelques règles et particularités datant ni plus ni moins que de 1996 ! Pas question de retrouver ici une tripotée de G.I. Joe surarmées se balançant des vannes entre chaque vague de zombies, ou un défilé de mannequins poseurs aux faux airs de popstars nippones, Resident Evil 7 place le joueur dans la peau fragile d'Ethan, courant après les armes et les munitions, devant apprendre le maniement ardu d'une canif en laiton, pour espérer survivre face à des ennemis un peu plus nombreux certes, mais surtout terriblement résistants. L'opus a beau rester un jeu d'action, il tire clairement plus volontiers vers le survival âpre et austère, l'exploration lente et sur le qui-vive, les fuites effrénées et les grands moments de panique lorsqu'un dégénéré balance sa hache dans tous les sens. Si quelques créatures mutantes et difformes viendront progressivement s'installer dans le paysages, gageons que ce qui marque clairement l'identité de cet épisode, va bien entendu rester la famille Baker, cannibale, hystérique, violente et malsaine, véritable hommage aux viandards de Massacre à la tronçonneuse, scène de repas inoubliable à l'appui.

 

la peur n'est pas un hasard


Tous droits sortis de quelques plans de True Detective (pour la manière de filmer le bayou essentiellement), de la frénésie d'un La Colline à des yeux et des fondamentaux d'un simple récit de maison fantôme, le soft fout royalement les jetons grâce à son travail sur les ambiances, le découpage, les détails scabreux et un rythme particulièrement tendu. Une expérience d'autant plus surprenante qu'elle réussit à écraser admirablement des années de found-footage insipide en disposant quelques flashbacks filmés et interactifs aux points stratégiques, question de changer de point de vue, d'étoffer le background ou de varier le gameplay. Des séquences tournant à chaque fois à la partie de cache-cache pas drôle du tout. Avec Resident Evil 7 tout est une question de point de vue, de redécouverte d'une grammaire faite de cameras subjectives, de hors-champs, de jaillissements dans un écran rarement contrôlé par le joueur, qui se fait bien entendu par une vue à la 1ère personne machiavélique, que beaucoup s'empresseront d'expérimenter avec le futuriste Playstation VR (uniquement sur PS4 bien entendu). Les fous !

Mais chassez le naturel, il revient au galop, si Capcom injecte habilement dans cette nouvelle approche tous les codes attendus des Resident Evil (barda limité, points de sauvegarde fixes, énigmes à bases de clefs et d'objets...), elle se prend aussi les pieds dans quelques soucis déjà connus. Des combats pas toujours des plus précis, entre localisation des impacts assez aléatoire et bestiaire répétitif, et surtout un besoin inexplicables de raccrocher ce récit pourtant des plus terre-à-terre et scabreux, avec les évènements décrits, entre autres, dans Resident Evil 6. De grosses ficelles mais bourrés de nœuds, qui apparaissent dans une seconde partie moins sensorielle, plus générique et moins maitrisée qui entament forcément l'impact d'un changement de cap pourtant assez impressionnant. Reste que même s'il est imparfait, les fans de Resident Evil n'avaient pas été aussi bousculés depuis la découverte hallucinée de Resident Evil 4, le chef d'œuvre de la saga. Rien que pour les quatre premières heures, qui elles, sont parfaites.

Nathanaël Bouton-Drouard












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Brutalement, on pourrait dire que Resident Evil 7 n'a pas forcément la maestria technique des grands canons d'aujourd'hui. Certaines matières manquent d'un soupçon de relief, les décors peuvent s'avérer légèrement trop flous, les monstres sont tous modélisés sur le même moule... et les théories vont déjà bon train sur l'impact supposé d'un développement en direction du VR justement. Pourtant seuls les tatillons seront gênés par ces menus défauts, puisque la direction artistique sans faille se délecte à chaque seconde, l'avancée dans les décors de plus en plus déliquescents, se faisant sous le coup de jeux de lumière tranchants, d'effets sonores crispants ou de quelques reflets d'un monde extérieurs entre moiteur et orage torrentiel. Tout est orchestré avec un sadisme savant, même s'il reste cette notion peu emballante d'un gameplay pas franchement fait pour l'action. Par contre, étonnement, les doublages, qu'ils soient français ou américains (on n'a pas essayé les autres langues) s'avèrent bien souvent décalés et pas des plus convaincants. Etrange.

 
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