GOD OF WAR
Etats-Unis - 2018
Image plateforme « Playstation 4 »
Image de « God of War »
Genre : Action
Musique : Bear McCreary
Développeur : Sony Santa Monica Studios
Durée : élevée
Langue : Français
Distributeur : Sony Computer
Date de sortie : 20 avril 2018
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « God of War »
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site officiel
LE PITCH
Plusieurs années se sont écoulées depuis la chute des Dieux de l’Olympe et Kratos mène une existence paisible sur Midgard, royaume des divinités nordiques. Honorant une promesse faite à sa défunte épouse, l’ancien général de Sparte emmène son jeune fils Atreus dans un voyage vers le sommet d’une montagne gardée par de puissants sortilèges et des créatures infernales…
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les randonneurs du valhalla

Huit années séparent ces nouvelles aventures de Kratos du troisième volet sorti en 2010 sur Playstation 3. Huit années d'un brainstorming que l'on imagine intense pour les développeurs de Santa Monica Studios. Plutôt que de profiter bêtement des capacités d'une nouvelle machine (la PS4, donc) en changeant le bestiaire mais en gardant la surenchère, ces derniers ont choisi d'offrir à Kratos le génocidaire un nouveau départ. Quitte à laisser les fans de la première heure dubitatifs. Voire carrément déçus.

Côté face, ce nouveau God of War est un pur chef d'œuvre.
La PS4 ne pouvait raisonnablement se passer plus longtemps d'un nouvel épisode de la franchise la plus emblématique de la console de Sony et les petits plats ont été mis dans les grands. Conçu comme un gigantesque plan séquence (pas de coupures ou de temps de chargements d'un décor à l'autre), ce God of War est une merveille technique, une éblouissante démonstration de force qui ne ménage pas ses efforts pour plonger le joueur dans un univers de (dark) fantasy cohérent, organique et majestueux. Dès les premières secondes aux manettes, impossible de quitter l'écran des yeux. On pensait qu'Uncharted 4 resterait le blockbuster le plus estomaquant de la PS4, pourtant Sony a franchi un nouveau palier.

Mais l'esthétique ne fait pas tout et l'histoire que l'on nous propose de vivre est bien le fruit d'une réflexion approfondie sur le matériau de base. Alors que les précédents chapitres narraient la guerre d'un seul contre la multitude d'un panthéon cruel, une saga où la vengeance s'exprimait avec la plus grande des brutalités dans une ambiance d'apocalypse perpétuelle, les enjeux sont désormais plus terre à terre et la tristesse s'est substituée à la colère. God of War 1, 2 et 3 ressemblaient à ces orages spectaculaires qui viennent clôturer un été torride. God of War nouvelle génération est en revanche plongé dans un hiver sans fin et Kratos n'est plus seul dans son tourment. Dans sa relation souvent tendue avec une progéniture chétive (ou, du moins, sommes-nous amenés à le croire), notre anti-héros nous amène à questionner les notions d'héritage, de transmission et la joie que nous éprouvions jadis à nous lancer au cœur de la bataille est tempérée par des remarques tranchantes sur la guerre et sa vacuité. Son rôle de père est même joliment mis en parallèle avec les relations familiales dysfonctionnelles de ses antagonistes.

 

les semelles de plomb


Côté pile, God of War est une trahison en règle.
Un premier problème émerge très vite de l'expérience de jeu. Le gameplay a perdu tout le plaisir intuitif des jeux précédents. Kratos a pris de la barbe mais aussi du poids. Non pas que cet opus soit injouable. Mais il faudra un certain temps pour le maîtriser à peu près et de très longues heures pour en apprécier toutes les subtilités. Pour offrir un défi réel aux gamers exigeant, toute l'interface a été complexifiée avec des compétences à développer, des artefacts à réunir et des équipements à améliorer. Comme dans un Witcher 3 ou un Dark Souls. Il y a également la gestion du personnage d'Atreus qui manque d'évidence, les passages un peu longuets chez les marchands nains et des retours en arrière qui brisent la linéarité.

Outre le gameplay, le ton a radicalement changé et là, les puristes risquent de glousser, de faire la fine bouche ou, tout simplement, de tirer la tronche. L'intimisme dont nous parlions plus haut est un revirement significatif et il affecte tous les aspects de l'aventure. Nous rêvions de nous bastonner avec Thor et Odin en buvant dans le crâne de nos ennemis au Valhalla mais ces attentes viriles et bourrines sont largement éconduites. Les God of War étaient des défouloirs déviants et dégénérés, violents, épiques et grandiloquents. L'absence du numéro « 4 » à la suite du titre et l'abandon des lames du chaos pour une hache à valeur sentimentale le disent très clairement : tout ceci est du passé et la fête est finie. Bien sûr, les instants de pur spectacle ne manquent pas (le premier affrontement très Marvel avec l'Etranger, le Serpent Monde Jörmundgandr, les trolls ou encore le Temple Anneau d'Alfheim, pour ne citer que les merveilles des débuts) et une poignée de caméos viennent titiller la fibre nostalgique mais ils sont tous emprunts d'une gravité nouvelle, d'un sérieux plombant. La musique (très belle au demeurant) a abandonné les chœurs et les cuivres pétaradants d'antan pour une partition atmosphérique et mélancolique. Et puis il y a ce moment inénarrable où Kratos s'en va cueillir des fleurs avec son fiston dans le jardin d'une sorcière. Un peu comme si le Arnold Schwarzenegger de Commando et Predator jetait mitrailleuses et couteau de chasse pour s'en aller faire un tour dans La Mélodie du Bonheur. Une hérésie pour certains, un signe de maturité pour d'autres. On vous laisse deviner dans quelle catégorie on se situe.

Alan Wilson
















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Il est virtuellement impossible de trouver à redire au travail des orfèvres de Santa Monica Studios. Pas de bugs, pas de ralentissements, une réactivité de tous les instants et des temps de chargements inexistants (sauf lorsque vous perdez une vie, bien évidemment). Le tout au service d'un univers qui saura parler aux amoureux de Game of Thrones, de Vikings et des peintures mythiques de Frank Frazetta. En dépit d'une compétition féroce, God of War est le plus beau jeu à avoir vu le jour sur PS4.

 
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