THE WORLD ENDS WITH YOU - FINAL REMIX
Japon - 2008/2018
Image plateforme « Nintendo Switch »
Image de « The World Ends With You - Final Remix »
Genre : RPG
Musique : Takeharu Ishimoto
Développeur : h.a.n.d. Inc.
Durée : élevée
Langue : Français
Distributeur : Square Enix
Date de sortie : 12 octobre 2018
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « The World Ends With You - Final Remix »
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LE PITCH
Neku est un adolescent particulièrement talentueux dans l'art des graffitis. Il reçoit un beau jour un message sur son téléphone : s'il ne parvient pas à venir à bout d'une série d'épreuves insensées, il disparaîtra dans sept jours. Une mystérieuse jeune fille du nom de Shiki rejoint Neku dans son voyage à travers l'inconnu pour découvrir la vérité sur ce qui lui arrive et détruire l'organisation obscure des Reapers.
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dancing in the streets

Chaleureusement plébiscité par la presse lors de sa première sortie sur DS il y a 10 ans, The World Ends With You n'avait pas forcément trouvé son public, à la fois à cause d'une absence dommageable de traduction française, mais aussi par une approche assez expérimentale du RPG. Plus qu'un portage, voici donc une refonte sur Switch qui a désormais toutes les chances d'électriser le plus grand nombre.

Grand recycleur devant l'eternel, et presque un précurseur sur ce terrain là d'ailleurs, Square Enix à l'habitude d'offrir des secondes ou tierces vies à ses créations. Mais transposer un titre comme celui-ci d'une ancienne DS à une toute belle Switch n'est pas si aisé que cela. C'est qu'en 2008, le studio avait clairement embrassé toutes les possibilités qu'offrait la portable de Nintendo usant de son double écran au-delà du simple affichage de carte, et le stylet pour autre chose que cliquer dans les menus. En l'occurrence ici, tous les mouvements des personnages, que ce soit les déplacements ou les actions au combats, se pratiquaient avec une prise en main tactile, tandis que le duo de combattants se livraient à leur prouesses simultanées sur les deux étages de la machine, avec quelques manipulation des touches et pads. Tendu et parfois un peu complexe à prendre en main, mais en tout cas unique dans l'histoire de l'Action-RPG, même si les connaisseurs reconnaitront de-ci de-là quelques astuces empruntées aux spin-of de Kingdom Hearts. Un tel gameplay asymétrique ajouté à une quête métaphysique dans un Shibuya parallèle où se mêle monde de la mode, scènes rock et musique électro-pop digne d'un Persona, ont tôt fait de The World Ends With You un petit jeu culte. Forcément, pour son arrivée sur la Switch, l'éditeur n'a pu se contenter d'une simple transposition et a dû, à plusieurs occasion, remanier son titre, revoir ses articulations. Un travail déjà entamé pour la version pour téléphone portable, intitulée Solo Mix, et disponible depuis 2014.

 

It's a beautiful game


Toutes les scènes de narration ont donc été redécoupées pour s'intégrer sur un écran unique et la proposition asymétrique largement simplifiée. Plus question ici de donner des directives à l'acolyte du binôme, ce dernier se débrouille presque tout seul une fois que le joueur l'a invité à participer au combat. Un rôle de soutien un peu réduit, mais qui tout de même rend l'action souvent bien plus lisible et gérable, le joueur pouvant alors se concentrer sur les mouvements disponibles grâce aux nombreux badges collectés. On peu reconnaitre à l'équipe de h.a.n.d. Inc. d'avoir fait l'effort de proposer une utilisation des Joy-con avec visée de l'écran et détection de mouvements, même si au vu du résultat il y a fort à parier que 90% des possesseurs opteront rapidement pour la seconde proposition usant de l'écran portable et de son écran tactile. On touche les ennemis rapidement ou avec plus d'insistance, on « griffe » le screen, le scinde en deux... Tout cela permet d'enchainer les coups offensifs (ou défensifs mais c'est plus rares), de faire monter les combats et surtout à gonfler la jauge de symbiose avec le second personnage permettant alors d'accéder à une attaque combinée ultra puissante.

Le système devient instinctifs, nerveux et particulièrement efficace, rendant les nombreux combats franchement accrocheurs. Une transposition réfléchie et assouplie, à laquelle s'ajoutent en sus une option deux joueurs (avec un Joy-con) accessoire mais sympathique, un long chapitre inédit en fin d'aventure et surtout... une version française intégrale. Si le dépaysement urbain provoqué par le quartier le plus cosmopolite et vibrant de Tokyo est toujours aussi présent dans la direction artistique portée par les designs de l'incontournable Tetsuya Nomura, la traduction permet enfin, pour la plupart des petits français, de découvrir une trame souvent cryptique mais fourmillante de petites réflexions sur la quête de la perfection physique, la création artistique confrontée à son commerce et l'ouverture aux autres. Un univers purement japonais, mais qui ne manquera pas de parler aussi aux adolescents et jeunes adultes qui vivent dans l'hexagone.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Pas de refonte graphique du jeu avec un passage de la 2D à la 3D par exemple, mais cela n'empêche pas ce Final Remix d'être un sacré travail d'adaptation visuel. Les visuels utilisés sur le jeu DS ont ainsi été intégralement remplacés par des décors, animations et sprites compatibles avec la HD de la télévision ou de l'écran de la console. Les designs très modernes, inspirés par les graphs et le manga, sont donc particulier réussis, tout comme les nombreuses réinterprétations de la mise en scène devant compresser sur un seul écran toutes les informations qui étaient autrefois plus amplement installées sur deux. Et pour qui n'a jamais lancée la cartouche DS, le travail est invisible, sans véritable perte importante. En l'état, le soft est donc, avec ses apparats d'A-RPG en 2D aux faux airs de Visual Novel, une expérience tout à fait recommandée.

 
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