428 SHIBUYA SCRAMBLE
428 Fûsa Sareta Shibuya De - Japon - 2008/2018
Image plateforme « Playstation 4 »
Image de « 428 Shibuya Scramble »
Genre : Aventure
Musique : Hideki Sakamoto
Développeur : Abstraction Games
Durée : moyenne
Langue : Anglais
Distributeur : Spike Chunsoft
Date de sortie : 21 septembre 2018
Jeu : note
Technique : note
Jaquette de « 428 Shibuya Scramble »
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LE PITCH
Shibuya, quartier vivant et emblématique de Tokyo, s’apprête à vivre un jour sans fin lorsqu’une histoire d’enlèvement aux enjeux incommensurables réunit cinq personnages sans lien apparent.
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style indirect libre

Le titre 428 Shibuya Scramble ne dit sans doute rien au grand public occidental, mais il s'agit d'un vrai phénomène au Japon, où il est sorti pour la première fois fin 2008. C'était alors sur Wii et le jeu a eu droit à un accueil chaleureux autant sur plan critique que commercial.

428 est en effet le neuvième jeu à recevoir la fameuse note de 40/40 dans Famitsu depuis le début du magazine, rejoignant quelques illustres privilégiés tels que SoulCalibur ou Ocarina Of Time, et il s'est classé dans le top 10 des meilleures ventes sur l'Archipel durant la semaine de sa première sortie. Le jeu a ensuite été porté sur PS3 et PSP en 2009, puis sur mobiles en 2011, mais sans quitter officiellement les frontières du Japon. Il aura donc fallu attendre 2018 pour que les joueurs européens puissent connaître une version traduite de ce Visual Novel un peu particulier. Il faut, cela dit, se contenter d'une traduction en anglais, ce qui pénalise forcément les joueurs peu à l'aise avec la langue de Shakespeare. En effet, le jeu se présente comme un Livre dont vous êtes le héros et la lecture des nombreuses pages de texte est ponctuée par divers embranchements à choix multiples : difficile alors de s'impliquer dans le destin de ces personnages sans en saisir les tenants et aboutissants. La trame exige d'autant plus d'attention qu'elle rassemble une somme de petites histoires qui, mises bout à bout, forment une intrigue de plus en plus dense.

 

le jour le plus long


Certains objecteront d'ailleurs peut-être que l'on touche à la limite entre le jeu vidéo pur et dur et l'œuvre interactive, puisque l'intervention du joueur demeure relativement limitée. Mais les décisions du joueur ont ici un véritable impact sur le déroulement de l'histoire : sélectionner la mauvaise option peut en effet précipiter le dénouement vers l'une des 85 mauvaises fins. Mais c'est justement là que le casse-tête commence et que 428 prend toute son ampleur : la trame est contée selon le point de vue de cinq protagonistes que rien ne lie au départ. Pourtant, les actions des uns peuvent avoir des répercussions parfois dramatiques sur le destin des autres. C'est dans ces moments, lorsque l'on zappe entre les intervenants que l'écriture dévoile tout son génie, que des mystères se dissipent ou, au contraire, s'épaississent. Chaque dilemme qui se présente se montre alors plus cornélien que le précédent, tandis que les « Keep out », cliffhangers qu'il faut également débloquer en explorant un autre fil chronologique, mettent régulièrement les nerfs à rude épreuve. Mais ce qui rend 428 Shibuya Scramble d'autant plus marquant, c'est que, derrière le drame qui se joue sous couvert d'un enlèvement, les auteurs explorent des thématiques plus personnelles, comme la vie de famille, la maladie ou encore le souvenir ; ces moments plus intimes donnent ainsi plus de force aux scènes clefs. Le jeu se permet même de jouer avec les tons notamment grâce à ces mauvaises fins qui se montrent tour à tour tragiques ou comiques, voire complètement absurdes. Tout ceci explique pourquoi, malgré quelques occasionnelles facilités dans l'écriture, le jeu demeure encore aujourd'hui une œuvre culte qui mérite le coup d'œil.

Benoit Barny








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428 Shibuya Scramble se distingue également par sa réalisation fondée sur une série de clichés, à la manière des romans-photos. Difficile d'obtenir un rendu plus réaliste, mais il faut noter que les développeurs ont tout de même pu conserver les images en haute définition, ce qui évite d'avoir à supporter le rendu de cette très chère Wii, support limité à l'affichage en 480 lignes de pixels. La conséquence est que l'ensemble apparaît fatalement assez statique. Malgré cela, le travail de mise en scène et l'attitude généralement convaincante des comédiens, sans oublier l'habillage sonore, et musical en particulier, donnent véritablement vie au récit à tel point que l'on se laisse emporter par l'aventure qui se déroule à l'écran. Outre l'absence de traduction française, on relève toutefois quelques coquilles ou des textes mal intégrés, mais ce dernier problème ne concerne, heureusement, que des textes annexes, ce qui ne gêne pas vraiment la progression.

 
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