PARIS GAMES WEEK 2012 : COMPTE RENDU
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Paris Brûle-t-il ?

Ce mardi 30 octobre l'édition 2012 de la Paris Games Week nous a ouvert ses portes et ce jusqu'au dimanche 4 novembre, dans les gigantesques locaux du parc des expositions de Porte de Versailles. L'occasion pour nous et pour des centaines de joueurs insatiables, de tester en avant-première les futurs hits de cette fin d'année, mais aussi et surtout d'avoir un avant-gout, grâce à des zones de test ainsi qu'à des vidéos commentées sur écrans géants, des jeux (blockbusters ou indépendants) incontournables prévus tout au long de l'année 2013.

 

C'est mardi aux alentours de 18h sous le ciel menaçant parisien que nous pénétrons dans le salon, impatients de commencer cette semaine entièrement consacrée aux jeux-vidéo dans une ambiance incroyable et sans pareille en France. Premier arrêt, incontournable, le stand Nintendo, attendu au tournant lors de ce festival et en cette fin d'année en raison de la présentation de Nintendo Wii U, leur première console HD en vente le 30 novembre. Réparti en une quantité hallucinante de mini-ateliers, il donne la possibilité de tester la plupart des jeux qui sortiront le même jour que la console, comme par exemple  Nintendo Land, Super Mario U etc., mais également certains jeux annoncés plus tard courant 2013 (Rayman Legend, Ninja Gaiden Sigma, etc.). En ce qui nous concerne, notre sens affûté de fantasticophiles nous entraîne directement vers le stand de Zombi U, le jeu horrifique événement d'Ubisoft, prévu en pack premium avec la console. Promu à travers tout un tas de vidéos alléchantes, dont une somptueuse sur fond de Johnny cash (une constante aujourd'hui dans la promotion de n'importe quel nouveau produit en rapport avec la culture zombi), ce jeu d'horreur ultraviolent s'avère doublement décisif pour l'avenir de la console. Tout d'abord, parce qu'il est l'un des deux jeux à sortir directement en pack avec la Wii U (l'autre étant Nintendo Land), mais aussi et surtout parce qu'en tant que premier jeux « adulte » à sortir sur la console de Nintendo, il est le détenteur de la crédibilité de la console vis à vis du public adulte et d'Hardcore Gamer que tente de séduire aujourd'hui Nintendo. Et « Mablette » (manette/tablette de la Nintendo Wii U) en mains, le résultat se révèle en demi-teinte.

 

u-turn

 

En effet, si le jeu propose un nombre incroyable d'innovations en termes de gameplay, en rapport avec les nouvelles mécaniques de jeux que propose la nouvelle Wii (pas moins de 17 interactions possibles avec la « Mablette » dans Zombi U), il se révèle quelque peu faiblard en termes technique. Comparable à un jeu première génération de Xbox 360/PS3 (Condmned, Halo 3, etc.), la première console HD de Nintendo qui débarque avec déjà 6 ans de retard par rapport à celles de Microsoft et de Sony, se révèle encore à la ramasse techniquement. Alors certes, le Level design et l'ambiance du jeu semble rattraper les faiblesses techniques du soft et de la machine, toutefois, avec ce genre de parti pris, on imagine mal la console rivaliser sur le long terme avec la prochaine génération de machines prévues dans le commerce d'ici 2ans. Et le problème est encore plus flagrant lorsque l'on constate à quel point les nombreux jeux « HD » prévus sur la console de Nintendo et que nous avons pu tester s'avère non seulement identique à ceux sur des autres consoles, mais surtout relativement quelconque vis-à-vis des différents innovations de gameplay de la Wii U. Que ce soit Ninja Gaiden 3 : Razor's Edge, déjà daté au 11 janvier 2013, qui s'avère non seulement très limité techniquement, assez laid esthétiquement, mais aussi et surtout très limité en ce qui concerne les interactions avec la « Mablette » (seulement la Map et l'inventaire), ou encore Darksiders II et Assassin's Creed III, graphiquement identique aux versions Xbox 360 et PS3 et n'utilisant la « Mablette » que pour la Map sans interactions véritables. Et si l'on ajoute à cela que ce tout nouveau pad, de par sa taille monstrueuse, se révèle bien peu instinctif, notre premier contact avec la Wii U s'avère très problématique.

 

la famille avant tout

 

D'autant que notre scepticisme à l'égard de la nouvelle console de Nintendo ne s'arrête pas seulement au catalogue de jeu « gamer ». En effet, si on passe maintenant à un catalogue de jeux plus traditionnel pour Nintendo, à savoir les softs familiaux, on se rend également vite compte de l'utilité pour le moment limité de la « Mablette » et même de la console en général. En effet, très discret en ce qui concerne les limites de leurs innovations vis-à-vis des expériences de jeu, Nintendo c'était par exemple bien gardé de nous préciser que pour les parties de 2 à 5 joueurs, seul un joueur pourra bénéficier de la « Mablette », les autres devant se contenter d'utiliser les anciennes Wii Mote de la génération de console précédente et pourtant toujours au centre du gameplay de la nouvelle.  Pire encore pour le tant attendu Super Mario U (qui ne bénéficiera que d'une résolution en 480p), le joueur équipé de la « Mablette » n'a pour seule utilité que d'aider ou au contraire de barrer la route aux autres joueurs en faisant apparaitre des blocs et même des murs. Alors certes Nintendo se défend en affirmant que ces choix « artistiques » sont motivés par l'envie de faire une console pour tous les joueurs, des plus novices aux gamers les plus expérimentés, mais pour autant cela suffit-il à assurer le succès de la console auprès du public ? Ne boudons toutefois pas notre plaisir, les sessions de test sur Super Mario U en single player, ainsi que celles sur Nintendo Land et Rayman Legends (seul ou à plusieurs pour ces deux derniers) se sont quant à elles révéler vraiment géniales. Mais, on ne peut s'empêcher de constater que malgré toutes ses belles promesses la nouvelle console de Nintendo ne se révèle finalement convaincante qu'auprès de son ancien public familial. Reste à savoir maintenant si ce public se laissera convaincre par une console gadget, toujours en retard par rapport à la concurrence et n'apportant pour le moment que très peu d'innovation  surtout à la vue de son prix de lancement relativement élevé pour un produit Nintendo.

 

sony s'en va-t'en guerre

 

Mais cessons d'être pragmatique et faisons un saut sur le stand de la console de Sony  pour nous attarder sur deux jeux en particulier, Playstation All Stars Battle Royale et God of War Ascension. Le premier est un jeu de combat frénétique. En réunissant tous les personnages les plus iconiques du background vidéo-ludique de Sony (Kratos, Nathan Drake, Jake and Dexter, etc.), plus quelques autres dont le Big Daddy de la licence Bioshock, et en les propulsant dans une arène pour qu'ils se mettent sur les pixels, ce jeu de combat jouissif, quoi que très classique, reprend les poncifs du jeu de Nintendo, Super Smash Bros, avec ses mêlées ouvertes jusqu'à quatre joueurs et ses bonus hilarants. Mais la vraie originalité du jeu repose essentiellement sur le fait de pouvoir utiliser la PS Vita comme manette PS3 en wifi, à part ça rien de neuf sous le soleil. Et ce n'est pas le nouvel épisode de la saga God of War qui pourra nous contredire. Après un troisième opus colossal, la saga part cette fois à la recherche des origines traumatiques du fantôme de Sparte, promettant ainsi une aventure épique articulée autour d'un gameplay indémodable, avec quelques nouveautés fortes appréciables (une arme permettant d'arrêter le temps et même de le remonter et de modifier ainsi le décor), ainsi qu'un nouveau bestiaire, une fois encore dantesque. Présenté dans une version preview (le jeu n'étant prévu que pour mars ou avril 2013), on ne se rend pas vraiment compte du potentiel technique du jeu. Pour autant, on constate que si le moteur graphique du jeu n'a pas beaucoup évolué depuis God of War 3 (une impressionnante claque visuelle à l'époque), le jeu compense par une mise en scène détonante et incroyablement iconique qui, après coup s'avère particulièrement représentatif de l'état actuel de la majorité des jeux présentés lors de ce salon, c'est-à-dire moins impressionnant graphiquement que de par leur mise en scène.

 

the futur is black

 

Mais que serait cette édition 2012 sans ses nombreux jeux évènements, que l'on attendait avec impatience de pouvoir tester, mais qui malheureusement ce sont avéré être aux abonnés absents. Outre l'absence de Gears of War Judgement, plus qu'excusable puisque d'après les communiqués, ce nouvel épisode de la saga ne semble pas ou prou offrir de grandes nouveautés, on regrette par contre l'absence totale de Splinter Cell Blacklist et du nouveau Tomb Raider, deux épisodes de sagas légendaires qui semblaient tous deux prendre des  virages salvateurs autant en termes esthétiques qu'en termes de gameplay. On se contentera seulement pour l'heure de présentations sur grands écrans pour Tomb Raider et d'un silence radio total pour BlackList. A la place Square-Enix nous propose de tester le très laid et très mou du genou Sniper : Ghost Warrior 2 qui ne mérite même pas qu'on s'y attarde. De la même façon, le très attendu Remember Me de Capcom n'est présent que sous forme de vidéos de gameplay déjà dévoilées à l'occasion de la Gamescom 2012. Du coup on passe directement au stand Activision et plus particulièrement à celui de Call of Duty Black Ops 2 dont nous avons pu tester en exclusivité un des modes multijoueur. Après une vidéo promotionnelle pour les casques « Turtle Beach Black Ops 2 » et un making-of disponible depuis plus d'une semaine sur internet, nous avons enfin eu le droit de poser nos petites mimines sur une partie « Deathmatch par équipe ». Incroyablement dynamique et plein de nouveaux gadgets le jeu promet un mutijoueur jouissif et terriblement addictif, même si pour le moment il est dur de ne pas constater une certaine redondance avec les précédents épisodes de la saga vidéo-ludique la plus lucrative de son temps. Vient ensuite l'heure de la présentation d'un des modes multijoueur du très attendu  Crysis 3. On découvre ainsi un mode intéressant qui a le mérite d'être assez original et ce, en plongeant les joueurs dans une arène sauvage où les derniers représentants de la civilisation et des guerriers sauvages surpuissants se disputent le monde, donnant par la même occasion le ton pessimiste de ce jeu futuriste visuellement éblouissant.

 

surprise party

 

Pour finir ce compte rendu du salon, il est normal de conclure par le meilleur, pas tant en termes qualitatif, mais surtout en termes d'étonnement et pour cela il nous faut parler de trois jeux présentés en catimini et qui pourtant sont attendus au tournant par les fans. Tout d'abord, Dead Space 3, suite attendu du survival-horror d'Electronic Arts. Poursuivant l'évolution du genre, de la même façon que la saga Resident Evil (le deuxième volet était déjà énormément tourné action tout en offrant quelques beaux moments de trouilles), ce troisième volet, vendu comme beaucoup plus dynamique et célébrant l'arrivée de la coopération dans la licence, avait de quoi rebuter les fans. Toutefois, au milieu de dizaine de personnes, dans un salon extrêmement bruyant, le jeu a réussi à foutre la trouille à l'auteur de ces lignes et à l'étonner par sa mise en scène incroyablement viscérale. Vient ensuite le nouvel épisode de la saga Devil may cry, développé par Ninja Theory. Renommé « Dmc » pour l'occasion cet opus s'avère être une préquelle à l'épisode sortie à l'époque sur PS2, tout en renouvelant intégralement l'univers, allant du look du charismatique Dante, jusqu'aux décors dans lesquels il se meut. Dès lors, même s'il peut sembler être un beat'em all assez classique, le jeu de Capcom prévu pour le 15 janvier 2013 s'avère surprenant et ce grâce à son rythme absolument incroyable, à sa mise en scène somptueuse, ainsi qu'à son Level-Design sublimant son ambiance décomplexée très proche de ce que Suda 51 a pu nous livrer de plus fou. Enfin, dernière surprise de ce salon, , spin-off de la licence d'Hideo Kojima, où le joueur incarne Ninja Raiden dans un beat'em all survitaminé jouant à fond la carte du jeu d'arcade décomplexé et ce grâce à des  séquences aussi gores qu'iconiques dans l'univers futuriste introduit par Metal Gear Solid 4.

 

Pour nous remettre de toutes nos émotions et avant de quitter l'enceinte surpeuplée du salon, nous dérivons une dernière fois sur les bornes de test de jeux déjà sortis et sur lesquels nous n'avions pas pu nous faire la main jusque-là, à savoir DOOM 3 BFG, Medal Of Honnor Warfighter, etc., de quoi alimenter la section jeux vidéo de Freneticarts pendant encore de longues semaines !

Quentin Boutel


































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