PRéSENTATION NINTENDO : LES JEUX DE L'E3 2014
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Nintendo dans l'arène

Texte de l'article« Nintendo a gagné l'E3 ! ». Les internautes ont tendance à vite s'emballer, mais cela traduit certainement une forme d'impatience. Sony et Microsoft ont aussi montré des choses enthousiasmantes, mais c'est au final une majorité de licences bien installées et quelques belles promesses qui restent à concrétiser. Nintendo a, en revanche, quelques arguments solides pour ses consoles du moment.

La firme de Kyoto a notamment un énorme coup à jouer avec les moutures 3DS et Wii U de Super Smash Bros. La popularité de la série dans le monde ne s'est jamais démentie, la preuve lors de l'EVO 2013 (le plus grand tournoi de jeux de combat au monde) où l'épisode Melee (sorti sur GameCube en 2002) a réuni plus de 700 participants et connu des pics à plus de 100 000 spectateurs au cours de retransmissions streamées sur Internet. Nintendo livre d'ailleurs un nouveau volet plus proche de l'épisode 128 bits, car, malgré un large succès critique et commercial, Smash Bros Brawl avait déçu les compétiteurs lors de sa sortie sur Wii, la faute notamment au rythme beaucoup moins soutenu des matchs. Avec un gameplay plus nerveux, les prochaines parutions pourraient ainsi devenir les versions de références que tout le monde attend. En tous cas, les démos présentées révèlent déjà un excellent Party Game : en plus d'être réussi graphiquement, le jeu tourne avec une grande fluidité, sur Wii U comme sur 3DS. Par ailleurs, Super Smash Bros For Wii U est le premier titre visant à accueillir les amiibo, les figurines à l'effigie des plus grands héros de Nintendo (mais pas avant 2015). Suivant le modèle instauré par Skylanders et Disney Infinity, ces statuettes peuvent enregistrer des données de jeu afin de personnaliser son expérience.

 

Guerre moderne


Autre fait marquant de cette campagne 2014, c'est la révélation de Splatoon, un soft qui dénote à plus d'un titre dans le catalogue de la marque japonaise. Il s'agit tout d'abord d'un jeu de tir à la troisième personne orienté multijoueur. Puis son esthétique renvoie plus aux cartoons américains récents qu'aux créations habituelles de Nintendo. Son concept et son ambiance bon enfant rappelle toutefois que l'on a affaire à une création conviviale typique de la société. Les kalash' et autres armes létales cèdent la place aux fusils et bombes de peinture, le but étant de repeindre la plus grande surface aux couleurs de son équipe (il est vrai, les frags sont également pris en compte). La maniabilité s'avère quelque peu déconcertante, avec un système de visée fondé sur la fonction gyroscopique du GamePad, mais très rapidement Splatoon montre du fun et de l'originalité : les personnages peuvent notamment se métamorphoser en calamar pour nager dans la peinture afin de recharger leur arme et surtout augmenter leur vitesse de déplacement tout en se cachant des adversaires. Si la courte session d'essai s'est avérée très plaisante, il faut encore que l'équipe derrière le jeu apporte de la variété via d'autres modes de jeu et d'autres possibilités de gameplay pour en faire le nouveau Goldeneye.

 

Mario & compagnie


Comme à son habitude, Nintendo s'appuie également sur ses figures emblématiques pour combler le catalogue de sa Wii U. Si aucun nouveau jeu de plate-forme Mario à proprement parlé n'a été annoncé cette année, le plombier est présent dans plusieurs titres, à commencer par Mario Party 10. Parmi les nouveautés, on note surtout l'apparition d'un mode asymétrique dans lequel un cinquième joueur équipé du GamePad incarne Bowser ; c'est alors à celui-ci de mettre des bâtons dans les roues des quatre autres participants en manipulant le terrain de jeu. Mario VS Donkey Kong quant à lui connaît une première sortie sur console de salon mais demeure fidèle à son principe : il s'agit une nouvelle fois de guider des automates au travers de différents casse-tête. Certains d'entre eux font néanmoins intervenir des automates aux couleurs de Peach qu'il faut mener vers une sortie spécifique, ce qui implique une autre manière de procéder. Toujours dans la catégorie remue-méninge, Captain Toad prend du galon : ce qui n'était qu'une catégorie de niveau dans Super Mario 3D World devient maintenant un jeu à part entière. Il faut dire que le principe s'y prête totalement et les level-designers vont pouvoir s'en donner à cœur-joie. Pour rappel, Toad évolue ici dans un niveau / puzzle à la recherche de Super Etoiles ; incapable de sauter, le champignon doit trouver le meilleur itinéraire pour atteindre son but tout en se faufilant entre les différentes menaces qui l'attendent. De nouvelles séquences ont été ajoutées au passage, comme une séquence inspirée des rail-shooter où le héros à bord d'un wagon doit tirer des navets (à la Super Mario 2) pour récupérer divers items, ou encore un combat de boss durant laquelle il doit se frayer un chemin entre les flammes d'un dragon.

 

La dose de kawai


Le kawai devrait atteindre des sommets sur Wii U dans les mois à venir, avec les arrivées successives de Yoshi's Woolly World et de Kirby And The Rainbow Curse. Le premier reprend justement le style visuel de Kirby au fil de l'Aventure, puisque les environnements comme les personnages sont faits de laine ; il faut parfois coudre et recoudre des éléments du décor pour progresser mais aussi utiliser les aptitudes classiques du dinosaure en avalant les ennemis afin de les transformer en œufs. Le nouveau Kirby rappelle directement le Pinceau du Pouvoir, sorti sur DS en 2005. Ainsi, la boule rose se manie exclusivement au stylet. Il suffit de la toucher pour la faire avancer puis il faut tracer des lignes lumineuses pour la diriger. Toujours aussi instinctif, le gameplay requiert toute de même des réflexes aiguisés pour atteindre les différents bonus et éviter les nombreux obstacles. Mention spéciale au style visuel façon pâte à modeler qui donne un charme fou au jeu. Seulement, si l'affichage HD est une vraie friandise pour l'œil, on peut s'interroger (comme pour Mario VS DK, d'ailleurs) sur le choix de porter ce projet sur Wii U alors qu'il se joue avant tout sur l'écran tactile du GamePad. Quoiqu'il en soit, on ne va pas non plus se plaindre de l'arrivée d'un jeu avec autant de potentiel sur la console de salon.

 

Princesse guerrière


Mais ce que les possesseurs de Wii U attendent vraiment, c'est un nouvel épisode de The Legend Of Zelda : Aonuma en personne a d'ailleurs promis un chapitre ambitieux censé revoir les fondations de la série en proposant un véritable monde ouvert. Seulement, il faut se contenter pour l'heure d'une courte vidéo diffusée au cours du Digital Event de l'éditeur. En attendant, on peut toujours se défouler dès la rentrée prochaine sur Hyrule Warriors, alias Zelda Musô. Développé par Tecmo Koei, celui-ci reprend la formule de Dynasty Warriors et l'applique au monde de Zelda en envoyant Link ainsi que la princesse au cœur du champ de bataille face à des hordes d'ennemis. La démo jouable est, au passage, l'occasion de constater quelques traits propres à la saga légendaire. Il faut en effet trouver certains objets bien connus tels que les bombes avant de pouvoir les utiliser face au boss du niveau disponible, le roi Dodongo. Enfin, si l'on a pu incarner Link et Zelda au cours de ce niveau d'essai, neuf personnages, dont Impa et Midona de Twilight Princess, devraient pouvoir être incarnés dans la version finale.

 

Le retour du maître


Toujours en forme, le vénérable Miyamoto se montre éternellement actif en présentant quelques projets sur lesquels il est personnellement impliqué. Mario Maker met le joueur dans la peau d'un level-designer et offre une interface simple et intuitive spécialement conçu pour l'écran tactile du GamePad. Si les possibilités semblent limitées, la version finale du projet pourrait exploiter d'autre univers que celui de Mario. En l'état, la démo permet déjà de switcher entre une version vintage inspirées des années Famicom et le style actuel en 3D des New Super Mario Bros.
Project Guard
revisite le genre Tower Defence, puisqu'il s'agit de défendre une base face à une armée de robots belliqueux. Des caméras de surveillances sont disposées dans les allées et le joueur doit passer de l'une à l'autre afin d'activer les tourelles à la moindre visite inopinée. Quant à Project Giant Robot, il s'inspire des séries animées des années 70 / 80 mettant en scène des robots géants (comme son nom l'indique) à la Goldorak ou Mazinger Z. Il est possible de personnaliser son engin de la tête au pied en sélectionnant et modifiant divers éléments; mais chaque choix doit être mesuré, puisque les capacités du robot en dépendent. Une unité avec de longs membres a une meilleure portée mais peut être déséquilibré plus facilement, par exemple. Ces deux derniers projets ont simplement été annoncés pour 2015, mais on peut supposer qu'ils seraient inclus dans une compilation. Enfin, même s'il est encore au stade de prototype, un nouveau StarFox a été évoqué, mais il faut pour l'instant se contenter des quelques secondes d'images dévoilées au cours de l'E3.

 

Notre sorcière bien aimée


Gros morceau s'il en est, Bayonetta 2 s'est à nouveau laissé essayer le temps d'une démo enrichie. Le niveau présenté l'année dernière est en effet accompagné de deux séquences supplémentaires inédites, la rencontre avec Loki, le jeune personnage à la tête tressée qui est amené à faire équipe avec la sorcière, et le duel face au sage Lumen. Ces nouvelles phases de jeu sont une occasion de plus de constater à quel point les développeurs de Platinum Games se sont lâchés. Toujours armée jusqu'aux chevilles, l'héroïne peut profiter de nouvelles armes comme des lance-flammes, qu'elle peut convertir à l'envie en lance-glace, ou un arc à flèches empoisonnées. Mais tout ceci n'est rien par rapport à ses invocations toujours plus féroces : le combat face au Lumen laisse d'ailleurs voir Lady Butterfly (les poings et pieds géants invoqués par Bayonetta) affrontant un ange en arrière-plan. Certes, l'action peut s'avérer difficilement lisible lorsque la bataille part en vrille, avec un déluge d'animations explosant de toute part, mais les contrôles se montrent toujours parfaits au point de rendre chaque combat plus jouissif que le précédent. Les amateurs peuvent d'ailleurs jubiler puisque le premier Bayonetta sera offert pour tout achat de cette suite et contiendra en bonus de nouveaux costumes à l'effigie de grandes figures de Nintendo (Link, Peach et Samus) à revêtir.

 

Flash kick


Si le prochain Bayonetta s'annonce grandiose, le nouveau Sonic ne suscite malheureusement pas autant d'optimisme. Inutile de revenir sur le redesign des personnages qui a déjà bien secoué Internet ces derniers mois, Sonic Boom a déjà tout à prouver en terme de gameplay. Cela dit, les quelques minutes passées sur la démo n'ont pas été aussi catastrophiques que le laissaient croire les vidéos diffusées jusqu'à maintenant. La séquence de course offre notamment de bonnes sensations de vitesse, rappelant les premiers Sonic Adventure. Mais les phases d'exploration et de combat sont assez brouillonnes, la faute à quelques problèmes agaçants de caméra. La version 3DS pourrait éventuellement séduire les fans de la première heure du hérisson, avec son action en 2D ; mais l'inertie dans les contrôles rend ses cavalcades moins folles qu'à la bonne époque. S'il ne faut pas l'enterrer trop vite, Sonic a encore du pain sur la planche pour retrouver de sa superbe.

 

Aventures Old School


Enfin, quelques bornes étaient réservées aux jeux de la scène indépendante, une source non négligeable de petites perles vidéoludiques. Parmi ceux-là, Guacamelee, qui s'apprête à débarquer en version Super Turbo Championship Edition sur les consoles du moment, dont la Wii U. On y retrouve un super luchador parti sauver son village et le monde dans un Metroidvania enrobé de folklore mexicain. Une occasion idéale de se rattraper pour tous ceux qui auraient manqué la première sortie de ce très bon jeu d'aventure. L'autre titre remarquable est Shovel Knight. D'inspiration résolument rétro, le jeu de Yacht Club Games affiche une réalisation 2D aux pixels bien apparents et propose un challenge digne des jeux d'action 8 et 16 bits. Les connaisseurs devraient d'ailleurs apprécier les nombreux clins d'œil aux hits de l'époque, comme la pelle du héros (d'où le titre, pour les anglophones) qu'il peut utiliser comme le Pogo stick de Picsou dans DuckTales, entre autre.

Ainsi, Nintendo fourbit ses armes pour faire exister sa Wii U face à ses vaillantes concurrentes. Si le line-up présenté s'avère riche et varié, on ne peut néanmoins que regretter que la plupart des titres n'aient pas de date de sortie plus précises que 2015. Il va même falloir attendre la fin de l'été avant d'entamer les hostilités, puisque le premier titre à venir, Hyrule Warriors, n'est prévu que pour septembre prochain. Vivement la rentrée !

Benoit Barny












































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