ENTRETIEN AVEC KAZUTAKA KODAKA, CRéATEUR DE DANGANRONPA V3
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Alors que Danganronpa V3 prépare sa sortie européenne, son créateur, Kazutaka Kodaka, a profité de Japan Expo pour rencontrer les joueurs français. Ce fut l'occasion pour FreneticArts de faire la connaissance d'un personnage aussi joueur, mais moins sadique, que sa créature, Monokuma.

Pourriez-vous vous présenter, nous parler de votre parcours dans le jeu vidéo ?
Je suis Kazutaka Kodaka, créateur et scénariste de la série Danganronpa. Voilà ce qui résume mon parcours dans le jeu vidéo pour le moment.

Pourriez-vous nous parler du concept de Danganronpa ?
A la base, Danganronpa est un Visual Novel couplé à un FPS qui met en scène une quinzaine de lycéens enfermés dans une école. Ils sont condamnés à s'entretuer jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un : le joueur doit donc résoudre le mystère qui entoure chaque meurtre commis au cours du jeu. C'est un jeu qui a énormément de succès au Japon et que les joueurs français doivent absolument connaître pour prétendre être un expert en jeu vidéo ! [Rires]

Evidemment ! D'ailleurs les phases d'enquêtes et de procès rappellent une autre série très connue : Ace Attorney.
C'est vrai qu'Ace Attorney est aussi une série très connue. Cependant, d'autres jeux du même style, mais inconnues en France, ont également influencé Danganronpa.

Le thème principal de la série est l'opposition entre espoir et désespoir : est-ce lié à votre philosophie ?
L'espoir et le désespoir sont des sujets qui touchent toute l'humanité, mais passer de l'un à l'autre se joue généralement à un fil. Et c'est justement ça qui m'intéresse dans l'écriture du scénario: un rien suffit pour basculer de l'un à l'autre. Pour donner un exemple concret, quelqu'un de très riche qui semble plein d'espoir peut être malheureux dans son cœur et vite tomber dans le désespoir. Et l'inverse est également vrai : quelqu'un qui n'a pas d'argent et peut sembler désespéré peut être sentimentalement ou spirituellement riche tout simplement parce qu'il est en paix. C'est ce genre de situations influencées par un tout petit détail qui m'intéresse. Ce qui m'amuse quand j'écris Danganronpa, c'est que tout le monde se retrouve dans une situation complètement désespérée. Les personnages sont enfermés dans un lycée, obligés de s'entretuer pour pouvoir sortir ; et c'est justement en tuant quelqu'un, en s'enfonçant dans le désespoir qu'il retrouve l'espoir de sortir de ce carcan morbide.

L'opposition espoir / désespoir est poussée à l'extrême. Mais les personnages sont également extrêmes en eux-mêmes, dans leur nature d' « Ultimes », mais aussi dans leur caractère. Avez-vous un goût pour les choses extrêmes de manière générale ?
En fait, je mets un peu de ma personnalité dans chacun de mes personnages. Et en même temps, j'ai toujours eu une admiration pour les surdoués, ce qui m'a sans doute influencé dans la création des personnages : leurs personnalités extrêmes sont liées au fait qu'ils soient les meilleurs dans leurs domaines respectifs.

Les principaux épisodes de Danganronpa sont des Visual Novels qui reposent principalement sur le scénario, mais le spin-off Ultra Despair Girls est plus orienté action. Pouvez-vous expliquer ce choix ?
Plus jeune, j'ai travaillé dans des boutiques de jeux vidéo : c'était à l'époque où sortait la PlayStation 2 avec énormément de jeux d'action / aventure, un genre que j'apprécie tout particulièrement. Et grâce aux succès des deux premiers volets de Danganronpa, je suis arrivé à une position qui m'offrait plus de liberté, alors j'ai créé le jeu d'action que j'ai toujours rêvé de faire.

Et y a-t-il d'autres genres que vous aimeriez explorer ? Vous aviez notamment évoqué un jeu de combat au cours d'une précédente interview.

Il n'y a bien sûr aucun projet officiel pour le moment, mais l'idée me traverse régulièrement l'esprit. J'aimerais bien voir les personnages de Danganronpa dans un jeu de combat ou dans une sorte de Mario Kart.

Mais du coup, il serait plus trash qu'un Mario Kart fait par Nintendo, non ?
Le jeu de course Danganronpa serait à Mario Kart ce que Mortal Kombat est aux autres jeux de combat : les personnages se tueraient de manière ultra sanglante. [Rires]

Dans Danganronpa, on trouve beaucoup de références aux jeux vidéo 8 bits, avec des versions « pixelisées » des personnages et des bruitages façon Famicom : êtes-vous un retro-gamer ?
Je suis très fan de ce que l'on appelle le « retro-gaming », mais c'est un terme que je n'aime pas trop : j'ai toujours ma Super Famicom à la maison et j'y joue tous les jours, par exemple. Dès que je manque d'inspiration, je regarde du côté des jeux Super Famicom et ça résout tous mes problèmes.

Etes-vous fan d'arcade également ? Certaines séquences d'Ultra Despair Girls se jouent via une borne, par exemple.
En effet, je passais énormément de temps dans les Game Centers durant les années 90, ce qui explique l'apparition de bornes d'arcade dans le jeu. On trouve également beaucoup de références aux mangas publiés dans le magazine Jump à l'époque. Pour résumer, ce qui compte, c'est que je me fasse plaisir. Alors je mets des références à tout ce que j'aime dans mes jeux.

Pour finir, comptez-vous conclure la série avec Danganronpa V3 ou pensez-vous continuer à la développer ?
Plutôt qu'une fin, Danganronpa V3 est un nouveau commencement pour la série. Il est totalement différent des deux premiers épisodes. On peut d'ailleurs jouer au troisième volet sans avoir fait les précédents. Mais le thème principal de Danganronpa V3, c'est le mensonge, alors ce que je viens de dire est peut-être totalement faux : il faut y jouer et le terminer pour avoir une véritable réponse à cette question.

Benoit Barny


















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